Libéria

Il n’est jamais trop tard pour apprendre, disent des élèves du Libéria

Image de l'UNICEF: Liberia, Primary Education
© UNICEF Liberia/2007/Scott
Benetta Nyemah, deuxième à partir de la droite, a 15 ans et est en cinquième année.

Par Adolphus Scott

Dans le cadre d’une édition spéciale de Progrès pour les enfants en 2007, l’UNICEF publie des reportages sur les initiatives qui ont permis de promouvoir une vie saine, d’offrir une éducation de qualité, de lutter contre le VIH/SIDA et de protéger les enfants contre les mauvais traitements, l’exploitation et la violence.

MONROVIA, Libéria, 27 septembre 2007 – « J’étais déjà grande quand j’ai commencé l’école », dit Benetta Nyemah, une élève de 15 ans inscrite dans une école primaire de Monrovia, la capitale du Libéria. « Pendant la guerre, mes parents ont quitté Monrovia pour aller habiter dans notre village, où nous nous sommes cachés. Il n’y avait pas d’école au village, et on travaillait à la ferme toute la journée. »

Lorsque la famille est revenue à Monrovia, il y a trois ans, Benetta dit qu’elle n’avait pas les moyens de payer ses frais de scolarité. « Mon père travaillait comme casseur de pierres juste pour nous envoyer à l’école, mes deux frères et moi », se rappelle-t-elle. « C’est pour ça que je ne suis qu’en cinquième année. »

Au Libéria, une guerre civile de 14 ans qui a pris fin en 2003 a fait 270 000 victimes et a détruit le système d’éducation du pays, obligeant des milliers d’enfants à manquer la rentrée des classes à l’âge adéquat.

Au début, Benetta admet qu’elle avait honte d’être en cinquième année à son âge. « Mais quand je me promène en dehors de l’école », dit-elle maintenant, « je vois beaucoup d’autres enfants encore plus vieux que moi qui ne savent ni lire ni écrire. »

L’éducation pour chaque enfant

Dans le monde, un enfant sur six en âge d’aller à l’école secondaire est scolarisé dans le primaire parce qu’il a commencé tard ou qu’il a dû redoubler certaines classes. Ces enfants vivent pour la plupart en Afrique subsaharienne, où l’on compte le plus d’élèves en âge de faire des études secondaires inscrits à l’école primaire.

Image de l'UNICEF: Liberia, Primary Education
© UNICEF Liberia/2007/Scott
Benetta et ses camarades de classe font partie des milliers d’enfants libériens en âge de faire des études secondaires qui ont pris du retard à l’école à cause de la guerre civile.

Le gouvernement du Libéria a récemment instauré l’éducation primaire gratuite et obligatoire dans tout le pays. Pendant l’année scolaire 2007-2008, qui vient de commencer, le Ministère de l’Éducation a fourni du matériel pédagogique et des uniformes gratuits aux élèves du primaire dans deux des comtés les plus isolés et les plus démunis du pays.

« Depuis que l’éducation est devenue gratuite et obligatoire, notre établissement a beaucoup de mal à accueillir ses près de 800 élèves », déclare Cecilia Koise, directrice de l’école primaire J. W. Pearson que fréquente Benetta. « Parmi les inscrits, nombreux sont les enfants qui ont dépassé l’âge du primaire, mais qui ont pris du retard à cause de la guerre ». Avec cet afflux considérable, explique Mme Koise, l’école a cruellement besoin d’enseignants, de mobilier et de matériel supplémentaire.

L’UNICEF est intervenu pour fournir du matériel et des fournitures scolaires à toutes les écoles publiques primaires et communautaires du pays, et a aidé le gouvernement à offrir une formation en cours d’emploi à 750 professeurs d’école primaire dans tout le pays en 2007.

Former les dirigeants de demain

« La guerre civile a pris fin, mais nous devons livrer un autre combat », dit le Ministre adjoint de l’éducation primaire, Keturah Seibu. « C’est-à-dire, façonner l’esprit de nos enfants, privés de tant de choses en raison de la guerre et de la pauvreté. Nous devons convaincre les enfants de quitter la maison, ou la rue, pour venir en classe ».

Pour Benetta, aller à l’école est un cadeau. « Je suis vraiment heureuse que ‘Ma Ellen’ nous donne une éducation gratuite », dit-elle, faisant allusion à la présidente du Libéria, Madame Ellen Johnson-Sirleaf. « Et je ferai de mon mieux. »


 

 

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