L’UNICEF redoute que l’éducation, après avoir progressé, ne perde du terrain.
KABUL/GENÈVE, 2 août 2006 – L’UNICEF a averti aujourd’hui que les écoles d’Afghanistan sont la cible d’attaques de plus en plus violentes et a fait valoir que ces attaques, jusqu’à récemment cantonnées à la région du sud et du sud-est, concernaient maintenant toutes les provinces. On a signalé entre autres, 1 ataque de misile, 11 explosions, 50 incendies d’école et 37 menaces contre des écoles et des communautés..
A la mi-juillet 2006, la base de données de l’UNICEF sur les incidents concernant les écoles – un système de suivi géré par l’UNICEF – comptait 99 cas. Un nombre particulièrement alarmant quand on sait qu’il est six fois plus élevé que pour la même période de l’année 2005. Six enfants sont morts à cause de cette violence.
Certes l’UNICEF et le Gouvernement afghan prennent des mesures de protection des enfants et des écoles mais les derniers incidents sont de plus en plus inquiétants. Le système de l’enseignement en Afghanistan reste fragile après des années de troubles politiques, de refus de l’éducation des filles sous le régime des Taliban, et suite au conflit pour les chasser du pouvoir, un conflit qui continue.
« Après tout ce qu’ont subi les enfants d’Afghanistan, il est odieux de les exposer à cette terrible violence, a déclaré M. Bernt Aasen, Représentant de l’UNICEF en Afghanistan, les enfants d’Afghanistan ont droit à une éducation. Les menaces, les intimidations et les violentes attaques contre les écoles sapent l’avenir même de la société afghane ».
L’UNICEF a demandé à toutes les parties de cesser de s’en prendre aux enfants, au personnel enseignant et aux écoles.
En mars 2002, les élèves afghans avaient donné l’espoir aux enfants non scolarisés du monde entier lorsque 1,5 million d’entre eux étaient retournés à l’école. Fin décembre 2005, ce nombre était passé à 5,1 millions. Encore plus impressionnant, 1,5 million de filles, victimes de discriminations sous le régime du Taliban, étaient retournées à l’école, en dépit de nombreux obstacles.
Aujourd’hui, les écoles ferment leurs portes, les élèves restent chez eux et les progrès sont compromis. Dans quatre provinces du sud du pays, on estime que 100 000 enfants ne peuvent aller en classe parce que les écoles sont fermées. Les enfants et les enseignants sont de plus en plus souvent menacés et leur droit à apprendre et enseigner en toute sécurité est bafoué.
Face à ces défis, l’UNICEF, le Ministère de l’éducation et d’autres partenaires ont créé un groupe de travail spécial chargé de mettre au point des solutions qui renforceront la protection des élèves, enseignants, personnel administratif des écoles et écoles elles-mêmes et permettront une intervention rapide en cas d’incident. Il s’agit entre autres de :
En cas d’incident, l’UNICEF, si les conditions de sécurité le permettent, sera sur place dans les 72 heures et, en moins de cinq jours, donnera des tentes pour servir de classe, du matériel d’enseignement et d’apprentissage, des tableaux, de la craie, des tapis de sol, le but étant de rétablir le fonctionnement normal des écoles et d’y faire retourner les enseignants et les enfants le plus vite possible.
Lorsque des gros travaux de réparation ou de construction sont nécessaires, l’UNICEF prendra d’autres mesures, de concert avec le Département de l’éducation de la province concernée et le Ministère de l’éducation.
L’UNICEF a déjà alloué des fonds de réhabilitation d’urgence à chacun de ses bureaux de zone pour la réparation des écoles incendiées ou endommagées, et les communautés apportent également leur appui aux efforts de réhabilitation. Sur le terrain, des liens étroits se sont tissés entre les divers organismes travaillant pour l’éducation, avec l’appui direct des Directeurs de l’éducation aux niveaux de la province et du district, de façon à assurer le retour le plus rapide possible dans les écoles.
« Nous ne saurions permettre que les progrès accomplis, grâce auxquels 5,2 millions d’enfants ont accès à une éducation de qualité, soient réduits à néant parce que nous n’avons fait suffisamment d’efforts pour protéger le droit des enfants à étudier dans un environnement sûr », a affirmé M. Aasen.
L’UNICEF a salué les efforts déployés par le gouvernement et ses partenaires pour faire des écoles afghanes un lieu où l’on apprend et non pas un lieu où l’on a peur.
« Si nous voulons que nos enfants deviennent des adultes qui refuseront la violence, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que les écoles soient aussi sûres que possible », a dit M. Aasen.
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