En bref : Niger

Une campagne nationale contre la rougeole pour atteindre 2,9 millions d’enfants au Niger

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© UNICEF/Niger/2007/Diallo
Le Président du Niger Mamadou Tandja console Ansoumane, 16 mois, un bébé qui vient de se faire vacciner contre la rougeole.

Par Gaelle Bausson

NIAMEY, Niger, 7 janvier 2008 – Ansoumane, 16 mois, ferme ses yeux et serre les poings de toutes ses forces alors qu’il se fait piquer le bras, sous les applaudissements du public et le regard du Président du Niger Mamadou Tandja.

« Ces quelques larmes sont un prix raisonnable à payer », dit M. Tandja, en consolant le petit garçon.

Ansoumane est l’un des 2,9 millions d’enfants que l’UNICEF et le Ministère de la santé du Niger cherchent à vacciner contre la rougeole au cours de la campagne de vaccination intégrée, longue d’une semaine, actuellement en cours au Niger.

« Le but numéro un, c’est de prévenir les décès et invalidités imputables à la rougeole, et de donner à chaque enfant du Niger le meilleur départ possible dans la vie », affirme le Représentant de l’UNICEF au Niger Akhil Iyer.

Comme des milliers d’autres mères, la mère d’Ansoumane, Ramatou Saidou, a appris par la radio l’endroit où elle devait amener son fils pour être vacciné. « J’ai entendu dire que mon fils serait alors protégé contre cette maladie meurtrière », dit-elle. Elément capital de cette campagne, les médias, les chefs religieux et traditionnels et des volontaires se sont mobilisés pour diffuser partout les messages sur l’importance de la vaccination contre la rougeole.

« Tout enfant doit être protégé »

Tant que le Niger n’avait pas lancé ses activités intensives de lutte contre la rougeole avec sa première campagne en 2004-2005, une campagne soutenue par l’Initiative de lutte contre la rougeole, la maladie était une des principales causes de décès et d’invalidité chez les enfants du pays. D’après UNICEF-Niger, on est passé dans le pays de 40 000 cas et 500 décès en 2003 à 478 cas et 4 décès en 2006.

Cependant, en certains endroits, les lacunes de la couverture font que chaque année, quelque 360 000 enfants se retrouvent sans protection face à la maladie.

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© UNICEF/NIGA00138/Pirozzi
Un agent de santé communautaire vaccine un enfant dans le village de Saounaoua, dans la région de Maradi, au sud du Niger.

« Chaque enfant devrait être protégé par cette intervention simple et vitale, affirme la Chef infirmière Mariama Issoufou Ibrahim au centre de santé Talladje à Niamey. « Je suis très heureuse de pouvoir utiliser mes compétences pour protéger les enfants de la maladie. J’ai vu trop d’enfants mourir ou devenir invalides à cause de la rougeole ».

Outre le vaccin contre la rougeole, les enfants âgés de 12 mois à 5 ans reçoivent une dose d’un médicament vermifuge, très important contre l’anémie et la malnutrition. Cette campagne offre donc la possibilité d’effectuer d’autres interventions. C’est également la première initiative vermifuge de cette ampleur au Niger.

Une mobilisation générale

L’Initiative de lutte contre la rougeole est un partenariat qui s’engage à réduire le nombre de décès dus à la rougeole dans le monde. La rougeole reste l’une des principales causes de décès et d’invalidité et l’une des premières causes de décès d’enfants dans les pays en développement. Et pourtant, il existe depuis plusieurs décennies un vaccin sûr qui coûte moins d’un dollar par jour.

L’Initiative a pour but de réduire de 90 pour cent le nombre de décès dû à la rougeole dans le monde d’ici à 2010, comparé à 2000.

Cette campagne de vaccination du Niger est menée par le Ministère de la santé du pays, avec un appui financier technique de l’UNICEF, de l’Organisation mondiale de la Santé et une coalition de partenaires de l’Initiative contre la rougeole.

La campagne nationale coûte 2,3 millions de dollars, et ce sont les institutions internationales qui apportent l’essentiel des fonds. Grâce à l’appui généreux des Centers for Disease Control des Etats-Unis, de la Fondation pour les Nations Unies et de la Norvège, l’UNICEF est le principal contributeur, ayant donné plus de 1,5 million de dollars pour l’achat des vaccins, des seringues et des boîtes d’emballage ainsi que pour le transport, la formation et la mobilisation des communautés.


 

 

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