En bref: Mexique

A Mexico, prévenir la violence et faire baisser les taux d’abandon scolaire

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
Dans une classe de Mexico, de jeunes enfants placent des lettres en papier les unes à côté des autres pour former des mots. Cela fait partie d’un projet nommé Education pour la paix et soutenu par l’UNICEF.

Par Malcolm Linton

VILLE DE MEXICO, Mexique, 9 Janvier 2005 – Dans une classe de la capitale du Mexique, des groupes d’enfants font glisser ensemble des bouts de papier sur lesquels des lettres ont été écrites. Le but est d’épeler des mots à haute voix - mais l’importance de cette classe est plus de transmettre des valeurs humaines que d’apprendre l’orthographe. Un de ces mots est « violence », et l’enseignant leur rappelle que des actes de violence peuvent survenir partout, même chez eux.

C’est grâce à des classes comme celle  de l’Escuela Martires de la Libertad (Ecole des Martyrs de la Liberté), que Diana-Karin, 7 ans, cherche déjà les moyens de désamorcer les crises de violence en famille.

« Si le père rentre ivre, tu dois l’empêcher de repartir boire, dit-elle. Comme ça, il s’arrêtera de boire et ne te frappera plus. »

La leçon fait partie du projet appelé « Education pour la paix », soutenu par l’UNICEF. Il est conçu pour réduire le nombre d’enfants qui abandonnent l’école à cause de la violence dont ils sont victimes chez eux mais aussi à l’école car il arrive que des enseignants ou d’autres élèves s’en prennent à eux.

« Ici, à Mexico, on a compris que la violence est une des raisons principales qui fait que les enfants ne vont plus à l’école et qu’il y a un taux élevé d’abandon scolaire, en particulier au niveau du secondaire, », explique Annalisa Brusati, de l’UNICEF, qui coordonne ce projet à Mexico.

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Un enseignant dirige une classe d’enfants à Mexico, une ville où la violence, qu’elle ait lieu à l’école ou à la maison, entrave les efforts d’éducation.

Avant même l’âge de 15 ans, plus d’un enfant sur 25 vivant à Mexico a abandonné ses études. Au total, ils seraient plus de 64 000.

« Nous savons que beaucoup d’enfants ne vont plus à l’école, car ils sont trop pauvres… ils doivent aller travailler », affirme Theresa Kilbane, la responsable de la protection de l’enfant au bureau de l’UNICEF à Mexico. Mais un nombre significatif quitte l’école à cause d’enseignants et de parents violents. »Au cours du passage des enfants dans les classes, le projet Education pour la paix a invité un groupe de parents. Seulement six sont venus à la première réunion fin juin mais aujourd’hui, 22 y participent. Ils discutent de la façon de reconnaître la violence dans leur propre foyer et d’éviter de la diriger contre leurs enfants.

« Je crois que nous sommes vraiment en train de motiver les parents, ils changent, » constate Silvia Sepulveda Arteaga, une enseignante qui menait les entretiens. « En fait, quand j’ai commencé à suivre ce cycle, je me suis aperçue que je devenais moins violente avec mes propres enfants. »

Seulement neuf écoles participaient au démarrage du projet en 2001, mais il s’est avéré si populaire que maintenant on en compte plus de 1 500. Un autre signe positif, dit Mme Brusati, c’est que le Gouvernement mexicain prévoit de prendre en charge le projet en 2006.

« En peu de temps, nous avons énormément grandi »,  explique Malu Valenzuela, de l’Organisation pour l’éducation des femmes (Grupo de Educacion Popular de Mujeres), Cette organisation a créé l’Education pour la paix et l’anime tous les jours. « Les gens ont répondu positivement à nos enquêtes, que ce soit les parents ou les enseignants. »

Kilbane dit qu’elle espère que dans l’avenir le projet s’élargira à l’ensemble du pays, dans les villages et les autres villes, où le niveau de violence et l’absentéisme à l’école sont probablement plus élevés que dans la capitale. 


 

 

Vidéo (en anglais)

9 janvier 2006:
Le correspondant de l’UNICEF Malcolm Linton explique comment le projet soutenu par l’UNICEF et connu sous le nom de Education pour la paix incite les enfants de Mexico à retourner à l’école et à y rester.

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