Népal

Compte à rebours 2015 : l’UNICEF donne aux agents sanitaires népalais les moyens de sauver la vie des plus jeunes

Image de l'UNICEF
© UNICEF Nepal/2008/Panday
L’agent sanitaire bénévole Mathura Shahi s’occupe de mères et de leurs bébés dans un village éloigné de l’ouest du Népal. Là, environ 50 000 femmes ont été formées pour effectuer des prestations et des interventions de base auprès des femmes enceintes et des enfants.

Par Rupa Joshi

Du 17 au 19 avril, des experts en santé mondiale de premier plan, des décideurs politiques et des parlementaires se réuniront en Afrique du Sud pour « Compte à rebours 2015 », une conférence sur la mortalité infantile et maternelle. Voici l’un des  reportages  faisant partie d’une série relative à cet événement.

ACHHAM, Népal, 15 april 2008 –  Mathura Shahi, 30 ans, pousse le bouton du minuteur et compte les inspirations de Sajjana, un bébé âgé d’un mois qui se blottit dans les bras de son grand-père.  

Mathura Shahi affirme à Setu Shahi, 79 ans, qu’il s’occupe très bien de l’enfant. « Dites à votre belle-fille qu’elle ne doit pas s’inquiéter pour le bébé. Sa respiration est normale, » dit-elle. « Mais rappelez-lui de veiller à ce que ce tout petit reçoive le sein à l’heure. »

Rabattant les bords du châle autour du petit visage de Sajjana, elle ajoute : « Et assurez-vous que le bébé est proprement enveloppé dans ses vêtements et protégé du froid. »

« En voie d’atteindre l’OMD 4 »

Mathura Shahi est une agente sanitaire bénévole du village de Birpath, dans le district d’Achham, à l’extrémité occidentale du Népal. Elle fait partie des quelque 50 000 femmes du pays qui travaillent au niveau local comme les plus sûrs agents de proximité en soins de santé primaire. Elles sont formées pour effectuer des prestations et des interventions de base auprès des femmes enceintes et des enfants. 

« Au cours des quinze dernières années, nous avons réussi à réduire la mortalité infantile des deux tiers dans le pays », explique le Dr Yashovardhan Pradhan, chef du service de la santé des enfants au sein du Ministère de la santé du Népal. « Le fait que nous soyons bien partis pour atteindre l’OMD 4 peut être attribué au développement des établissements médicaux dans tout le pays et au rôle joué par les agentes sanitaires bénévoles locales dans la réduction de la mortalité et de la morbidité de l’enfant. »

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Mathura Shahi mesure le rythme respiratoire d’un bébé âgé d’un mois; les quatre causes principales de la mortalité infantile au Népal sont l’hypothermie, l’asphyxie, l’insuffisance pondérale et une infection durant la première semaine de vie.

Les Objectifs du Millénaire pour le développement 4 prévoit une réduction des deux tiers de la mortalité de l’enfant dans le monde d’ici 2015.

Le Dr Pradhan estime que ces agentes sanitaires bénévoles comme Mathura sont les principales responsables de la réussite d’opérations de santé publique comme la supplémentation en vitamine A, la distribution de comprimés vermifuges, la gestion de la diarrhée et de la pneumonie ainsi que les campagnes de vaccination contre la polio et la rougeole. 

Transférer la réussite chez les tout petits

Le Népal a affiché une réduction exemplaire des taux de mortalité parmi les nourrissons et les enfants de moins de cinq ans : au cours de la dernière décennie, ils sont respectivement passés de 79 à 48 décès pour 1 000 naissances vivantes et de 118 à 61 décès pour 1 000 naissances selon l’enquête démographique et sanitaire de 2006 du Népal.

Et pourtant cette réussite n’a pas été transférée à la mortalité néonatale. Plus de la moitié des bébés qui continuent de mourir au Népal sont âgés de moins d’un an. 

« Les nouveau-nés de l’ensemble du pays meurent à cause d’hypothermie, d’asphyxie, de complications dues à une insuffisance pondérale à la naissance et d’infection au cours de la première semaine de vie, » explique le Dr Pradhan. « Nous estimons qu’en nous attaquant à ces quatre conditions, nous pourrions sauver 67% des nouveau-nés. »

Interventions en faveur des soins pour les nouveau-nés

La majorité des naissances au Népal (81%) continuant d’avoir lieu à domicile, c’est là que doivent avoir lieu aussi les interventions initiales. Par conséquent, le Gouvernement népalais, en consultation et en collaboration étroite avec l’UNICEF et d’autres partenaires, a récemment donné son accord pour la mise en place d’un ensemble de services de soins pour les nouveau-nés fonctionnant à l’échelle locale.  

Dans le cadre de cet ensemble d’interventions, des bénévoles comme Mathura Shahi passeront autant de temps à s’occuper de nouveau-nés qu’elles consacraient habituellement aux accouchements. Leur présence durant les accouchements à domicile permettra des prestations simples : essuyer et langer correctement les bébés, avoir avec eux un contact corporel pour empêcher l’hypothermie et l’asphyxie postnatale et surveiller l’éventuelle apparition d’infection grave.

L’ensemble de prestations en faveur des nouveau-nés fera cette année l’objet d’une expérience pilote dans quelques districts avec le soutien de divers organismes partenaires dont l’UNICEF. Avec son extension à l’issue de la phase expérimentale, les agents sanitaires féminines bénévoles peuvent s’attendre à jouer un rôle indispensable pour sauver des milliers de nouveau-nés dans tout ce pays himalayen.


 

 

Vidéo (en anglais)

Mars 2008 :
Le reportage d’ Elizabeth Kiem, correspondante de l’UNICEF, sur les moyens qui sont actuellement donnés aux femmes agents sanitaires bénévoles pour qu’elles puissent effectuer des interventions néonatales dans les régions isolées du Népal.
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9 avril 2008 :
Le Chef de la section santé à l’UNICEF, Peter Salama, commente les derniers chiffres sur la mortalité maternelle et infantile dans le monde.
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