Mozambique

Des interventions nécessaires pour la survie touchent 3 millions d’enfants pendant la Semaine de la santé de l’enfant au Mozambique

Image de l'UNICEF
© UNICEF Mozambique/2009/Delvigne-Jean
Pour suivre les vaccinations contre la rougeole pendant la Semaine de la santé de l’enfant au Mozambique, on marque le petit doigt de la main droite d’un enfant à l’aide d’une encre indélébile.

MAPUTO, Mozambique, le 26 mai 2009 – Dans le cadre d’une Semaine de la santé de l’enfant qui mobilise tout le pays, sur une période de cinq jours allant du 18 au 22 mai, toute une série d’interventions sanitaires ont été menées au Mozambique. Plus de trois millions d’enfants de moins de cinq ans ont reçu des compléments de vitamine A, ont été vaccinés et ont bénéficié d’un examen portant sur leur état nutritionnel.

La Semaine de la santé de l’enfant s’insère dans une stratégie accélérée pour la survie et le développement de l’enfant, visant à effectuer un ensemble d’interventions de base. Il est avéré que ces interventions sont très efficaces pour la diminution du taux de mortalité et pour l’amélioration de la santé infantile. Ces campagnes d’une durée d’une semaine viennent s’ajouter aux services sanitaires habituels en assurant des soins de base pour tous les enfants – même ceux vivant dans les communautés les plus isolées – grâces aux centres de soins et aux unités mobiles. 

Les semaines de la santé de l’enfant constituent un moyen d’atteindre les familles qui ont pu passer à travers les maillons du filet en ce qui concerne les services de vaccination de base, surtout dans les zones rurales du Mozambique où les populations vulnérables n’ont pas forcément un accès facile aux soins de santé.

Le fossé demeure entre les zones urbaines et rurales
« Pendant cette semaine nous nous attendons à ce que tous les parents amènent leurs enfants au dispensaire le plus proche afin de bénéficier de cet éventail des soins de santé, » a déclaré Roberto De Bernardi, responsable de la santé et de la nutrition de l’l’UNICEF au Mozambique.

La couverture vaccinale de routine au Mozambique atteint jusqu’à 80 pour cent de la population, mais un fossé important entre les zones rurales et urbaines demeure, avec une couverture très inférieure chez les enfants des campagnes. De la même manière, les enfants des familles démunies ont deux fois moins de chances d’être totalement vaccinés que les enfants issus de familles aisées.

En outre, les données disponibles les plus récentes indiquent que plus de deux-tiers des enfants de moins de cinq ans souffrent d’une carence en vitamine A, qui freine leur croissance, diminue leur acuité visuelle et réduit leur résistance à de nombreuses infections et maladies telles que la rougeole, les maladies diarrhéiques et les infections respiratoires aiguës.

La malnutrition est associée à la moitié des décès d’enfants dans le pays. Afin de faire face à ce problème, un suivi nutritionnel effectué pendant la récente Semaine de la santé de l’enfant a permis d’identifier les enfants souffrant de malnutrition aigüe. Ils sont envoyés au dispensaire le plus proche afin d’y être soignés.

Une communication maximale
Arriver à toucher ceux qui sont le plus difficile à atteindre constitue peut-être le plus grand défi dans un pays comme le Mozambique où 70 pour cent de la population vit dans les zones rurales, avec peu ou pas d’accès à la radio et à la télévision.

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© UNICEF Mozambique/2009/Delvigne-Jean
Une petite fille dans les bras de son frère reçoit un traitement vermifuge dans un centre de vaccination au Mozambique.

Aucun effort n’a été épargné pour faire passer la nouvelle concernant la Semaine de la santé de l’enfant. Au cours de la période précédant la campagne, des messages télé et radio ont été diffusés sur les grandes chaînes et  sur les stations de radio communautaires, et des milliers d’affiches et banderoles ont été accrochées dans les églises, les écoles et les hôpitaux.

Lorsque la semaine a démarré, des militants communautaires, dans tout le pays, ont annoncé la campagne dans les rues, sur les marchés et dans d’autres lieux publics, alors que des milliers d’autres militants se sont déployés autour des centres de vaccination pour inciter à la vaccination des mères et les enfants.

La lutte contre des taux de mortalités élevés
Malgré une diminution au cours de ces cinq dernières années, le Mozambique a encore l’un des taux de mortalité infantile les plus élevés du monde chez les enfants de moins de cinq ans : 168 décès pour 1000 naissances vivantes. Sur environ 715 000 enfants nés chaque année, de l’ordre de 69 000 meurent dans leur première année de vie, et 29 000 autres enfants meurent avant d’atteindre l’âge de cinq ans.

Même les enfants encore en vie à cinq ans sont sous la menace de toutes sortes de maladies, aggravées par la malnutrition. La plupart des décès des enfants de moins de cinq ans sont dus à un petit nombre de maladies courantes qu’on peut prévenir et traiter telles que le paludisme, la pneumonie, les maladies diarrhéiques, la malnutrition et des problèmes néonatals.

La récente Semaine de la santé de l’enfant au Mozambique vient compléter deux autres campagnes menées en 2008 et qui ont atteint environ 3,5 millions de jeunes enfants. Ensemble, ces campagnes rapprochent le pays de l’Objectif du Millénaire pour le développement de réduire de deux tiers la mortalité infantile d’ici à 2015.


 

 

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