Madagascar

Renforcer les mesures de protection de l’enfant à Madagascar

Image de l'UNICEF
© UNICEF Madagascar/2009/Pirozzi
Les enfants à Madagascar sont confrontés à la violence née de l'instabilité politique et de la montée de l'insécurité alimentaire.

ANTANANARIVO, Madagascar, 3 avril 2009 – Sur un terrain situé à proximité de la petite route principale d'une des banlieues les plus pauvres d'Antananarivo,  la capitale de Madagascar, des enfants jouent dans un espace « ami des enfants » créé par l'UNICEF.

Initialement, prévu pour apporter une réponse provisoire aux inondations de l'année dernière qui avaient  déplacé 20 000 personnes dans la capitale, ce centre, grandissant en popularité, s'est vu attribuer un rôle secondaire pour identifier les enfants en situations de violence, d'abus et d'absentéisme scolaire.

Un an plus tard, le centre a servi d'abri sûr alors que l'agitation politique secouait la capitale en janvier 2009.

« Les parents ont peur de laisser leurs enfants et craignent pour  leur sécurité. On a  constaté la même chose dans les écoles, alors que celles-ci et leurs élèves recevaient des menaces pendant l'agitation, » déclare le Représentant de l'UNICEF à Madagascar Bruno Maes. « Même dans les écoles qui n'étaient pas directement affectées par la violence, la crainte était  visible parmi les élèves, les parents et les enseignants, ce qui a provoqué une augmentation de l'absentéisme scolaire. »

Les enfants sont menacés

Bien que les parents continuent de faire la queue devant la cour de récréation, afin de laisser leurs enfants pour la journée, le Centre voit diminuer le nombre des enfants présents depuis l'instabilité politique récente. Selon des bénévoles, quelques parents refusent d'amener  leurs enfants au Centre parce qu'il y est devenu difficile de leur donner plus d'un repas par jour, et ils ne veulent pas que leurs enfants aient faim quand ils sont au Centre.

Une femme arrive au Centre avec son petit-fils de quatre ans. Elle raconte qu'avant la crise politique actuelle elle vendait des épices et de a vanille au marché, mais elle ne peut plus trouver de marchandises à vendre. Elle vit avec ses quatre petits-enfants dans une cabane en bois d'une seule pièce et couverte d'une bâche en plastique. La mère des enfant est morte il y a quatre ans et leur père deux ans plus tard.

D'habitude, la grand-mère gagne 400 Ariary (autour de 20 cents) par jour, tout juste assez pour acheter quatre tasses de riz à cette famille de cinq personnes. Aujourd'hui, elle compte sur la plus âgée de ses grandes filles,  pour trouver des petits boulots temporaires  comme le portage d'eau ou des vêtements à laver.

« Auparavant il y avait moyen de trouver quelques petits boulots pour gagner de l'argent mais maintenant il n’y a plus rien » explique la petite-fille, en regardant ses frères. « Mon rêve est de trouver du travail pour que je puisse aider mes frères. »

Un impact direct sur les familles

Le manque d'offres d'emplois temporaires, associé au coût élevé des denrées alimentaires, a un impact direct sur le revenu des familles qui sont  incapables de subvenir aux besoins essentiels de leurs enfants, beaucoup d’entre elles n’ayant plus les moyens d’acheter de l’eau potable et de la nourriture. Les enfants qui déjà sont au bord du gouffre, sont de plus en plus en vulnérables.  Cela provoque un besoin croissant d’aide psychologique et sociale parmi les familles.

Afin de limiter les effets de la situation sur les enfants, l'UNICEF et ses partenaires préparent un appui psychologique et social à destination des écoles, des hôpitaux et des voisinages vulnérables. En plus de cet appui, des assistants sociaux ont été formés afin d’assurer le suivi des familles et des activités concernant leur réunification.

L'UNICEF continue d'apporter son aide aux espaces « amis des enfants » et travaille en collaboration avec ses partenaires afin de rassembler des informations sur les familles et pouvoir intervenir quand il y a violations des droits des enfants. L'UNICEF soutient aussi le ramassage des déchets pour améliorer l'assainissement , l'approvisionnement en matériel de santé de base et le suivi de l'état nutritionnel des enfants.


 

 

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