En bref : Liban

Alors que le conflit syrien dure depuis maintenant trois ans, les enfants syriens sont déterminés à continuer d’apprendre

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Le Directeur général de l’UNICEF Anthony Lake et les responsables de quatre autres organisations ont rendu visite aux réfugiés syriens vivant dans des tentes de fortune au Liban.

 

Après sa visite auprès des enfants et familles de Homs en République arabe syrienne, le Directeur général de l’UNICEF Anthony Lake s’est rendu dans la vallée de la Beeka, au Liban, pour rencontrer des enfants syriens réfugiés et leurs familles. Anthony Lake était accompagné du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres, du Directeur général de Save the Children Justin Forsyth, du responsable régional pour le Moyen-Orient et l’Europe de l’Est de World Vision International Conny Lenneberg et de la vice-présidente des affaires et politiques internationales de Mercy Corps, Andrea Koppel.

BEYROUTH, Liban, le 14 mars 2014 – Shaiima* est assise sur un fin matelas posé sur la natte de la tente de sa famille, à l’est du Liban. La fillette de 9 ans s’appuie contre sa mère, Salha, qui la prend dans ses bras avec tendresse. Les yeux grand ouverts, Shaiima écoute son père, Awad, parler de leur vie en République arabe syrienne, avant le Liban. 

À Homs, explique-t-il, ils vivaient dans une maison de deux étages avec jardin, dans un quartier urbain de classe moyenne, entourés de leurs amis et de leur famille. Ils avaient une voiture. Awad, qui a un diplôme universitaire, était entrepreneur. Puis toute leur vie a basculé.

« Quand j’étais là-bas, j’ai eu le cœur brisé en voyant les destructions autour de la vieille ville de Homs », a affirmé le Directeur général de l’UNICEF Anthony Lake à la famille, lors de sa visite à leur tente. « J’ose à peine imaginer ce que ça a dû être pour vous ».

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Un enfant fait de la balançoire dans un camp de fortune de la vallée de la Beeka au Liban. Plus de 1 000 réfugiés syriens vivent dans ce campement de tentes.

visite à leur tente. « J’ose à peine imaginer ce que ça a dû être pour vous ».

Un appel à l’unisson

Les directeurs de l’UNICEF et du HCR et de hauts responsables de Save the Children, de World Vision International et de Mercy Corps sont allés à Bekaa, à l’est du Liban, pour rendre visite aux enfants syriens et à leurs familles installés dans un campement sauvage.

À la veille du troisième « anniversaire » de la crise syrienne, les cinq organisations s’unissent pour demander la fin immédiate des affrontements, un accès humanitaire sans restrictions à la République arabe syrienne, un appui accru pour soigner les traumatismes physiques
et psychologiques des enfants, la possibilité d’apprendre et de développer des compétences, et des efforts pour réduire l’impact économique sur les pays voisins. 

L’éducation au milieu des tentes

Il y a trois ans, après avoir d’abord fui à Damas, Shaiima et sa famille ont encore dû fuir, et ont franchi la frontière libanaise après un voyage pénible. Ils ont installé ce qui devait être un abri de secours, à court terme, parmi une quinzaine de tentes. Aujourd’hui, environ 1 000 refugiés vivent sur cette bande de terre boueuse située près d’un ruisseau pollué, et la tente de fortune est devenue leur foyer pour une durée indéterminée. 

Aujourd’hui, Awad explique à Anthony Lake et à ses collègues qu’il a constaté certaines améliorations au sein du camp de tentes.

Les enfants peuvent désormais suivre des cours d’enseignement non formel organisés par l’ONG locale Beyond Association, appuyée par l’UNICEF, au sein même du camp. Les espaces amis des enfants proposent des cours d’alphabétisation et de calcul de base, un programme d’apprentissage accéléré, des leçons d’anglais, un soutien psychosocial et des activités récréatives structurées pour les enfants refugiés. Environ 400 enfants âgés de 6 à 14 ans participent aux sessions du matin ou de l’après-midi. 

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Le Directeur général de l’UNICEF Anthony Lake avec un jeune réfugié syrien dans l’école non formelle du camp. Les classes sont organisées en roulement, et les enfants peuvent participer à des activités récréatives et recevoir un appui psychosocial.

Père et professeur, fille et élève

Awad a également suivi une formation et a commencé à enseigner aux enfants. 

« L’éducation est très importante, parce que toute une génération d’enfants analphabètes arrive de Syrie,  explique-t-il. Des millions d’enfants sont affectées ici et dans les pays voisins. » L’unique lampe de la tente s’éteint; Awad ignore cette obscurité soudaine. « Je suis très content d’enseigner. Les enfants réclament des classes, et même les adultes veulent apprendre ! »

Shaiima, comme certains autres enfants, a pu aller à une école voisine, pendant un moment, et a obtenu de bonnes notes. Mais la famille n’ayant pu payer les frais scolaires, elle a dû abandonner. Depuis l’été 2013, elle suit l’enseignement non formel. Pour sa famille et toutes les autres familles ici, cette intervention est bienvenue, mais le problème est que les enfants ne recevront pas de certificat d’études.

Lors de sa visite, Anthony Lake est venu rencontrer une classe. En parlant avec les élèves, il s’est aperçu que beaucoup travaillaient dans l’agriculture, et commençaient parfois dès six heures du matin. Mais ces enfants étaient déterminés à assister aux classes de l’après-midi dans le camp. Ils ont expliqué à Anthony Lake que c’était leur droit, et qu’ils voulaient apprendre pour connaître un avenir meilleur, malgré leur fatigue.

Des espoirs et des rêves

Dans la tente mal éclairée, le frère de Shaiima, Mohammed, 7 ans, se met à dessiner. Il dessine des nuages, des montagnes, une rivière – et une maison.

« Le plus souvent, les enfants dessinent des maisons,  affirme Salha.  C’est la première chose qu’ils dessinent. »

Anthony Lake demande à Shaiima ce qu’elle souhaiterait le plus – si elle pouvait avoir n’importe quoi.

« Je veux aller en Syrie, » répond-elle, rapidement. 

Avant de quitter le camp de tentes, les responsables des organisations ont été chaleureusement salués par un chant d’au revoir sur le retour en République arabe syrienne, un jour. L’enthousiasme des réfugiés était palpable pendant leur chant. 
À la fin de sa visite, Anthony Lake se faisait appeler Baba UNICEF (Papa UNICEF) par les enfants réfugiés.

*Les prénoms ont été modifiés


 

 

Photographie : Crise en Syrie

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