Mozambique

Au Mozambique, un programme innovant transforme les pratiques en matière d'assainissement

L' initiative « d'assainissement total piloté par la communauté »

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Dans le cadre du programme « d'assainissement total piloté par la communauté » appuyé par l'UNICEF, les communautés locales du Mozambique conçoivent et construire leurs propres latrines en utilisant les matériaux disponibles localement.

Par Shantha Bloemen

CHIBWE, Mozambique, 24 mai 2010 – Des femmes en cercle dansent au rythme des tambours sous le soleil du matin, une foule d'adultes et d'enfants les observant de dessous de grands arbres feuillus. Après un long roulement de tambour, la danse s'arrête et le cercle s'ouvre pour accueillir des visiteurs, un groupe d'experts en eau et en assainissement. 

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Dans le village de Chibwe, situé dans la province de Tete, au nord-ouest du Mozambique, la défécation en plein air est habituelle. A peine 39 pour cent des quelque 22 millions d'habitants du pays utilisent de véritables installations sanitaires, ce qui explique que des maladies comme la diarrhée et le choléra soient communes. 

Aujourd'hui cependant, le village est en train de mettre en place un nouveau programme « d'assainissement total piloté par la communauté » (ATPC ou CLTS) avec l'aide de l'UNICEF et de ses partenaires. Grâce à l'ATPC, les habitants de Chibwe mènent leurs propres opérations d'assainissement et apprendront comment lutter contre les maladies. 

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Des mères et des enfants écoutent un exposé consacré aux bonnes pratiques en matière d'hygiène et d'assainissement. Le programme « d'assainissement total piloté par la communauté », actuellement mis en oeuvre au Mozambique, met en avant l'importance de l'utilisation de latrines.

Faire face au problème de l'assainissement

Après les festivités d'accueil, Americo Muianga, Spécialiste de l'eau et de l'assainissement d'UNICEF Mozambique, rencontre les habitants de Chibwe dans un cadre plus tranquille.
« Comment dites-vous « excréments ? » demande Americo Muianga. Des rires fusent de la foule en même temps que la réponse : « matudzi ». Satisfait par la bonne humeur – qui contribue à détendre l'ambiance - Americo Muianga lance une conversation sur l'assainissement.

Dans des villages comme Chibwe, l'ATPC commence souvent par des plaisanteries et un exercice qui ressemble à un jeu. Des volontaires pris dans le public dessinent sur le sable une carte de leur village avec des bâtons. De la poudre blanche provenant de maïs ou de blé définit les structures principales : l'école, le point d'eau, la route qui conduit au dispensaire le plus proche et l'église. On demande à d'autres volontaires de se placer à l'endroit sur la carte à l'endroit où ils habitent. Puis ils reçoivent de la cendre grise avec laquelle il leur est demandé d'indiquer l'endroit où ils font leurs besoins. 

  « Vous calculez la quantité d'excréments pour chaque semaine, chaque mois et chaque pour foyer, » dit Americo Muianga. « Puis vous commencez à parler de la quantité d'excréments et où elle va. »

Le résultat est reporté sur du papier dessin blanc et affiché pour chacun puisse voir : 84 720 tas d'excréments chaque année pour 93 foyers.

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Des enfants du village de Chibwe, dans la province de Tete, au Mozambique, apprennent qu'il est important d'utiliser des latrines et de bien se laver les mains pour rester en bonne santé.

Sensibilisation et action

La simulation – en même temps que ces chiffres étonnants – a pour but d'aider les habitants à comprendre l'étendue de leurs besoins en matière d'assainissement. On leur demande de se rendre sur les sites de défécation où ils apprennent comment les excréments humains contaminent les sources locales en eau et contribuent à la reproduction des mouches et des moustiques.

Avec son partenaire Vision Mondiale, une ONG, et le ministère des Travaux publics et du Logement du Mozambique, l'UNICEF s'efforce de mieux sensibiliser la population à un assainissement et à une hygiène sans risques dans 18 districts du pays. Cette action s'inscrit dans le cadre d'un programme  appelé « l'Initiative pour un million », financée par l'UNICEF et le gouvernement des Pays-Bas, et qui a pour but de pourvoir en eau potable et en installations sanitaires un million de personnes au Mozambique d'ici 2013.

A Chibwe, Fatima Chipendo, qui est grand-mère et a neuf petits-enfants, s'est portée volontaire  pour mettre en place un comité d'assainissement pour le village. L'assainissement est un problème qui lui est cher : son dixième petit-fils est mort des suites de la diarrhée.

« Il est important pour nous d'améliorer la santé de nos enfants, » dit Fatima Chipendo. Alors que son habitation possède l'une des rares toilettes du village, elle ajoute que chacun dans le village devraient en posséder.

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Une mère et un enfant au Mozambique, où 18 districts sont ciblés par un nouveau programme « d'assainissement total piloté par la communauté » (ATPC ou CLTS) avec l'aide de l'UNICEF et de ses partenaires

Participation de la communauté

Le comité d'assainissement fait partie intégrante du modèle de l'ATPC. A la différence des programmes d'assainissement ordinaires – qui distribuent habituellement des matériaux provenant de l'extérieur des communautés pour construire des latrines – le comité apporte son aide pour la conception de latrines qui peuvent être fabriquées en utilisant des matériaux disponibles sur place de façon à ce que les familles puissent s’en construire une. Le dispositif, piloté par la communauté, permet aussi aux latrines d'acquérir un statut social et d'encourager l'innovation.  

« Quand nous développons des programmes auxquels les bénéficiaires ne participent pas, ils finissent par ne pas être durables, » dit Cadmiel Muthemba, le ministre des Travaux publics et du Logement du Mozambique. « La participation de la communauté, » dit-il « garantit le contrôle et la responsabilité du programme. »  

 Aujourd'hui dans sa troisième année, « l'Initiative pour un million » a apporté à des centaines de milliers d'habitants du Mozambique de meilleures conditions d'assainissement et l'accès à l'eau potable.

« Nous nous rendons compte que cela en vaut la peine, » dit Alberto Saguate, père de six enfants dans le village voisin de Nhaussau. Grâce au programme d'ATPC, sa communauté a construit au cours des mois des toilettes extérieures pour plus de 170 foyers. « Nos enfants sont en meilleure santé et nous n'avons pas eu de cas de choléra dans ce village depuis que nous avons construit des toilettes. » 


 

 

Vidéo (en anglais)

18 avril 2010 : le reportage de Kyle O'Donague, de l'UNICEF, sur « l'assainissement total piloté par la communauté » au Mozambique.
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