Monténégro

Au Monténégro, une campagne qui encourage l'insertion des enfants handicapés dans la société produit des résultats positifs

Par Jelena Perovic

PODGORICA, Monténégro, 15 décembre 2011 – Le Premier ministre du Monténégro, Igor Luksic, et le représentant de l'UNICEF, Benjamin Perks, ont fait connaître cette semaine l'impact d'une campagne sans précédent qui encourage l'insertion des enfants handicapés dans la société.

VIDÉO (en anglais) : le reportage du correspondant de l'UNICEF, Momir Krivacevic, sur une campagne sans précédent ayant pour but d'insérer les enfants handicapés dans la société.

 

« Une question de capacités », lancée en septembre 2010 par le Premier ministre, le Chef de la Délégation européenne et l'UNICEF, avait pour but de donner à l'insertion un visage, un visage d'enfant.

« Grâce à la campagne "Une question de capacités", et avec l'aide des  parents et des autres membres de la société, nous avons créé une famille sociale pour les enfants handicapés », a déclaré le Premier ministre, Igor Luksic, dans un Théâtre national bondé, à l'occasion de la présentation des résultats d'une enquête menée à la suite de la campagne. « Les résultats et la continuité de la campagne me rendent personnellement heureux car nous allons créer davantage de nouvelles possibilités en faveur de l'insertion complète des enfants handicapés dans notre société ».

Changement de comportement

La participation des enfants et des partenariats avec plus de 100 organisations nationales et étrangères a permis de surmonter les obstacles et de changer les mentalités. Une enquête sur les connaissances, les attitudes et les pratiques conduite en novembre 2011 a évalué l'impact de la campagne et les résultats  se sont avérés prometteurs. 

Image de l'UNICEF
© UNICEF/ Montenegro/ 2011/ Dusko Miljanic
Le Premier ministre, Igor Luksic, en compagnie de parents et d'enfants handicapés.

Selon l'enquête, un habitant du pays sur quatre a changé son comportement de façon positive envers les enfants handicapés en 2011 à la suite de la campagne. Les habitants ont aussi affirmé qu'il communiquaient à présent plus facilement avec les enfants et les personnes handicapés. 

En outre, le pourcentage d'habitants qui considèrent les enfants handicapés comme des membres à part entière de la société a progressé de plus de 18 pour cent depuis le lancement de la campagne. On a observé aussi un accroissement régulier du nombre d'habitants qui accepteraient que des enfants handicapés et non handicapés vivent dans la même localité ou la même rue, partagent la même salle de classe, jouent ensemble ou deviennent même copains.

Membres indispensables de la société

Une élève de l'Institut pour l'éducation et la réinsertion des enfants handicapés âgée de 17 ans, Nevena Kovacevic, était l'animatrice de cette manifestation pas comme les autres se déroulant au Théâtre national et a accueilli les invités de la part de tous les enfants monténégrins.

Image de l'UNICEF
Des élèves d'un cours de danse et des enfants handicapés dansent ensemble sur l'air de la chanson : « Une question de capacités ». Un chœur d'enfants atteints de handicap de la parole et de l'ouïe interprète les couplets en langage des signes.

« C'est pour moi la première fois que je suis animatrice d'une manifestation aussi exceptionnelle que celle-ci, a-t-elle expliqué après.  J'avais imprimé toutes mes notes en Braille afin de les lire pour le cas où j'oublierais ce que j'allais dire, mais tout s'est bien passé et c'était vraiment très bien ».

Le représentant de l'UNICEF, Benjamin Perks, a souligné qu'il était important de faire le lien entre la campagne et la réforme des services de protection de l'enfance, les systèmes d'éducation intégrée et l'action des autorités locales et des organisations de la société civile. Il a présenté des exemples de développement de classes intégrées dans des écoles primaires et secondaires, d'actions sociales faites pour épauler des familles ainsi que le cas d'une garderie d'enfants handicapés, dans la localité de Pljevlja, au nord du Monténégro, principalement destinée à ceux qui ne peuvent pas aller dans les écoles traditionnelles.

« Cela peut être un outil puissant capable de modifier la situation des enfants handicapés dans notre société », a affirmé Benjamin Perks. « Ce que l'on peut observer, c'est une allongement du cycle de vie de la campagne “Une question de capacités’’, la multiplication par neuf en 2010 du nombre de parents permettant à leurs enfants d’accéder à une éducation inclusive par rapport aux années précédentes ».

Image de l'UNICEF
Le représentant de l'UNICEF au Monténégro, Benjamin Perks, s'entretient avec des enfants handicapés lors d'une exposition photographique.

Des possibilités pour tous les enfants

À cette occasion, une chanson intitulée « Une question de capacités », composée par l'Ambassadeur national de l'UNICEF pour le Monténégro, Rambo Amadeus, a été exécutée en public pour la première fois. Des élèves d'un cours de danse et des enfants handicapés ont dansé ensemble, accompagnés par la chanson, alors qu'un choeur d'enfants atteints de handicap de la parole et de l'ouïe interprétaient les couplets en langage des signes. 

Le public a aussi pu voir une exposition photographique de jeunes athlètes handicapés en vue qui ont participé aux Jeux olympiques spéciaux et aux Jeux paralympiques ; il a pu les rencontrer lors de la manifestation.

La campagne se poursuivra en 2012 de concert avec la réforme des secteurs de protection de l'enfance et de l'éducation. Le but est de donner à tous les enfants la possibilité de se développer et de parvenir à leur plein potentiel dans un Monténégro plus juste.


 

 

Recherche