Mauritanie

La crise cachée de la Mauritanie

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
Un enfant boit du lait thérapeutique dans un centre soutenu par L’UNICEF en Mauritanie.

Par Sarah Crowe

REGION DE GORGOL, Mauritanie, 30 septembre 2005 – Des invasions de criquets et des changements climatiques radicaux contribuent à la crise alimentaire silencieuse que traverse la Mauritanie, un vaste pays situé aux confins occidentaux du Sahara.

Depuis des années, ce pays peu peuple est accablé de problèmes divers, maladies, sécheresses, et même périodes de froid intense. Ce temps capricieux a tué la plus grande partie du bétail et il reste bien peu d’animaux pour profiter des pluies récentes.

Quand les récoltes sont perdues et que les animaux meurent, les hommes du village sont forcés de partir chercher du travail ailleurs.

Alassan Yero, le chef du village de Weddeje Bokki, est inquiet. « Pour un chef, ce que j’entends est troublant, parce que ces hommes n’ont pas d’autre choix que de partir. Et chaque fois que l’homme part, il laisse sa famille dans une mauvaise situation », dit-il.

Les pertes de récolte et de bétail mettent en danger les enfants du village. Une des mères, Mounoumuin Minb, avait un troupeau de 200 chèvres, mais quand un coup de froid les a tuées, son mari a dû partir chercher du travail. Mme Minb dit que ses enfants sont sous-alimentés.

« Après le froid et la sécheresse, les enfants sont tous devenus très faibles et incapables de marcher ou de parler. C’est à ce moment-là que nous avons perdu tous nos animaux. Je veux que Dieu change cette situation, » dit Minib.

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Le changement climatique et une météo capricieuse menacent les récoltes qui assurent l’alimentation des enfants de Mauritanie.

La longévité d’une crise cachée

Pour la nourriture quotidienne de ses enfants, elle dépend d’un centre d’alimentation du gouvernement où l’UNICEF fournit du lait en poudre et enseigne aux gens du pays comment préparer du lait thérapeutique pour les enfants. Ceux qui sont gravement sous-alimentés sont envoyés à un centre d’alimentation thérapeutique où leurs progrès sont suivis avec soin.

« C’est une crise cachée car elle dure depuis longtemps, depuis presque plus de dix ans. La Mauritanie n’est pas capable de répondre aux besoins de sa population, » dit le Représentant de l’UNICEf en Mauritanie, le docteur Souleymane Diallo. « Dans le meilleur des cas, elle ne produit que quarante pour cent de ce qui est nécessaire à sa population. Cela signifie qu’ils doivent toujours importer de la nourriture pour les femmes et les enfants. »

L’UNICEF aide également à envoyer plus d’enfants à l’école, car l’avenir du pays repose en dernière instance sur les jeunes générations. Et envoyer filles et garçons à l’école aidera la Mauritanie à assurer un meilleur avenir à ses citoyens.

Mais pour le moment, le pays est en crise. Les cultures meurent, les hommes partent chercher du travail à Nouakchott, la capitale, les familles se disloquent et comptent sur l’aide que fournissent l’UNICEF et d’autres organisations.


 

 

Vidéo (en anglais)

30 septembre 2005 :
Le reportage de Sarah Crowe, correspondante de l’UNICEF, sur la crise cachée en Mauritanie; terres arables et vies menacées.

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