Madagascar

Appel d'urgence : la survie, le développement et la protection de l'enfant sont en jeu à Madagascar

Image de l'UNICEF
© UNICEF/2009/Pirozzi
A Antananarivo, à Madagascar, la santé publique est menacée à cause de la suspension des services d'assainissement avec, pour résultat, la menace d'épidémies.

ANTANANARIVO, Madagascar, 2 avril 2009 – A Madagascar, les cyclones, la sécheresse et l’instabilité politique se combinent pour menacer sérieusement la survie, le développement et la protection des enfants.

Parmi les problèmes auxquels sont confrontés les enfants figurent ceux-ci :

  • Près de 250 000 enfants de moins de cinq ans vivent dans trois  régions touchées par l'insécurité alimentaire dans le sud du pays et ils sont menacés de malnutrition.
  • Environ 10 000 enfants ont vu leur scolarité interrompue par les deux cyclones Eric et Fenele qui ont frappé les côtes sud-ouest et nord-est au mois de janvier. 
  • 116 000 autres enfants du pays n'ont pas été scolarisés pendant certaines périodes durant la récente période d’instabilité politique.
  • L'interruption des services d'eau et d'assainissement dans les principales localités place 100 000 enfants sous la menace des maladies hydriques. 
  • Les niveaux récents de violence, inhabituels, ont provoqué un degré élevé de stress parmi les enfants et les jeunes qui n'ont quasiment aucun accès au soutien psychosocial nécessaire.

« Etant donné les niveaux déjà élevés de vulnérabilité chronique dans les familles du pays, nous sommes évidemment très préoccupés par les nombreuses conséquences de ces crises diverses sur les enfants, » a déclaré le Représentant de l'UNICEF à Madagascar, M. Bruno Maes. 

« Nous devons réussir à éviter que les enfants meurent de malnutrition dans le sud tout en renforçant les programmes de protection des enfants qui subissent les conséquences de la violence causée par les troubles politiques, » a-t-il ajouté.

De nombreux problèmes touchent les enfants

La récente instabilité politique a eu un effet négatif sur l'environnement protecteur des enfants. Les niveaux inhabituels de violence enregistrés à Antananarivo et dans d'autres villes importantes durant les troubles ont généré des degrés élevés de stress et d'angoisse parmi les enfants.

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© UNICEF/2009/Pirozzi
Des familles sans abri vivent dans le centre d'Antananarivo. Certaines d'entre elles sont ici depuis cinq ans.

Plus de 30 enfants ont été portés disparus depuis le début des violences. Certains ont fui la violence familiale qui s'était accrue.

La situation compromet l’éducation des enfants, à cause des fermetures d'écoles, les taux élevés d'absentéisme et les menaces directes contre  les écoles et les élèves. Même dans les écoles qui ne sont pas directement touchées par la violence, on signale une peur généralisée parmi les élèves, les parents et les enseignants, la conséquence étant que les enfants manquent fréquemment l’école.

De plus, on s'attend à ce que les conséquences économiques des crises de Madagascar entraînent l'augmentation du retrait des enfants des écoles.

Perturbation des services d'eau et d'assainissement

La santé publique constitue également une préoccupation sérieuse. Environ 700 000 personnes, dont 100 000  enfants de moins de cinq ans, ont été touchées par les perturbations des services d'eau et d'assainissement.  Depuis le début de l'instabilité politique, le dispositif municipal de ramassage des ordures d'Antananarivo et d'autres zones urbaines fonctionne au ralenti,  avec pour conséquence un risque d'épidémies.

Le manque de pluies dans le sud oblige la population à utiliser de l'eau stagnante et non traitée pour sa consommation et l'incidence des maladies hydriques a augmenté dans les régions touchées par la sécheresse. Au moins 12 000 familles ont un besoin urgent d'eau salubre.
L’impact économique de la crise sur les possibilités d'emplois intérimaires pour les plus vulnérables fait que de nombreuses familles n’ont plus les moyens d’acheter de l'eau potable ou de la nourriture pour leurs enfants. En conséquence, des enfants déjà en situation dangereuse, se retrouvent de plus en plus vulnérables.

L'UNICEF pense que 240 000 enfants vivant dans les régions touchées par l'insécurité alimentaire courent un risque de malnutrition et procède actuellement à des enquêtes pour évaluer l'étendue du problème.

Un appel en faveur d'une action plus soutenue

L'ensemble de ONU, dont l'UNICEF, et les ONG partenaires lancent un appel éclair de 35,77 millions de dollars destiné à couvrir les besoins des enfants les plus urgents.

« L'UNICEF et ses partenaires doivent pouvoir lutter contre les violations des droits de l’enfant sur plusieurs fronts à la fois et un financement humanitaire urgent est nécessaire pour élargir nos programmes d'assistance, » a expliqué Bruno Maes.

L'UNICEF demande près de 16,9 millions de dollars pour renforcer et élargir ses activités afin d’offrir des secours d’urgence aux enfants les plus vulnérables, dont :

  • Repérer et traiter les cas de malnutrition aussi bien sévère que modérée dans le sud.
  • Distribuer de l’eau salubre et des moyens d'approvisionnement en eau à près de 100 centres de santé du sud ainsi qu'à 12 000 foyers.
  • Offrir un soutien d'urgence pour la remise en état d'un nombre limité d'écoles faute de quoi environ 3 000 enfants manqueront une année scolaire entière dans les secteurs touchés par les cyclones.
  • Prodiguer une aide psychosociale à destination des écoles et des enfants non scolarisés touchés par les récentes violences.
  • Aider au renforcement des réseaux sociaux afin de protéger les enfants vulnérables et de réduire davantage les mauvais traitements dont ils sont victimes.

 

 

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