Mozambique

Un rapport constate que près de la moitié des enfants du Mozambique vit dans une pauvreté extrême

Image de l'UNICEF
© UNICEF/HQ04-0384/Thomas
Trois sœurs, Laura 14 ans, Crémilda 12 ans, et Anastacia Langa, 10 ans, assises devant leur maison au nord de Maputo, au Mozambique. Elles vivent toutes seules depuis le décès de leurs parents.

Par Rachel Bonham Carter

NEW YORK, USA, 14 décembre 2006 – Au Mozambique, près de la moitié des 10 millions d’enfants du pays vivent dans une pauvreté extrême, affirme un rapport des Nations Unies publié aujourd’hui, « Pauvreté de l’enfance au Mozambique ».

« Ce sont des enfants comme tous les autres. Ils ont des espoirs, nourrissent des ambitions », rappelle Leila Pakkala, Représentante de l’UNICEF au Mozambique. « Mais c’est comme si la pauvreté leur avait volé leur enfance ».

Dans le rapport, le terme « pauvreté extrême » signifie deux privations ou plus dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’alimentation, du logement, ou autres nécessités indispensables à la survie et au développement.

Priorité aux plus vulnérables

La nouvelle étude montre que, malgré certains progrès dans le domaine social et économique au Mozambique, la pauvreté de l’enfant reste un problème très fréquent et profondément enraciné. Concernant les enfants du pays, le rapport note que :

  • 49 pour cent d’entre eux souffrent d’un accès très limité à l’eau
  • 47 pour cent n’ont pas accès à des sanitaires près de chez eux
  • 39 pour cent n’ont pas accès à la radio, à la télévision ou à des journaux chez eux
  • 24 pour cent des enfants âgés de 7 à 18 ans n’ont jamais été à l’école
  • 17 pour cent des enfants de moins de cinq ans n’ont jamais été vaccinés
  • 6 pour cent vivent dans des logements gravement surpeuplés.

Au Mozambique, le travail de l’UNICEF se basera sur ce rapport de maintenant jusqu’en 2009. Au cours de cette période, on attend du programme de pays qu’il se concentre sur quatre grands secteurs -- la survie et le développement de l’enfant, l’éducation, le VIH/SIDA et la protection de l’enfant.

Outre l’appui qu’il prodiguera au gouvernement dans ces domaines, l’UNICEF travaillera avec des partenaires pour augmenter les ressources destinées aux enfants les plus vulnérables.

« Les statistiques montrent que les régions difficiles d’accès, les zones rurales sont celles où l’on trouve les enfants les plus vulnérables – des enfants vivant sous le seuil de pauvreté extrême, explique Mme Pakkala. Notre programme, basé sur le rapport, va se concentrer sur les sept provinces les plus vulnérables ».

Image de l'UNICEF
© UNICEF Mozambique/2006
Au moment du lancement du rapport des Nations Unies, « Pauvreté de l’enfance au Mozambique », deux jeunes journalistes regardent des tableaux peints par les enfants sur le thème d’une enfance joyeuse.
Inquiétudes au sujet des fortes pluies

Le rapport affirme que la pandémie de VIH/SIDA représente le danger le plus grave pour le développement du Mozambique. Sur les 1,6 million d’orphelins du pays, on en dénombre près de 360 000 ayant perdu un parent, voire les deux, de maladies liées au SIDA.

« Pour eux la vie consiste maintenant à s’occuper de la fratrie », affirme Mme Pakkala. « Nombre d’entre eux ont dû quitter l’école pour travailler dans la rue ou aux champs, recevant ainsi de quoi se payer un logement ou de la nourriture pour leurs frères et sœurs. »

Dans cette situation déjà difficile, on craint que le pays ait à affronter une saison de pluies excessives. Déjà, de fortes chutes de pluie ont entraîné l’évacuation de plusieurs milliers de personnes vivant à Beira, dans la province de Sofala. La pluie est arrivée tôt et sans prévenir; les vannes vers la mer étant restées fermées, le fleuve est sorti de son lit et a inondé les maisons de la région.

« Nous avons pu procéder à une évaluation rapide et soutenir la population, » précise Mme  Pakkala. « Les besoins immédiats comprenaient de l’eau potable, des moyens d’assainissement et un appui à l’hygiène, parce que, une fois que les vannes ont été ouvertes, le niveau de l’eau est rapidement descendu. Après l’inondation, notre souci principal, c’est le choléra, les conditions d’hygiène et l’assainissement. Nous avons beaucoup de choses à faire pour être sûrs qu’il n’y aura pas de flambées d’épidémie ».


 

 

Audio (en anglais)

14 décembre 2006:
Leila Pakkala, Représentante de l’UNICEF au Mozambique, commente les conclusions du rapport des Nations Unies sur les enfants au Mozambique.
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Campagne contre le SIDA

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