Népal

Au Népal, un enseignement non officiel facilite l’accès à l’éducation de base

Image de l'UNICEF
© UNICEF Nepal/2006
Anwar Jahan Khatun, 12 ans, en compagnie de son grand-père dans un centre éducatif pour les enfants non scolarisés soutenu par l’UNICEF. Village de Materiya, Kapilvastu, Népal.

Par Sagun S. Lawoti

KAPILVASTU, Népal, 17 juillet 2006 – Dans 15 districts du Népal, les enfants non scolarisés ont maintenant la chance de pouvoir apprendre à lire et à écrire grâce à un programme soutenu par l’UNICEF : le programme pour les enfants non-scolarisés (OSP, Out-of-School Programme).

Conçue pour donner une éducation de base en utilisant des méthodes différentes du système officiel, cette nouvelle stratégie a aidé environ 15 700 enfants à suivre un enseignement de 10 mois. L’un de ces enfants est Anwar Jahan Khatun, 12ans, qui vient d’une famille musulmane d’un village déshérité de l’Ouest du Népal.

Anwar a passé la plus grande partie de son enfance à garder des troupeaux et à aider aux tâches du ménage. « Maintenant, j’apprends les maths, le népalais et le dessin dans une classe parallèle organisée dans le voisinage, raconte-t-elle, j’apprends aussi des choses sur la santé et l’hygiène. »

Le droit à l’éducation pour les enfants

Le but principal de ce programme est de concrétiser un droit élémentaire des enfants, le droit à l’éducation, plus spécialement pour les filles et les enfants des basses castes. ’objectif à plus long terme est d’aider les enfants à poursuivre leur éducation dans les écoles du système officiel. En 2005, près de 40 pour cent des élèves ayant suivi ce programme – dont plus de la moitié de filles ¬– ont opéré avec succès la transition vers les écoles primaires.

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© UNICEF Nepal/2006
Shabnam Khatun, 13 ans, fait une lecture devant ses camarades du centre éducatif du village de Materiya.

Cette initiative met aussi l’accent sur la participation de la collectivité locale et a amené des changements notables dans des attitudes traditionnellement conservatrices.

« Envoyer les enfants à l’école, particulièrement les filles, n’a jamais été une priorité dans notre communauté, » dit le grand-père d’Anwar, Muhammad Islam Khan, 60 ans. « Mais nous savons que cela en vaut la peine. Alors, si ma petite fille a de bons résultats dans ces classes parallèles, je serai plus qu’heureux de l’envoyer dans une école publique officielle.

Le programme OSP est divisé en deux niveaux. Le niveau 1 est destiné à permettre à un enfant d’être admis dans le système officiel en deuxième année. Le succès au niveau 2 permet à un enfant d’entrer en cinquième ou sixième année.

L’usage de la langue maternelle

« Les cours couvrent l’apprentissage de la lecture, de l’écriture et du calcul, tous essentiels au développement d’un enfant, » affirme Khusiyali Chaudhary, un moniteur au centre éducatif du village de Hatausa, dans le district de Kapilvastu. « L’utilisation de la langue maternelle pour enseigner sur des textes en népalais, bien que créant des difficultés au départ, s’est révélée bénéfique. »

Cette approche contribue à mettre les enfants des communautés indigènes à l’aise avec les autres enfants. Ils ont en même temps l’occasion d’apprendre la langue nationale, le népalais, ce qui les aidera un jour à survivre et même à prospérer dans la société majoritaire.

« Sans l’éducation gratuite fournie par ce programme, ma famille n’aurait pas pu se permettre de me remettre à l’école, » reconnaît Shabnam Khatun, 13 ans, qui avait abandonné ses études à la cinquième année. « Pour moi, je pense qu’il n’est pas question de revenir en arrière, » ajoute-t-elle avant de retourner à son pupitre pour recommencer à réciter ses leçons en compagnie de ses camarades de classe.


 

 

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