En bref : Maroc

La Reine Rania, Eminent défenseur des enfants, partage les succès du Maroc

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La Reine Rania de Jordanie (au centre) et la Princesse Lalla Salma, épouse de sa Majesté le Roi Mohammed VI du Maroc, visitent l’école primaire Fkih Mohamed Tahiri près de Fès.

Fès, Maroc, 1er juin 2007 – Le Maroc est fermement engagé à offrir à ses enfants une éducation de qualité, une protection et une vie décente. Durant sa visite officielle au Royaume, Sa Majesté la Reine Rania de Jordanie s’est rendue sur le terrain et a pu y observer plusieurs programmes novateurs en cours d’exécution.

Accompagnée par Son Altesse Royale la Princesse Lalla Salma du Maroc, la Reine Rania a visité -- en qualité de Défenseur éminent des enfants, un titre conféré pour la première fois par l’UNICEF – l’école Fkih Mohamed Tahiri qui offre à des filles retirées des unités de tissage l’occasion d’acquérir une éducation scolaire et d’être réunie avec d’autres enfants.

L’école fait partie d’un programme modèle lancé par son Altesse Royale la Princesse Lalla Meryem, Présidente de l’Observatoire National des Droits de l’Enfant  (ONDE). Connu sous le nom de Programme de prévention et d’élimination du travail des enfants, il est soutenu par le Programme international pour l’élimination du travail des enfants (IPEC) et l’UNICEF.

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La Reine Rania parle à une des filles inscrites à un centre d’enseignement non traditionnel à Ain Haroun, près de Fès. Le centre est géré par le Croissant-Rouge marocain avec l’appui de l’UNICEF.

Du tissage de tapis aux études 

Khadija, 10 ans, une ancienne tisseuse de tapis, va à l’école de Fès depuis trois ans.

« A l’âge de cinq ans, a-t-elle raconté à la Reine Rania et à la Princesse Lalla Salma, toutes les deux assises à ses côtés, j’ai commencé à travailler dans les ateliers de tissage pour aider ma famille. » Khadija a alors expliqué que sa famille comprenait trois autres enfants toujours employés dans des ateliers d’artisanat, son père et sa belle-mère.

« J’étudie bien à l’école et je suis très contente d’avoir quitté l’atelier où je travaillais plus de 11 heures par jour, dit-elle. La maâlma (contremaître) me frappait avec un tuyau chaque fois qu’elle remarquait que je ralentissais ».

Comme la majorité des filles de son âge, Khadija était payée 8 dollars pas mois (100 DH), le temps nécessaire pour faire un tapis qui requiert le travail de sept autres petites filles.

L’école de la deuxième chance

Le programme contre le travail des enfants a transformé la vie de Khadija et de quelque 700 autres enfants de moins de 12 ans à Fès. Mais tous les enfants marocains n’ont pas eu la même chance. Le Maroc continue encore à compter plusieurs autres milliers d’enfants exploités dans d’autres secteurs d’activités. Selon les chiffres de l’enquête sur l’emploi de l’an 2000, 11 % des enfants de 7 à 14 ans travaillent, soit 600 000 enfants. Plus de la moitié d’entre eux n’ont jamais franchi les grilles d’un établissement scolaire.

 A la suite de leur visite de l’école Fkih Mohamed Tahiri, la reine et la Princesse Lalla Salma sont allées au Centre du Croissant-Rouge pour l’éducation non scolaire – un autre programme appuyé par l’IPEC et l’UNICEF – et qui s’adresse aux filles de plus de 12 ans qui travaillent.

Fadila, 15 ans, a rejoint le centre du Croissant Rouge il y a trois ans. « Je viens d’une famille de sept enfants et continue encore à travailler dans un atelier de tissage où j’ai commencé à l’âge de sept ans ». Sa « maâlma » l’autorise à venir deux fois par semaine au centre. Se frottant les mains, durcies par le travail, elle déclare avec fierté qu’elle peut maintenant écrire et lire en arabe et en français.

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La Reine Rania et la Princesse Lalla Salma assissent parmi des filles de l’école primaire l’école primaire Fkih Mohamed Tahiri soutenue par l’UNICEF.

Plus de 1 300 enfants bénéficient du programme

A partir de 1997 et en collaboration avec la Ligue Marocaine pour la Protection de l’Enfance et le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), l’UNICEF a entrepris des études et enquêtes sur la problématique du travail des enfants au Maroc et particulièrement le travail domestique des petites filles et le travail des enfants dans le secteur de l’artisanat.

Suite à une analyse de la situation des enfants vulnérables dans la ville de Fès en 1999, l’exploitation des enfants dans le secteur de l’artisanat est ressortie comme une forme grave du travail de l’enfant par la nature dangereuse des tâches effectuées et des risques physiques et psychologiques encourus par les enfants

Un plan d’action fut ainsi développé sous l’égide de l’Observatoire national des droits de l’enfant (ONDE), la Délégation du Ministère de l’Artisanat et de la Wilaya (préfecture) pour convaincre les associations professionnelles, les employeurs et les familles à adhérer à un plan local visant à prévenir et arrêter le recrutement des enfants de moins de 12 ans. Le plan prévoyait également de mettre fin au recrutement d’enfants par des employeurs et de permettre aux enfants de 12 ans et au-delà de gagner de l’argent et d’apprendre.

D’autres partenaires se sont joints à l’initiative, dont les Ministères de la Santé, de l’Education et du Travail, des organisations de la société civile et les enfants eux-mêmes.

En 2002, un comité multisectoriel a été formé pour développer le plan. En 2003, l’Organisation internationale du Travail/IPEC se sont joints au projet. Cinq années plus tard, le projet a touché un total de 1313 enfants.

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La Reine Rania avec un groupe de filles de l’école primaire Fkih Mohamed Tahiri.

Contre la pauvreté et l’exclusion

Ces dernières années, plusieurs mesures ont été prises par le Gouvernement marocain et la société civile visant à lutter contre les différentes formes du travail de l’enfant, notamment la révision de la législation nationale pour la rendre plus conforme à ses engagements internationaux. Le nouveau code du travail a ainsi relevé l’âge d’accès au travail de 12 à 15 ans et alourdi les sanctions à l’encontre des personnes employant des enfants. De même, le code pénal a introduit de nouvelles dispositions qui sanctionnent ceux qui exploitent ou encouragent l’exploitation des enfants.

En 2001, grâce à la campagne de sensibilisation lancée sous la présidence de Sa Majesté la Princesse Lalla Meryem, un débat national focalisé sur le travail des petites filles domestiques s’est effectivement instauré. Un projet de loi interdisant l’emploi de fillettes de moins de 15 ans pour les travaux domestiques est aujourd’hui dans le circuit législatif et des conventions ont été signées entre l’ONDE et des partenaires publics et privés pour le renforcement des activités génératrices de revenu au profit des familles qui retirent de chez leurs employeurs leurs filles qui travaillent comme domestiques.

Plus tard, au cours de sa visite, la Reine Rania a pu s’enquérir d’un autre organisme qui lutte contre la pauvreté et l’exclusion, la Fondation Mohamed V pour la Solidarité, établie en 1999 par sa Majesté le Roi Mohamed VI. Dans un centre d’éducation pour jeunes filles démunies, Dar Al Fatat, on lui a présenté la mission de la fondation.

La Reine de Jordanie a également visité un foyer d’étudiantes, Dar Taliba, qui bénéficie d’un financement de la Fondation Mohamed V.  Ce foyer abrite des filles issues de familles démunies et particulièrement du milieu rural qui, grâce à cette aide, peuvent continuer leurs études.


 

 

Vidéo (en anglais)

1er juin 2007:
La correspondante UNICEF Rachel Warden parle de la visite de la Reine Rania des programmes d'éducation et de protection pour les enfants du Maroc.
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