En bref : Niger

La crise alimentaire au Niger : fournir de l’aide et renforcer les communautés

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© UNICEF WCAR/2005/Page
Le Dr Kadri Koda examine une petite fille qu’on soigne pour malnutrition dans un centre d’alimentation thérapeutique situé à Maradi, au Niger, et soutenu par l’UNICEF. Le Dr Koda est l’un des 85 agents de santé formés au traitement de la malnutrition.

Par Rachel Bonham Carter

NEW YORK, 3 août 2005 – En raison de la crise alimentaire au Niger, le nombre d’enfants qu’il faut soigner médicalement contre la malnutrition a plus que doublé en un an. Les admissions dans les centres d’alimentation thérapeutiques continuent à augmenter. L’UNICEF apporte son soutien à des livraisons alimentaires et médicales d’urgence ainsi qu’en formant des agents de santé au traitement de la malnutrition chez les enfants, qu’elle apparaisse sous une forme grave ou modérée.

Il est tout aussi important de renforcer les capacités des communautés au Niger afin qu’elles puissent affronter les pénuries alimentaires, ce qui constitue le volet à long terme de la riposte. L’UNICEF apporte son concours à l’éducation de la population, pour lui apprendre ce qu’est la nutrition et comment réagir face aux pénuries. En outre, l’organisation soutient la création de banques de céréales.
Dr Kadri Koda est l’un des 85 agents de santé formés par l’UNICEF. « Nous partageons nos années d’expérience », dit-il, « tout en apprenant les dernières techniques et les approches nouvelles de la malnutrition grave ou modérée ».

« Dans les cas les plus critiques, on se heurte à des cas de malnutrition grave, allant de pair avec des complications médicales telles que le paludisme, la diarrhée s’accompagnant de sang dans les selles, la pneumonie et l’anémie », poursuit le Dr Kadri Koda. « Des enfants de neuf mois ayant le poids d’un nouveau-né… des enfants si faibles qu’ils n’ont pas l’énergie de pleurer... leur silence est assourdissant. C’est seulement lorsqu’ils commencent à pleurer que nous nous réjouissons, parce que cela signifie qu’ils ont repris des forces ».

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Une femme nourrit son enfant dans un centre d’alimentation thérapeutique soutenu par l’UNICEF situé à Maradi, au Niger. L’UNICEF a sollicité des dons de 16 millions de dollars pour répondre à la crise du Niger.

Des solutions à plus long terme

Le responsable de programme de l’UNICEF, Enrico Leonardi, indique que l’organisation est en train de travailler au renforcement des capacités et des connaissances dans les villages du Niger. Il précise que l’objectif est de permettre « aux communautés elles-mêmes de prendre conscience, d’identifier, de prévenir et de traiter éventuellement la malnutrition ».

M. Leonardi dit que les programmes d’éducation prévoient également d’enseigner à la population l’importance d’allaiter exclusivement au sein les enfants jusqu’à l’âge de six mois, ce qui ne se pratique pas encore couramment au Niger.

L’UNICEF, le Programme alimentaire mondial et le Programme des Nations Unies pour le développement sont en train de constituer des banques de céréales dans un bon nombre de villages, d’un bout à l’autre du pays. Les céréales sont stockées dans de petits entrepôts – non seulement afin de nourrir les familles en temps de crise, mais aussi pour poser les bases d’une solution à plus long terme.

Les banques de céréales sont gérées par les villageois eux-mêmes. Ils vendent les céréales à un prix souvent inférieur à celui du marché, dans les mois précédant la récolte, alors que la nourriture est rare et que les prix sont élevés. L’argent obtenu est consacré à la reconstitution du stock de la banque, à l’époque de la moisson, lorsque le prix des céréales a baissé.

« Chaque année, au Niger, la nourriture est insuffisante pendant une période de quatre mois », déclare Arsene Azandossessi, le Chef du bureau de l’UNICEF à Maradi. Mais une banque de céréales bien gérée va permettre à la communauté de faire face à la pénurie alimentaire. « Lorsque nous créons une banque de céréales, l’objectif est de permettre au village de devenir autonome ».

La réaction des donateurs

Les pénuries alimentaires ont touché quelque 3,6 millions de personnes, dont 800 000 enfants de moins de cinq ans. Parmi ces enfants, 160 000 sont modérément sous-alimentés et 32 000 le sont gravement. L’UNICEF et ses partenaires ont lancé un appel pour réunir 16 millions de dollars permettant de financer :

  • Nutrition : des fournitures de nourriture thérapeutique ou non ; l’ouverture et le soutien de nouveaux centres de nutrition ; la formation et le renforcement des capacités d’agents de santé dans le domaine de la prévention, de l’identification et du traitement de la malnutrition ; la sensibilisation au niveau de la communauté, en mettant l’accent sur l’allaitement maternel exclusif.
  • Santé : la fourniture de médicaments essentiels, la vaccination contre la rougeole et l’apport en vitamine A ; le suivi et l’incidence d’autres maladies liées à la malnutrition telles que le paludisme, la diarrhée et les infections respiratoires.
  • Eau et assainissement : la fourniture de colis d’hygiène de base à toutes les familles ayant des enfants touchés par la malnutrition.
  • Protection de l’enfant : la prévention et le suivi des cas d’abus sexuel affectant des femmes et des enfants vulnérables.

Le Gouvernement français a accordé à l’UNICEF au Niger à la fois des dons de médicaments et de nourriture. Un envoi de 1,7 tonne de médicaments essentiels est parvenu le 30 juillet. Il comprenait des antibiotiques, des comprimés antipaludéens et vermifuges, ainsi que des sels spéciaux de réhydratation orale contre la diarrhée chez les enfants qui soufrent de malnutrition grave.

Une autre livraison a été effectuée. Elle portait sur 35,4 tonnes de lait thérapeutique, d’aliments  thérapeutiques (notamment du Plumpy nut, du beurre de cacahuète riche en vitamines) et des sels de réhydratation orale, et sur 2,6 tonnes d’aliments thérapeutiques achetés localement.

D’autres approvisionnements sont attendus plus tard dans la semaine, en particulier 206 tonnes d’UNIMIX, une nourriture spécialement destinée aux enfants sous-alimentés. Ces expéditions sont financées par le Bureau d’aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO) et par l’USAID.

« Nous sommes très reconnaissants aux donateurs qui ont déjà commencé à réagir », dit Enrico Leonardi. Outre la nourriture et les médicaments, une aide a été fournie au niveau du coût du fret aérien, qui peut être très élevé.

« Mais ce n’est qu’un début », poursuit M. Leonardi. « Nous devons continuer à faire pression en faveur de cette riposte sur le terrain, afin d’éviter que la situation ne se détériore ».


 

 

Vidéo (en anglais)

3 août 2005 :
Rachel Bonham Carter, correspondante de l’UNICEF New York, décrit la riposte de l’organisation à la crise alimentaire au Niger.

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Audio (en anglais)

27 juillet 2005 :
Radio UNICEF parle avec le représentant de l’UNICEF au Niger M. Aboudu Adjibade
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