En bref : Niger

L’UNICEF s’efforce d’éradiquer la dracunculose

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© UNICEF Niger/2008/Bisin
Grâce à une détection précoce, les jumeaux de Kadri Ne Zeilou Beidari ont reçu un traitement qui les a débarrassés d’une infestation par le ver de Guinée dans le village de Yogaré, dans la région de Tillabery (Niger).

Par Sandra Bisin

VILLAGE DE YOGARE, Niger, 29 décembre 2008 – Il ne se passe pas une journée sans que Kadri Ne Zeilou Beidari ne se rappelle l’époque où ses jumeaux ont attrapé la dracunculose.

« Ca a commencé avec mon fils Hassane, qui s’est plaint de démangeaisons sur le torse. Il se grattait le thorax et les bras avec une telle frénésie que j’ai commencé à paniquer », dit-elle.

C’était en 2006 et Mme Beidari a pu identifier les symptômes grâce à une campagne récente de sensibilisation au ver de Guinée dans son village.

« J’ai décidé d’appeler l’agent sanitaire local. Il est venu tout de suite, et nous avons emmené Hassane au dispensaire le plus proche. Quelques jours plus tard, son frère jumeau Housseini s’est lui aussi plaint des premiers symptômes », se rappelle-t-elle.

Heureusement, les deux  enfants ont pu être soignés alors que la maladie n’en était qu’à ses débuts.

Une maladie causée par l’eau sale

 « Je sais que ce qui s’est passé, c’est à cause de l’eau sale que nous buvions. Nous allions la puiser dans l’un des étangs du village, explique Mme Beidari. Aujourd’hui, nous avons une toute nouvelle pompe à eau pour le village. Je ne vais plus chercher l’eau à l’étang, car je sais que celle de la pompe est plus salubre et qu’elle est bonne pour mes enfants. »

La dracunculose, qu’on appelle aussi ver de Guinée, est une maladie parasitique débilitante causée par un ver filiforme qui se multiplie dans les eaux stagnantes. On l’attrape en buvant de l’eau d’un étang infesté par les larves du parasite.

Lorsque que le ver émerge sous la peau, il provoque des douleurs atroces, de la fièvre, des nausées et des ulcères. Sans soins adéquats, ces ulcères mettent longtemps à guérir et entraînent parfois des complications, comme des infections secondaires, des courbatures et une atrophie débilitante des membres.

Une approche holistique

Le ver de Guinée peut être éradiqué, et on enregistre déjà des progrès au Niger. Grâce à une approche holistique de la prévention, l’UNICEF a aidé à réduire son incidence, au point qu’il n’y a eu que 14 cas en 2007 et trois cas en novembre 2008, dont un importé du Mali.

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Des femmes puisent de l’eau d’un trou de sonde installé par l’UNICEF à Yogaré (Niger). L’UNICEF appuie la construction de puits qui procurent une eau salubre et réduisent de façon spectaculaire l’incidence de dracunculose.

Le projet d’éradication du ver de Guinée qu’appuie l’UNICEF se concentre à présent uniquement sur Tillabery, seule partie du pays où la maladie reste endémique. Il s’agit d’éradiquer le ver de Guinée au Niger et d’améliorer l’alimentation en eau potable dans la région.

Le trou de sonde qui se trouve à Yogaré, le village de Mme Beidari, fait partie des 13 puits creusés dans la région de Tillabery en 2008 avec l’appui de l’UNICEF. Ils desservent plus de 6000 personnes dans 13 villages. En 2009, l’UNICEF a l’intention de construire trente trous de sonde supplémentaires dans la région.

Système de récompense par cas rapporté

à Yogaré, quatre agents communautaires veillent à ce que le ver de Guinée ne réapparaisse pas. Un système de surveillance a été mis en place pour vérifier et confirmer tout les cas qu’on leur rapporte et pour collecter des données pour les agents sanitaires locaux.

En outre, deux cents des agents sanitaires qui participent aux initiatives d’éradication du ver de Guinée dans la région ont reçu une formation complémentaire cette année. Un système de récompense par cas rapporté a aussi été mis en place.

« Lorsque Kadri Ne Zeilou Beidari a rapporté le cas de ses fils jumeaux,  l’agent sanitaire local et elle ont tous les deux reçu dix dollars, explique le porte-parole du Programme national d’éradication du ver de Guinée, Boulama Ousmane. C’est une mesure incitative importante pour pousser les familles à rapporter les cas. »


 

 

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