En bref : Niger

Au Niger, la stratégie en matière de santé infantile favorise l’usage de moustiquaires pour lutter contre le paludisme

Image de l'UNICEF
© UNICEF/NIGA00216/Pirozzi
Aliya Saadou, 26 ans, avec sa fille Bassira dans les bras, lors d’une visite effectuée au dispensaire de Madarounfa, Niger.

Par Michel Arsenault

MADAROUNFA, Niger, 28 avril 2008 – Chaque soir, Aliya Saadou, 26 ans, s’assure que ses trois jeunes enfants, y compris Bassira, qui a un mois, dorment en sécurité sous une moustiquaire. Une fois imprégnée d’insecticide, une moustiquaire constitue la meilleure protection contre le paludisme, qui est endémique dans le village d’Aliya, Safo Tchikadji, situé à seulement 15 km au sud de Maradi, la deuxième ville du Niger.

C’est le dispensaire local qui a fourni à Mme Saadou la moustiquaire, dans le cadre de la Stratégie accélérée pour la survie et le développement de l’enfant (Accelerated Child Survival and Development — ACSD). Cette initiative vise à réduire le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans, qui est au Niger l’un des plus élevés du monde. Une fois qu’on aura administré à Bassira tous les vaccins contre les maladies d’enfance – un autre volet du programme – Mme Saadou recevra une deuxième moustiquaire pour sa famille.

Grâce au programme ACSD, les jeunes enfants et les mères du District de Madarounfa – l’un des deux premiers districts à bénéficier de cette initiative – ont été parmi les premiers au Niger à recevoir gratuitement des moustiquaires (et à bénéficier en outre d’une amélioration notable de la couverture vaccinale).

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Mme Saadou installe la moustiquaire pour que son enfant soit protégé la nuit.

Une utilisation correcte des moustiquaires

Bien que 69 pour cent des foyers du Niger disposent de moustiquaires, elles sont encore en nombre insuffisant et on ne les utilise pas autant qu’il le faudrait. Généralement, seuls les très jeunes enfants disposent de conditions de sommeil correctes. Même si les cas de paludisme sont en baisse, il s’agit toujours de l’affection rencontrée le plus couramment chez les enfants amenés au dispensaire de Safo.

Une fois que les moustiquaires ont été distribuées, il est important de s’assurer qu’elles sont correctement utilisées. Les premiers temps, les moustiquaires revenaient dans leur emballage d’origine sur les marchés locaux. Parfois, les maris écartent leurs femmes et leurs enfants des moustiquaires et les gardent pour eux.

À présent, on enlève l’emballage et on marque à l’encre les moustiquaires avant de les distribuer.

Des morts d’enfants évitables

Mme Saadou n’est que trop consciente de la menace que constitue le paludisme, responsable de la mort d’un de ses fils, qui n’avait que 18 mois. Cette mort était d’autant plus dure à supporter que Mme Saadou avait auparavant perdu une fille, âgée de seulement 17 jours, en raison d’une grave diarrhée. Un tesson de poterie indique l’endroit où le nouveau-né a été enterré.

Mais Mme Saadou estime que la mort de son fils était évitable. « S’il avait dormi sous une moustiquaire, il n’aurait pas attrapé le paludisme », dit-elle.

Pour l’instant, Mme Saadou se détend. Bassira dort encore toute la journée, jusqu’au moment où son frère Loukmanou rentre de l’école et commence à faire du bruit. Alors, elle se réveille et regarde, depuis sa moustiquaire. Sous son fragile écran de protection, son visage ne semble pas encore très expressif. Mais ses yeux sont pleins de vie.


 

 

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