Mauritanie

Encourager le rapatriement des enfants jockeys en Mauritanie

Image de l'UNICEF: Mauritania, child camel jockeys
© UNICEF video
Des enfants en cours de rattrapage dans une école pour d’anciens jockeys de chameaux en Mauritanie.

Par Brahim Auld Isselmou

NOUAKCHOTT, Mauritanie, 25 juin 2007 – Comme de nombreux enfants de son âge, Yacoub, 11 ans, a du mal avec sa scolarité. A la différence des autres enfants, cependant, Yacoub n’a commencé à aller à l’école il y a deux ans seulement. Il a récemment été rapatrié des Emirats arabes unis, où il a passé ses plus jeunes années à travailler comme jockey dans des courses de chameaux.

Maintenant, Yacoub étudie dans une école spéciale pour d’anciens jockeys comme lui. Sur son front, on peut voir une grosse cicatrice, causée par les nombreuses chutes qu’il a faites lors de ces courses. Ces chutes ont également endommagé sa vision, ce qui fait que c’est encore plus dur pour lui d’étudier.

Des centaines de jeunes Mauritaniens comme Yacoub ont été victimes de la traite, envoyés à l’étranger pour y travailler comme jockeys.

« Dans des pays comme les Emirats arabes unis (EAU) et d’autres ayant la même culture nomade, les courses de chameaux font partie de la tradition », explique le Représentant de l’UNICEF en Mauritanie, Dr Souleymane Diallo. « Les enfants sont choisis comme jockeys parce qu’ils sont légers et qu’ils connaissent très bien les chameaux depuis qu’ils sont tout petits ».

Ramener les enfants chez eux

Récemment, le Gouvernement des EAU a pris plusieurs mesures pour mettre fin à cette forme d’exploitation des enfants et a interdit l’emploi d’enfants de moins de 16 ans comme jockeys.

Suite à cette interdiction, Yacoub et 20 autres enfants ont été rapatriés en Mauritanie, leur pays d’origine et nombre d’entre eux ont été réunis avec leur familles. Cherif Ahmed, qui vient d’une communauté pauvre de Nouakchott, fait partie de ces enfants.

Image de l'UNICEF: Mauritania, child camel jockeys
© UNICEF video
Yacoub, qui travaillait comme jockey de chameau, est finalement réuni avec sa famille en Mauritanie.

Le père de Chérif était décédé et c’est sa grand-mère qui l’a envoyé aux EAU parce que sa famille était très pauvre et avait besoin d’argent. Comme la plupart des enfants jockeys rapatriés, lorsque Cherif est rentré chez lui, il ne savait plus parler que bengali.

« Il m’a dit qu’il avait passé des nuits et des nuits à pleurer et à demander à sa famille de le ramener chez lui », dit la mère de Cherif. « Quand il est revenu en Mauritanie, nous l’avons inscrit à l’école locale et il réapprend notre langue petit à petit ».

Aborder le fonds du problème

Avec l’appui de l’UNICEF, les Gouvernements des EAU et de la Mauritanie ont mis en place un programme transfrontières destiné à aider ces enfants jockeys.

Comme la pauvreté est au coeur du problème, le Gouvernement des EAU a offert une compensation financière aux familles affectées. Et il les aide également en leur proposant des activités génératrices de revenus.

« Le projet répond aux besoins de la communauté et leur offre des services de base, surtout dans les villages isolés et marginalisés », dit le Dr Diallo. « C’est la seule manière d’éviter que d’autres enfants soient envoyés là-bas ».

 



 

 

Vidéo (en anglais)

21 juin 2007
La correspondante de l’UNICEF Kun Li présente les efforts de réinsertion des anciens enfants jockeys en Mauritanie.
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