Mozambique

Des enfants affectés par le VIH/SIDA rencontrent un groupe de parlementaires lors d'une conférence au Mozambique.

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Lors d'un séminaire sur le renforcement des programmes en faveur des orphelins des pays africains d'expression portugaise, une fillette explique à des parlementaires africains comment le VIH/SIDA l'a affectée.

Par Sarah Crowe

MAPUTO, Mozambique, 30 mars 2006 – Trois rangées d'écolières aux visages intelligents avec, au milieu, quelques jeunes garçons à l'allure un peu étrange, attendent impatiemment devant l'entrée de l'Escola 7 de Setembro à Maputo, au Mozambique. Tous tiennent à la main une rose jaune enveloppée dans du papier cellophane.

Un timide sourire aux lèvres, tous ces enfants se mettent à fredonner doucement un air pour accueillir les représentants officiels – dont parmi eux Rima Salah, Directrice générale adjointe de l'UNICEF – venus assister à un séminaire régional patronné par l'Association des Parlementaires de l'Europe de l'Ouest pour l'Afrique (AWEPA) en collaboration avec l'UNICEF, le Centre nord-sud du Conseil de l'Europe, la Fondation Nelson Mandela pour l'enfance et divers autres partenaires. Le but de ce séminaire : aider les parlementaires présents à renforcer les programmes VIH/SIDA en faveur des orphelins et des enfants à risque dans les pays d'Afrique d'expression portugaise.

Donner l'initiative aux enfants

Dès que l'occasion leur va être donnée de s'exprimer, les enfants de l'Escola 7 de Setembro vont perdre toute leur timidité et dévoiler crûment à la délégation les dures réalités de la vie qui est la leur.

Les enfants peuvent avoir le SIDA et ils l'ont bel et bien, se mettent à expliquer les élèves de l'école primaire à leurs visiteurs, mais cela ne veut pas dire pour autant qu'on ne peut pas jouer avec eux. Cette vérité toute simple, ils l'ont apprise auprès de Kindlimuka («Réveillez-vous» en langue Ronga), une association locale de soutien pour les personnes touchées par le VIH/SIDA soutenue par l'UNICEF. Et elle a d'autant plus de prix pour eux que, chaque jour, ses membres vivent l'exclusion et la discrimination qui, souvent, accompagne le virus VIH.

En 2005, Kindlimuka a pu atteindre 200 000 enfants et adolescents dans sept provinces, en les formant aux conduites à tenir dans leur vie quotidienne face au VIH/SIDA. Avec l'appui de jeunes militants, le groupe s'est aussi efforcé de lutter contre l’exclusion et la discrimination dans 41 écoles de Maputo.

«Nous ne pouvons effectuer aucune prévention contre cette maladie mortelle si les enfants et les adolescents n'ont aucune connaissance du problème, explique Rima Salah. Cette organisation leur communique un savoir et leur donne les moyens de se prendre en charge de façon à ce qu'ils puissent effectivement faire partie de tous ceux qui luttent contre le SIDA.»

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La Directrice générale de l'UNICEF, Rima Salah, s'exprimant au Mozambique devant la délégation lors du séminaire régional pour l'amélioration des services d'aides aux enfants affectés et infectés par le VIH/SIDA.

«Nous serons ses amis»

Les enfants de l'Escola du 7 de Setembro ont aussi exécuté de courtes présentations pour mieux montrer ce qu'est la discrimination chez les jeunes orphelins du SIDA. Même dans cette école publique relativement épargnée par le fléau, 10% des enfants sont des orphelins. Peu savent exactement de quoi leurs parents sont morts mais le nombre d'enfants orphelins du SIDA croît rapidement et de longues maladies liées à la tuberculose en sont souvent la cause.

Après la représentation, un groupe d'écolières s'agglutine soudain autour d'une fillette de 11 ans dans l'un des couloirs de l'imposant bâtiment colonial de l'école. Cette fois, il ne s'agit pas de comédie. La petite Azuzena, que ses camarades tentent de réconforter, s'est effondrée en larmes et pleure en parlant de ses parents. «Quand mon père est revenu de son travail en Afrique du Sud, en 2003, sanglote-t-elle, il était déjà malade. Puis maman est devenue malade à son tour et ils sont morts tous les deux. Maintenant, je vis avec ma tante, mon oncle et mes cousins mais je voudrais tant que mes parents soient vivants...»

Les autres fillettes passent leur bras sur les épaules d'Azuzena et essuient son visage. «Nous l'aimerons,  nous seront ses amies et elle pourra toujours compter sur nous» dit l'une d'elle.

Azuzena explique : «Kindlimuka m'a aidée à me sentir moins isolée. C'est mieux maintenant parce que toutes les autres fillettes ici me soutiennent et jouent avec moi.»

Plan d'action

La nécessité de faire plus pour soutenir des enfants comme Azuzena est précisément ce qui a amené cette semaine la délégation au Mozambique. «Que peut-il y avoir de plus vulnérable qu'un enfant sans mère?» demande le président de l'AWEPA, Nico Scholton.

En réponse à la crise du VIH/SIDA, le Gouvernement du Mozambique a lancé un Plan national d'action pour les orphelins et les enfants à risque. Le plan garantit l'accès aux services sociaux de base, des subventions et une amélioration de la législation foncière et des droits de succession aussi bien que des médicaments anti-rétroviraux pour ceux ou celles qui vivent avec le VIH/SIDA.

Il reste encore du chemin à faire. Les projections sur la croissance des taux de prévalence du virus VIH au Mozambique – actuellement à 16% de la population selon les dernières statistiques – montrent qu'un nombre considérable d'enfants est menacé à moyenne échéance. Pour tous ceux qui travaillent au soutien des enfants,  il est vital de mettre en place des filets de sécurité le plus rapidement possible.


 

 

Vidéo (en anglais)

30 mars 2006 :
le reportage de la correspondante de l'UNICEF, Sarah Crowe, sur le sort des enfants orphelins du VIH/SIDA au Mozambique.

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