Lesotho

Au Lesotho, nouvelle campagne pour prévenir la transmission du VIH de la mère à l'enfant

Image de l'UNICEF
© UNICEF Lesotho/2010
Makalena George rentre chez elle après son premier examen prénatal au dispensaire pilote du district de Berea, au Lesotho.

Par Shantha Bloemen

DISTRICT DE BEREA, Lesotho, 16 mars 2010 – Malekena George est enceinte de huit mois, séropositive et épuisée par la marche de cinq heures qu'elle a endurée pour se rendre ici, au dispensaire pilote, pour son premier examen prénatal. Mais comme le trajet a été si difficile, cette visite est peut-être aussi sa dernière.

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Le premier enfant de Malekena George est mort à l'âge de 13 mois, probablement des suites d'une infection par VIH, et le ministère de la Santé est à pied d'oeuvre pour garantir que son second bébé ne naisse pas également avec le VIH.

En 2007, le gouvernement, avec l'aide de l'UNICEF et de divers partenaires, a lancé un vaste programme pour améliorer les prestations de prévention de transmission de la mère à l'enfant (PTME). Pour réussir, il avait besoin de s'assurer que chaque dispensaire du pays puisse effectuer un test de dépistage du VIH ainsi qu'un traitement.

Le Lesotho ouvre la voie

Le Lesotho est devenu un des premiers pays de la région à autoriser les infirmiers et les infirmières à administrer des médicaments antirétroviraux (ARV), ce qui a considérablement amélioré l'accès à ces procédures indispensables dans les parties éloignées du pays où il y a peu de médecins.

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© UNICEF Lesotho/2010
Makalena George is given her new 'Mother to Baby Pack' at the Pilot Health Clinic in Lesotho's Berea district. The pack includes ARV drugs and antibiotics.

Mais, malgré de tels efforts, des défis majeurs subsistent, dont le fait que de nombreuses femmes comme Malekena George ne feront probablement qu'une seule visite au dispensaire.

Ceci est un problème caractéristique de nombreux systèmes de santé d'Afrique. Bien que les médicaments ARV puissent améliorer les chances qu'un bébé naisse indemne du virus, assurer aux mères séropositives un traitement n'est pas chose facile, particulièrement dans les régions éloignées. La distance, l'absence de moyens de transports et la pauvreté se combinent pour empêcher de nombreuses femmes de faire des visites prénatales régulières. De tels facteurs conduisent également les femmes à abandonner les programmes de PTME et à accoucher de leurs enfants à domicile sans la présence de personnel médical qualifié.

Assurer la santé de la mère et de l'enfant

Des méthodes originales de prévention font également une énorme différence. Le Gouvernement du Lesotho a conçu un ensemble minimum de prestations pour les femmes enceintes comme Malekena George; cela comprend la mise à disposition des médicaments ARV et des antibiotiques les plus efficaces nécessaires pour assurer leur santé et celle de leurs enfants. Quand elles quittent le dispensaire, ces femmes reçoivent aussi des instructions précises concernant les médicaments qu'elles doivent prendre et ceux qu'elles doivent donner à leur bébé après la naissance.

Soucieux d'élargir la portée de cette innovation en matière de santé publique, l'UNICEF et l'OMS ont créé une boîte de médicaments personnels à code couleur qui seront distribuées d'ici juillet dans cinq pays de l'Afrique de l'Est et australe, le Lesotho compris. Plutôt que de demander aux infirmières de placer les médicaments dans de petites boîtes à comprimés, cette nouvelle « trousse pour la mère et l'enfant » séparera clairement les médicaments ARV des antibiotiques en fonction du moment où ils devront être pris.

« Nous devons profiter de la première visite prénatale, » dit Blandinah Motaung, Spécialiste à l'UNICEF du VIH et de la santé maternelle. « Si la mère accouche chez elle, elle aura cette trousse avec elle. »

Une baisse spectaculaire des infections

Grâce à la nouvelle gamme de traitements ARV et aux efforts déployés pour aider les femmes à prendre ces médicaments à domicile, les spécialistes de la santé s'attendent à voir baisser de façon spectaculaire le nombre d'enfants nés séropositifs au Lesotho.  

« L'espoir est que, avec une meilleure régularité dans le traitement et en s'attachant davantage à aider les mères à allaiter exclusivement au sein pendant six mois, nous pouvons encore ramener le taux de transmission à moins de 5 pour cent, » dit Blandinah Motaung.

Des médicaments à emporter chez soi

Après l'examen, Malekena George a écouté attentivement Marethabile Lelia, l'infirmière du dispensaire, lui donner les instructions concernant les médicaments qu'elle allait emporter chez elle et une conseillère mère-à-mère lui a répété qu'il était important de bien suivre son traitement.

Bien que Malekena George ait un autre rendez-vous prévu au dispensaire, Mme Lelia ne s'attend pas à la voir avant qu'elle revienne avec un bébé de six semaines pour sa première série de vaccinations et son premier test de séropositivité, les enfants subissant de nouveaux examens de dépistage à 12 puis 18 mois.
 
Alors qu'elle se prépare à une marche de cinq heures pour rentrer chez elle, Malekena George s'agrippe à ses médicaments, ayant bien compris qu'ils représentent son meilleur espoir pour permettre au bébé d'échapper à l'infection et de grandir en bonne santé.


 

 

Vidéo (en anglais)

4 mars 2010 : le reportage de la correspondante de l'UNICEF Shantha Bloemen sur une nouvelle campagne au Lesotho destinée à aider les femmes enceintes séropositives à éviter de transmettre l'infection à leurs enfants.
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