En bref : Niger

Au Niger, le cinéma ambulant divertit les habitants du désert tout en les éduquant

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
Les enfants regardent des films en plein air et des messages de santé de l’UNICEF dans une oasis isolée du désert à Azzel (Niger).

Par Sabine Dolan

AZZEL (Niger), 30 décembre 2005– Après un long parcours à travers le paysage aride du Nord du Niger, un minivan s’arrête à Azzel, une oasis isolée en plein désert. Ce soir le véhicule n’apporte pas de fournitures, mais de quoi s’amuser et apprendre. Le cinéma « à roulettes » vient de débarquer.

Après les salutations traditionnelles des villageois touareg et des nomades attirés par l’événement, Salamatou Alhassane, la responsable du cinéma ambulant, retourne vite s’affairer avec son équipe.

Les films sous les étoiles

Appelé « Cinéma Numérique Ambulant » (CNA), ce cinéma en plein air projette des films africains très connus ainsi que des messages de santé de l’UNICEF.

Pendant que son équipe installe des nattes pour la représentation de ce soir et plante des poteaux dans le sable pour le grand écran, Alhassane prend une pause pour expliquer ce qui va se passer.  « Le but du CNA est de montrer à ces populations reculées qui n’ont pas beaucoup de distractions, pas de radio ni de télévision, des films de leur propre culture : des films africains. Les gens sont très intéressés par nos films, pas seulement parce qu’ils n’ont que peu de distractions, mais aussi parce que les films que nous projetons et les thèmes débattus parlent de choses qu’eux même vivent », dit-elle, avant de brosser rapidement sa robe fleurie pleine de sable pour  retourner travailler.

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
Dans un village Touareg, Rhissa Hama et sa famille regardent le film.

Avec le soutien de l’UNICEF et des ONG, cinq véhicules équipés du cinéma ambulant peuvent atteindre ces villages reculés du Niger, du Bénin, du Mali, de l’Afrique de l’Ouest, pour y présenter des créations africaines populaires, accompagnées de messages filmés expliquant comment se protéger du paludisme, du VIH/SIDA, éviter les mariages précoces des filles et apprendre comment utiliser l’eau ainsi que les techniques d’assainissement en général.

Depuis que le projet a été lancé en 2001, le CAN a montré des films et des messages éducatifs à 1,5 million de personnes en Afrique. Le projet est « nomade », tout comme ces Touaregs qui se sont rassemblés ce soir.  
 
Des moustiquaires à gagner

Arrivés à dos de chameau, à pied, ou dans des camionnettes bondées, les spectateurs Touaregs attendent, assis, que la nuit tombe. On va projeter les films sous les étoiles.

Rhissa Hama, un artisan local d’Azzel, âgé de quarante-cinq ans, est venu à la séance de ce soir, accompagné de sa femme et de ses sept enfants. « J’ai déjà vu quelques films dans ma vie, mais ce soir c’est différent, dit-il d’une voix excitée, ce soir on va nous parler des ces  maladies que nous ne connaissons pas, puis apprendre à les éviter ». 

Lorsque la séance commence, les enfants – les yeux ronds d’étonnement - regardent attentivement ces silhouettes humaines plus grandes que ce qu’ils ont jamais vu, et qui s’agitent sur l’écran. Avant que la séance de divertissement commence, on présente deux vidéos de l’UNICEF : une sur le VIH/SIDA, l’autre sur les mariages d’enfants. Les deux sont présentées dans les deux langues : tamachek et haussa. 

Après la séance, Alhassane et son équipe dirigent un débat animé sur la santé. Aux 100 personnes qui ont le plus participé au débat, on offrira une moustiquaire imprégnée d’insecticide contre les moustiques porteurs du paludisme.

Entrer en contact avec les nomades

L’UNICEF Niger est présent à Azzel depuis 2000. Il a mis en place tout un éventail de projets et de programmes, y compris des campagnes de vaccination, des banques alimentaires, des jardins communautaires et une école locale. Hassane Sanda Maiga, responsable du bureau de l’UNICEF à Agadez, affirme que le CAN est un moyen efficace pour transmettre l’information à un grand nombre de personnes.

L’UNICEF se sert des projections pendant les six grands festivals qui se situent près de la plus grande ville du Nord du Niger, Agadez, où se rassemblent des milliers de nomades chaque année. « Nous savons que ces rassemblements offrent l’occasion d’atteindre ces populations constamment en mouvement, dit Sanda Maiga, nous sommes dans une région où les habitants sont nomades en majorité et ce sont les seuls moments où il se regroupent, ainsi, nous pouvons vraiment joindre chacun d’entre eux ».

L’UNICEF prévoit de produire un nouveau film sur le thème des pratiques nutritionnelles pour atteindre les personnes les plus affectées par la crise alimentaire persistante.

L’arrivée du CNA dans les villages est toujours un événement festif auquel tout le monde, jeunes et vieux, participe. En montrant ce qui se passe ailleurs dans le monde à ces villages reculés, en leur proposant aussi des messages sur la santé, qui sont d’une importance capitale, le CNA participe au combat contre la pauvreté.


 

 

Vidéo (en anglais)

30 décembre 2005 :
La correspondante de l’UNICEF Sabine Dolan en route vers les villages reculés du nord du Niger avec un cinéma ambulant pour y fournir distraction et éducation. 

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