En bref : Niger

Une nouvelle chance pour les jeunes sans abri et les mineurs délinquants au Niger

Image de l'UNICEF
© UNICEF/2008
Souley devant son logement de fortune à Niamey, la capitale du Niger.

Par Guy Degen

NIAMEY, Niger, 2 juillet 2008 – Souley, 16 ans, vit dans les rues de Niamey, la capitale du Niger. Il passe la plupart de ses journées dans le centre local du SEJUP (Service éducatif, préventif et judiciaire), où il acquiert des compétences qui lui permettront de gagner sa vie et d’éviter les ennuis.

Aujourd’hui, il se trouve au centre, où il sculpte avec soin un coupe-papier en corne de buffle qu’il va vendre ensuite pour acheter de quoi manger.

Ces centres ont été créés dans le cadre du programme national de justice destiné aux mineurs, avec l’aide de l’UNICEF. Ils offrent toute une gamme de services sociaux et de soutien aux enfants et aux adolescents vulnérables qui ont déjà eu des ennuis avec la police.

Les centres offrent aux jeunes sans abri l’occasion d’acquérir des compétences professionnelles de base et des notions au niveau de l’alphabétisation, tout en donnant au système de justice du Niger une alternative à l’incarcération des mineurs.

Acquérir de nouvelles compétences pour gagner sa vie 

La nuit, Souley partage une cabane de fortune, faite  de roseaux et de cartons, avec d’autres jeunes des rues, dans un quartier terriblement pauvre, proche de l’aéroport de Niamey. 

Il explique que ses parents sont des agriculteurs, qui vivent à la campagne, mais il pense que la ville donne la possibilité d’avoir une vie meilleure. En vendant des objets artisanaux en os et en cuir, fabriqués au centre du SEJUP, Souley est en mesure d’acheter de quoi se nourrir au lieu de mendier pour cela.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/2008
Des jeunes fabriquent des objets artisanaux dans le centre du SEJUP, où ils acquièrent des compétences leur permettant de gagner leur vie.
« J’aime venir au SEJUP car j’y apprends plein de techniques utiles. C’est mieux pour moi d’être ici que de traîner dans les rues », dit-il.

Souley a encore des efforts à faire pour savoir lire et écrire, mais, en travaillant avec des bénévoles qui l’encadraient, il a acquis les compétences nécessaires pour devenir apprenti dans un atelier d’artisanat local. Au Niger, dans les deux dernières années, plus de 5 400 enfants et adolescents comme lui ont bénéficié du programme du SEJUP.

Venir en aide aux enfants en prison

En dehors de l’initiative du SEJUP, l’UNICEF a permis à la prison centrale de Niamey d’offrir à des mineurs délinquants un enseignement de base, ainsi qu’une formation dans le domaine de la musique et du jardinage. En outre, l’organisation a aidé la direction de la prison à créer des quartiers spéciaux pour les enfants, afin de les protéger contre d’éventuelles violences des détenus adultes.

L’UNICEF travaille en étroite coopération avec les organes judiciaires et les forces de l’ordre du Niger afin de veiller au respect des droits de l’enfant. On a créé récemment huit tribunaux pour mineurs, et on a formé des avocats, nommés auprès de ces tribunaux, pour la défense des enfants. De nouvelles lois, élaborées en bénéficiant des conseils de l’UNICEF, permettent à présent aux tribunaux pour mineurs de disposer de peines de travaux d’intérêt général constituant une alternative aux peines de prison.

Ces actions ont permis une baisse sensible du nombre d’enfants incarcérés au Niger.

« L’incarcération marque un enfant », déclare Jean Lieby, le responsable de l’unité Protection de l’enfant de l’UNICEF à Niamey. « Si un enfant a accès à un système de justice alternatif, à des activités de réintégration comme l’apprentissage, il a davantage de chances de retrouver une place dans la société et d’avoir une vie normale ».


 

 

Vidéo (en anglais)

Le correspondant de l’UNICEF, Guy Degen, décrit les changements intervenus au Niger dans les programmes de la justice concernant les mineurs.
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