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Communiqué de presse

Le VIH/SIDA met en péril les progrès accomplis en Ukraine

Les carences en iode nuisent également à la santé des jeunes

Kiev/New York/Genève, le 11 mai 2004 – Quelque 250 000 d’Ukrainiens sont  porteurs du virus VIH et l’Ukraine est menacée par une épidémie  de VIH/SIDA de grande ampleur, a annoncé l’UNICEF à l’occasion de la visite officielle dans ce pays de sa Directrice générale, Carol Bellamy. En outre, une grande proportion de la population est affligée d’une série de troubles dus à une carence en iode.

« Le taux de prévalence du VIH en Ukraine est l’un des plus élevés d’Europe de l’Est, a fait valoir Mme Bellamy,  mais le plus alarmant, c’est la vitesse à laquelle il se propage, ce qui affecte les enfants et adolescents de manière disproportionnée».

En Ukraine, le VIH se propage surtout par le partage de seringues contaminées pour l’injection de drogues par intraveineuse et, dans une proportion moindre mais croissante, par des rapports sexuels sans protection chez les jeunes. La transmission du VIH de la mère à l’enfant est passée de 2 pour cent des infections totales en 1997 à 13 pour cent en 2001, et si 57 % des infections sont recensées chez les individus de sexe masculin, on compte de plus en plus de jeunes femmes séropositives.

« Les dirigeants nationaux et locaux doivent intervenir immédiatement et de façon concrète, avec l’aide de la communauté internationale, contre l’extrême vulnérabilité des jeunes face au VIH », a dit Mme Bellamy.

La crise du SIDA en Ukraine s’inscrit dans un tableau régional plus vaste.

Dans son ensemble, l’Europe de l’Est a enregistré 1 300 pour cent d’augmentation de son taux de prévalence de l’infection à VIH entre 1996 et 2001, un rythme choquant, et cela dans un contexte d’agitation sociale, d’inégalités grandissantes et d’un élargissement des réseaux de trafic de drogue.

 « Il y a beaucoup trop de jeunes accablés par la pauvreté, un chômage élevé et un avenir sans espoir, a dit Mme Bellamy. C’est de cela que se nourrit le trafic de drogue, qui, à son tour, nourrit l’épidémie de VIH. »

Dans la région, plus de 80 pour cent des personnes vivant avec le VIH/SIDA ont moins de trente ans, alors qu’en Europe de l’Ouest et des Etats-Unis, la proportion de jeunes de moins de 30 ans au sein de la population séropositive se monte à 30 pour cent seulement.

L’accès aux rares services disponibles est particulièrement limité pour les jeunes, surtout pour les groupes comme les toxicomanes ou les  personnes qui travaillent dans l’industrie du sexe. Les membres des groupes à risque sont souvent victimes de rejet ou d’exclusion sociale, quand ils ne sont pas incarcérés, ce qui accélère encore la propagation du VIH. Moins de cinq pour cent des toxicomanes par voie intraveineuse ont accès à des programmes ou des services destinés à réduire leurs risques d’infection au VIH.

« Cette situation est obscène : ce sont les personnes les plus vulnérables qui ont le moins de chance de trouver le soutien dont elles ont besoin pour prévenir la contamination par VIH », a constaté Mme Bellamy. Un sondage de l’UNICEF montre que moins de 70 pour cent des adolescents ukrainiens savent que les préservatifs constituent un bon moyen de prévention. Nombreux sont les jeunes Ukrainiens qui ne savent pas que l’abstinence sexuelle, la diminution du nombre de partenaires sexuels ou le renoncement aux drogues injectables diminuent les risques.

Un régime pauvre en iode

Bien que l’Ukraine produise et exporte du sel iodé, moins de 20 pour cent des ménages en consomment suffisamment pour éviter les carences. Une étude datant de 2002 confirme la présence d’une légère carence en iode dans tout le pays, et de graves problèmes dans le nord et l’ouest. Cela se traduit par un amoindrissement des capacités mentales chez les enfants, avec d’énormes conséquences sur la croissance et la prospérité futures du pays.

« On peut facilement éliminer les troubles dus à une carence en iode, a rappelé Mme Bellamy. L’équivalent d’une cuiller à café d’iode répartie sur toute une vie suffit à protéger un individu. Le sel iodé est considéré dans le monde entier comme le moyen le plus efficace, le plus sûr et le moins coûteux de toucher les populations. » Les législateurs d’Ukraine doivent intervenir pour que tout le sel produit dans le pays soit désormais iodé.

Les carences en iode ont aggravé les effets dévastateurs de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, en 1986. Le manque d’iode a fragilisé les Ukrainiens contaminés par l’iode radioactive lâchée dans l’atmosphère suite à l’explosion, ce qui a provoqué une augmentation des cancers de la thyroïde.

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L’action de l’UNICEF

Pour être en mesure d’enrayer l’épidémie de VIH/SIDA et de trouver une solution au problème des carences en iode, les dirigeants de l’Ukraine à tous les niveaux et dans tous les secteurs devront se mobiliser.

L’UNICEF travaille avec le Gouvernement ukrainien pour la prévention de la transmission du VIH du parent à l’enfant, qui est maintenant incluse dans les programmes nationaux de prévention du SIDA. La couverture des femmes enceintes séropositives, avec services de prévention et de soins, s’est beaucoup améliorée, passant de 9 pour cent en 1999 à 91 pour cent en 2002.

L’UNICEF demande que l’on fasse mieux connaître le VIH/SIDA aux enfants et adolescents et qu’on leur enseigne les réflexes nécessaires pour éviter les comportements à risque et il fournit un soutien technique en ce sens. La multiplication des services de prévention pour les groupes à risque, y compris les utilisateurs de drogue injectable, ainsi que pour l’ensemble de la jeunesse, représente une priorité absolue.

L’UNICEF appuie une campagne nationale pour une iodation systématique du sel d’ici à 2005 par le biais d’activités de plaidoyer et de communication et des campagnes médiatiques. L’UNICEF cherche à obtenir des appuis politiques pour cette campagne, à créer une demande de sel iodé chez des consommateurs informés et à persuader les producteurs et fabricants des avantages commerciaux du sel iodé.

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Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à :
Dmytro Konyk, Chargé de la Communication, Kiev, 380 44 254 2450,
Liza Barrie, Conseillère en Communication, VIH/SIDA, NY, 212 326 7593,
Marixie Mercado, UNICEF Média, NY 212 326 7133


Depuis près de 60 ans, l’UNICEF est le principal défenseur de la cause des enfants. En menant des programmes sur le terrain dans 158 pays, il aide les jeunes à survivre et à s’épanouir, de leur plus jeune âge jusqu’à la fin de l’adolescence. Premier fournisseur mondial de vaccins aux pays pauvres, l’UNICEF travaille pour la santé et la nutrition des enfants, une éducation de base de qualité pour tous les garçons et toutes les filles, et la protection des enfants contre la violence, l’exploitation et le VIH/SIDA. L’UNICEF est entièrement financé par des contributions volontaires de particuliers, d’entreprises, de fondations et de gouvernements.


 

 

 

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