Madagascar

À Madagascar, les enfants des villes expriment leurs besoins grâce à la vidéo

Par Narindra Raharijaona

The OneMinutesJr. est une initiative artistique pour la jeunesse qui enseigne aux jeunes comment  saisir  leurs opinions sur la  vidéo. Le projet, conduit par l’UNICEF et son partenaire, The One Minutes Foundation, produit des vidéos one-minute depuis 2002. Cliquez ici pour avoir plus d'informations sur le projet.

ANTANANARIVE, Madagascar, 14 mai 2012 - Fanomezanjanahary Lantoniaina est née et a grandi dans la banlieue de la capitale de Madagascar. Elle est assise dans la salle de formation de l'Institut français d’Antananarive à Madagascar, où elle attend avec impatience le début de l'atelier vidéo OneMinutesJr. de l'UNICEF.

VIDÉO (en anglais) : découvrez 'Reality', la vidéo OneMinutesJr. réalisée par Laza Randrianarivelo Mampionona, 19 ans, lors de l’atelier Madagascar 2012.

 

Elle est l’une des quelques adolescents venus à l'Institut pour apprendre à faire des films courts. Quoiqu'ils aient des talents et des intérêts variés, ils ont une chose en commun : Ils vivent dans la pauvreté et ont peu ou pas accès aux services sociaux de base. Et, contrairement à ses amis présents dans la pièce, Lantoniaina doit surmonter un obstacle supplémentaire - elle est malentendante et partiellement muette.

Malgré son incapacité, elle est déterminée à utiliser son film pour montrer qu'elle ressemble aux autres enfants, en rêvant d'un avenir meilleur. Lantoniaina a une passion pour la danse, mais son père ne lui permet pas de pratiquer de crainte qu'elle ne fasse une chute. Quand elle a invité son père à assister à une représentation de danse, celui-ci a été étonné qu'elle ne tombe pas et est devenu fier de son talent. Son film défend le droit de jeunes handicapés à s'exprimer, soutenant leur droit à ne pas être exclus, même des activités que l'on pourrait considérer comme « dangereuses » ou au-delà de leurs capacités.

Le projet OneMinutesJr.

Le projet OneMinutesJr., un partenariat de la One Minutes Foundation et de l'UNICEF, Fournit aux jeunes entre 12 et 20 ans une plate-forme pour s'exprimer dans des vidéos d'une minute. À l’occasion du premier atelier OneMinutesJr. de Madagascar, qui s’est déroulé à Antananarive en mars 2011, un groupe d’artistes internationaux a formé des artistes et des cinéastes locaux sur la manière de conduire un atelier OneMinutesJr. L’atelier OneMinutesJr. de cette année a eu lieu du 2 au 6 avril, et était animé les cinéastes amateurs Mamihasina Raminosoa et Johnattan Maminirina Rabarijaona. Dix-neuf jeunes gens de différentes associations ont suivi l’atelier, qui était centré sur le thème de de la vie dans une grande ville.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Madagascar/2012/Raharijaona
Les participants à l’atelier OneMinutesJr. Madagascar 2012 apprennent l’utilisation d’une caméra.

Le groupe a appris à écrire un scénario, utiliser une caméra et produire une vidéo courte. Bien que la plupart a rapidement  reconnu que ce ne serait pas chose facile, le défi était le bienvenu. Chacun des jeunes a pris à tour de rôle la place d'acteur, de metteur en scène et de cameraman.

« Il s’agit d’une opportunité inestimable pour ces jeunes qui auparavant n'avaient jamais vu de film ou même tenu de caméra dans leurs mains », explique Daniel Timme, le chef des Relations externes  et des médias à l'UNICEF Madagascar. « C'est aussi une occasion pour des spectateurs de mieux comprendre la réalité de la vie quotidienne des enfants qui grandissent en milieu urbain. Le plus important est encore d’attirer l'attention sur les questions tournant autour de la pauvreté et de l'inégalité dans les villes et du besoin accru d'améliorer la vie des plus marginalisés ».

Décrire les difficultés des enfants

« Je vis dans les taudis », a écrit Randrianarivelo Laza Mampionona, « où les voleurs et les cambrioleurs opèrent même en plein jour." Dans son film d'un minute, « Reality », Laza démontre comment les enfants participent et sont témoin de la violence urbaine.

« Je ne vais pas vous raconter mon histoire ; je vous invite à la regarder », a-t-il écrit.

Comme Lantoniaina et les histoires de Laza, les films des autres jeunes décrivent beaucoup de privations, y compris le fait de ne pouvoir aller à l'école et de devoir travailler à la place parce que les parents ne gagnent plus assez d’argent pour s’occuper d’eux correctement, ou encore de souffrir de l'exploitation.

Les vidéos ont  été présentées lors d’une « Première » le dernier soir de l’atelier. Elle ont ensuite été projetées lors du festival annuel des « Rencontres du film court », organisé par l’Institut français de Madagascar et auxquelles ont assisté 10 000 personnes. Toutes les vidéos sont à découvrir sur le canal YouTube OneMinutesJr. de l’UNICEF.


 

 

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