Mozambique

Les « Mères modèles » luttent contre la malnutrition au Mozambique

Image de l'UNICEF: Mozambique, 'Model Mothers'
© UNICEF Mozambique/2008/ Machiana
Des « Mères modèles » montrent la façon de préparer un repas fortifiant pour les enfants dans le centre de santé de Lumbo sur l’Ilha de Moçambique.

Par Thierry Delvigne-Jean

NAMPULA, Mozambique, 22 août 2008 – C’est le milieu de la matinée sur l’Ilha de Moçambique, une petite île au large de la côte de la Province de Nampula. Anabela Muchuza, une nutritionniste, visite le service pour les mères et les enfants du principal centre de santé de l’île. Les rires d’une petite fille attirent son attention vers le fond de la salle.

Suhura Vasco a amené sa fille Muaziza dans ce service car elle perd du poids. « Elle ne se développait pas bien », résume Mme Vasco.

Comme environ 24 pour cent des enfants de moins de cinq ans du Mozambique, Muaziza est en dessous du poids normal pour son âge. (Quelque 41 pour cent souffrent également d'un retard de croissance dû à une nutrition inadéquate) Comme c’est le cas de beaucoup d’autres enfants, ceci est dû en partie à une éducation insuffisante en matière de nutrition.

« Un bon nombre de mères ignorent comment se prépare un repas nutritif ; c’est la raison pour laquelle l’éducation en matière de nutrition est essentielle dans notre programme national de nutrition », explique Mme Muchuza.

Les « Mères modèles » enseignent aux mères

Après sa visite, Mme Muchuza se dirige vers le Centre de santé voisin de Lumbo. Un bon nombre de mères avec leurs jeunes enfants font déjà la queue devant le bâtiment principal.

À l’ombre, dans la cour, des  « Mères modèles », dont le groupe est animé par Rosa Ernesto, commencent leur démonstration. Mme Ernesto est sage-femme depuis 12 ans dans l'unité de services pour les mères et les enfants de ce centre de santé.

Les groupes de « Mères modèles » se composent de bénévoles ayant convenu d’enseigner aux autres mères les bonnes pratiques en matière de nutrition. Cette approche se situe dans le cadre d’une stratégie de sensibilisation des communautés rurales à l’amélioration des pratiques liées à la nutrition.

« Nous montrons aux mères comment utiliser au mieux les produits alimentaires qu’elles peuvent trouver facilement au marché tels que les oeufs, les cacahuètes, le maïs, la farine, les légumes, le sucre, le sel et les fruits du pays, » explique Mme Ernesto.

Besoin d’intervention

La récente augmentation des prix alimentaires va probablement aggraver les problèmes en forçant les foyers vulnérables à acheter des produits plus abordables mais moins nutritifs. Ceci va entraîner un accroissement des carences en vitamines et en sels minéraux, surtout chez les jeunes enfants.

L’UNICEF, en collaboration avec d’autres organisations des Nations Unies et des partenaires nationaux, a réagi en investissant 3 millions de dollars supplémentaires dans le soutien au programme de nutrition du gouvernement,  afin d’augmenter les interventions dans l’alimentation thérapeutique et de complément.

Emidio Machiana a participé à l’élaboration de cet article.


 

 

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