Libéria

La Directrice générale adjointe en appelle au renforcement de l'intervention humanitaire pour les réfugiés ivoiriens

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La Directrice générale adjointe Hilde Johnson s'entretient avec une mère dans un camp de réfugiés à Toe Town, au Libéria. Le nombre de réfugiés qui fuient les violences en Côte d’Ivoire est en augmentation.

Par Anne Look

GRAND GEDEH, Libéria, 4 avril 2011- Plus de 100 000 Ivoiriens se sont enfuis au Libéria depuis les élections contestées de novembre dernier. Environ les deux tiers sont des enfants qui ont à présent désespérément besoin de nourriture, d'eau potable, d'hébergement, d'installations sanitaires et de soins médicaux.

«C'est une crise humanitaire massive. Il s'agit d'une situation d'urgence qui menace des enfants et nous devons nous assurer qu'ils sont nourris, protégés et instruits », a déclaré la Directrice générale adjointe de l'UNICEF, Hilde Johnson au cours d'une visite la semaine dernière dans les camps de réfugiés du Libéria. « Les enfants ne doivent pas devenir les victimes de disputes politiques ».  

Escalade de la crise

Devant la recrudescence des violences en Côte d'Ivoire, le personnel humanitaire se trouvant au Liberia prévoit qu'entre 250 000 et 500 000 réfugiés arriveront d'ici cet été. Dans le comté est de Grand Gedeh, la population réfugiée est passée de 2000 à plus de 30 000 personnes au cours des seules trois dernières semaines.    

 « Nous nous trouvons à présent à un moment décisif, celui où nous devons élargir et accélérer nos opérations et pouvoir faire ce qu'on attend de nous à un degré bien plus important que ce que nous avons fait jusqu'à présent, » a dit Hilde Johnson. 

Dans le camp de transit de Toe Town, Hilde Johnson a rendu visite à une mère ivoirienne qui partage actuellement une petite pièce avec 19 autres membres de sa famille. À l'extérieur, le soleil de l'après-midi séchait tout un lot de divers vêtements lavés étendus sur l'herbe tandis que Stéphanie, 5 ans, vendait des escargots sur un marché improvisé.

« Les choses ne vont pas bien. Ma maison me manque », a-t-elle dit, chassant les mouches de sa marchandise avec une branche de palmier. « Ici, il n'y a pas d'école. Je veux aller à l'école. »

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La Directrice générale adjointe Hilde Johnson s'entretient avec une femme en train de préparer à manger dans le camp de réfugiés de Toe Town, au Libéria.

L'UNICEF et ses partenaires collaborent avec 38 communautés pour développer et améliorer les sources d'approvisionnement en eau, l'assainissement et l'hygiène. À Toe Town, un système d'approvisionnement d'eau traitée a été mise en place ainsi que des installations sanitaires de secours mais les besoins concernant l'essentiel sont de plus en plus importants. « Ils ont besoin de tout », a dit Hilde Johnson. 

Les moyens à leurs limites

« Nous avons entendu des coups de feu dans le village voisin et vu des gens s'enfuir allant en direction de la frontière. Nous avons eu peur et alors nous les avons simplement suivis », a dit Boya Tryphene, 23 ans, qui s'est enfuie à pied de son village de l'ouest de la Côte d'Ivoire avec sa fille deux ans et sa mère, une personne âgée.

Comme de nombreux réfugiés, Boya Tryphene a dû marcher pendant des jours dans la forêt pour atteindre la frontière du Libéria. Elle reste à présent chez une famille d'accueil libérienne dans le comté de Nimba où résident la majorité des réfugiés du pays.  

« Nous avons été enregistrées lorsque nous sommes arrivées mais cela fait à présent six jours et nous n'avons reçu aucune nourriture », a dit Boya Tryphene. « Quand nous avons pris la fuite, nous n'avons pas emporté avec nous de quoi manger. J'ai abandonné mon emploi d'agent sanitaire et je n'ai plus d'argent ».

 L'afflux de réfugiés a aussi épuisé les moyens, déjà à leurs limites, des communautés d'accueil.

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Une fille en train de faire cuire de la nourriture dans le camp de réfugiés de Toe Town, au Libéria. Plus de 100 000 Ivoiriens se sont enfuis au Libéria.

« Les Libériens ont bien accueilli les réfugiés en les aidant et en leur donnant à manger et des graines pour les aider à survivre mais les communautés sont débordées », a déclaré Hilde Johnson qui a ajouté qu'une aide humanitaire est nécessaire pour aider les deux catégories de population.

Enfants en danger

Cette crise des réfugiés met en danger plus de 85 000 enfants ivoiriens et libériens. L'UNICEF et ses partenaires ont installé des dispensaires pour traiter le nombre croissant d'enfants malnutris tout en donnant des cours de niveau de la maternelle et du primaire en français pour les réfugiés.

« Les enfants ont besoin d'aller à l'école, d'être ensemble et de jouer avec les enfants libériens pour qu'ils se débarrassent l'esprit de la guerre », a expliqué Gouanou Zouo Nazaire, un réfugié responsable d'une communauté, à Karnplay, l'une des 15 communautés d'accueil spécifiques « Depuis qu'ici les cours ont commencé, nous avons vu les enfants commencer à s'adapter ». 

Plus de 1000 enfants réfugiés de ces communautés d'accueil spécifiques et plus de 600 autres dans le camp de réfugiés de Bahn, à Nimba, fréquentent à présent l'école maternelle ou reçoivent une éducation primaire. L'UNICEF appuie l'éducation, les opérations de protection de l'enfance et de nutrition dans le camp dont la création d'un espace ami des enfants où, aujourd'hui, plus de 450 enfants jouent et participent à des activités culturelles. 

Au cours de sa visite, Hilde Johnson a observé des enfants en train de chanter, danser et jouer dans l'espace. « Je sais qu'il y a beaucoup d'incertitude dans votre pays et que la vie n'y est pas facile », leur a-t-elle dit. « mais nous allons vous aider ».


 

 

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