Népal

Des « femmes miracles » aident à lutter contre la mortalité des enfants de moins de cinq ans au Népal

Image de l'UNICEF: Nepal, Health
© UNICEF Nepal/2007/Panday
Nanda Kumari examine Sanju, 9 mois, pour voir si elle a la pneumonie.

Par Rabindra Giri

Dans les prochaines semaines, l'UNICEF publiera une série de reportages sur des initiatives qui ont permis de promouvoir une vie saine, d'offrir une éducation de qualité, de lutter contre le VIH/SIDA, et de protéger les enfants contre les mauvais traitements, l'exploitation et la violence. Ceci se fera dans le cadre d'une édition spéciale de Progrès pour les enfants en 2007 dans lequel les progrès accomplis pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement, notamment ceux qui concernent enfants, seront examinés. « Un monde des enfants, bilan statistique » sera lancé le 10 décembre 2007.

KAVRE, Népal, 2 octobre 2007 – Nanda Kumari avance péniblement à travers des flancs de coteau recouverts de champs de maïs mûr, en tentant d’éviter les buffles qu’elle rencontre sur le sentier étroit.

Sa destination : la maison de Sarita, mère d’un enfant de 19 mois souffrant d’une toux persistante.

Volontaires donnent des conseils qui peuvent sauver la vie

Mme Kumari, 43 ans, est l’une des 48 500 agents de santé communautaires bénévoles que l’on appelle, au Népal, les « femmes miracles ». Bien que beaucoup d’entre elles, comme Mme Kumari, ne sachent ni lire ni écrire, ces bénévoles ont été formées pour déceler et traiter des maladies infantiles comme la pneumonie et la diarrhée. Souvent, elles donnent aussi des conseils qui peuvent sauver la vie là où aucun autre service de santé n’est disponible.

Dans les zones rurales du Népal, l’accès à des professionnels ou à des services de santé requiert souvent un trajet à pied de plusieurs heures, voire, dans certains districts, de plusieurs jours.

Lorsqu’elle arrive chez Sarita, Mme Kumari se voit immédiatement offrir une tasse de thé, ainsi que le fauteuil le plus confortable du logis – un accueil normalement réservé à des dignitaires en visite ou à des membres vénérés de la famille.

« Je vais examiner ta fille », dit Mme Kumari à Sarita. La toux incessante de l’enfant inquiète la famille, qui pense que la petite pourrait avoir contracté une pneumonie. En 2004, dans l’ensemble du Népal, les infections respiratoires comme la pneumonie ont été à l’origine du décès de 11 000 enfants de moins de cinq ans.

Image de l'UNICEF: Nepal, Health
© UNICEF Nepal/2007/Panday
Avec un simple chronomètre, Mme Kumari peut détecter le type de respiration rapide qui indique souvent une pneumonie.

De petits « miracles » dans des familles isolées

En 1988, le programme des Agents de santé communautaires bénévoles féminines (FCHV) a été lancé par le gouvernement du Népal, avec l’aide de l’UNICEF et d’autres partenaires de développement.

Desservant les communautés rurales, ces bénévoles informent les gens des campagnes nationales de vaccination et administrent des vaccins contre la polio, des suppléments de vitamine A et des vermifuges en cachets. Elles donnent des conseils et des suppléments en fer aux femmes enceintes, et en cas de diarrhée sévère chez un enfant, elles offrent une thérapie de réhydratation orale et des comprimés de zinc.

Il y a dix ans, le programme ne fonctionnait que dans un district du Népal. Aujourd’hui, il a été élargi à 33 autres à l’échelle du pays – couvrant 60 pour cent de la population des enfants de moins de cinq ans dans ces régions.

Réduction des infections respiratoires des enfants

La pneumonie tue davantage d’enfants dans le monde que toutes les autres maladies. Pourtant, beaucoup de soignants ne savent pas reconnaître les principaux symptômes – une respiration rapide et difficile – qui indiquent qu’un enfant nécessite un traitement immédiat. À l’aide d’une méthode simple, les agents de santé communautaires bénévoles du Népal peuvent identifier les cas de pneumonie et administrer des antibiotiques, ce qui réduit considérablement la prévalence des infections respiratoires infantiles dans le pays.

Sortant de son sac un simple minuteur, Mme Kumari place son doigt sur l’abdomen du bébé et commence à se concentrer pour compter les inspirations de l’enfant, tout en écoutant le tic-tac de l’appareil. Après une minute, elle lève les yeux et sourit.

« Ta fille n’a pas la pneumonie », dit-elle à la mère soulagée. Puis elle donne à Sarita des conseils pour traiter la toux de l’enfant à la maison.


 

 

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