En bref : Liban

Au Liban, la malnutrition est une menace silencieuse pour les enfants syriens réfugiés

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Le cas du fils de Tourkia, Abed, n’est pas unique. Au Liban, la malnutrition est devenue une menace silencieuse. Près de 2 000 enfants réfugiés syriens se trouvant dans le pays sont atteints de malnutrition sévère aiguë et ont besoin d’un traitement immédiat pour pouvoir survivre.

 

By Soha Bsat Boustani

Une mère syrienne fuit le conflit dans son pays natal mais s’aperçoit que ses enfants affrontent un nouveau danger : la malnutrition

GHAZIYEH, Liban, 24 février 2014 – Fatmeh, Mona, Siham, Tourkia, Leila et les autres sont assises à l’intérieur d’un refuge collectif, à Ghaziyeh, au sud du Liban. Ces femmes parlent de la vie qu’elles avaient en République arabe syrienne, avant que n’éclate le conflit. Elles se souviennent des magnifiques maisons entourées d’orangers avec une chambre pour chacun des enfants, de l’université pour les plus âgés, des écoles pour les plus jeunes, de la nourriture.

Elles racontent combien les choses sont devenues insupportables, et se rappellent le moment où elles ont été obligées de s’enfuir au Liban.   

Au Liban, chaque femme lutte pour survivre, avec un seul bien : sa dignité.

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Dix personnes vivent dans la pièce où Tourkia a beaucoup de mal à procurer une nourriture convenable à Abed. Dans ce refuge collectif, soixante-dix familles se partagent une salle de bains et une cuisine.

Abed

Tourkia est enceinte. Elle a deux autres enfants. Elle m’emmène dans sa petite chambre. Dix personnes y vivent. La pièce n’a pas de sanitaires, pas d’eau et pas de cuisine. Il n’y a qu’une salle de bains et une cuisine pour l’ensemble du refuge collectif et les soixante-dix familles qui y vivent se les partagent.

Dans tout le Liban, à cause de la demande de logements, les loyers ont explosé.  

Tourkia me montre son fils Abed. Il a quinze mois mais sa taille et son poids sont ceux d’un enfant de cinq mois. Abed ne fait que pleurer. Son regard est vide. Sa peau est sèche et pelée.

Tourkia me dit : « Nous l’avons emmené chez le médecin qui nous a dit qu’il fallait le conduire de toute urgence à l’hôpital. »

« Il a une forte fièvre, vomit sans arrêt et il est devenu si faible, ajoute-t-elle. Nous le voyons mourir mais nous n’avons pas d’argent pour l’emmener à l’hôpital. »

Avec l’aide de Fatmeh, une animatrice sociale  de l’ONG Terres des hommes, nous parvenons à contacter l’hôpital local pour discuter du cas d’Abed. Nous donnons à la famille de quoi payer le transport.

Abed est traité avec des aliments thérapeutiques et se rétablit. Plus tard, nous allons voir Fatmeh pour prendre des nouvelles. Elle nous dit qu’Abed est devenu un enfant plein d’énergie qui court et s’amuse.

Malnutrition

Le cas d’Abed n’est pas unique. L’UNICEF a récemment effectué au Liban une évaluation inter-institutions parmi les réfugiés syriens. Au sein de cette population, la malnutrition est devenue une menace.

Les résultats préliminaires montrent que près de 2 000 enfants réfugiés syriens se trouvant au Liban sont atteints de malnutrition sévère aiguë et ont besoin d’un traitement immédiat pour survivre. Comme la malnutrition est liée à des facteurs comme une mauvaise hygiène, à la consommation d’eau non potable, à la froide saison, à l’absence de vaccinations, aux maladies et à de mauvais modes d’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants, la situation pourrait encore se dégrader.  

« Les enfants réfugiés syriens au Liban les plus vulnérables, particulièrement les enfants de moins de cinq ans qui vivent dans les conditions  les plus précaires, sont confrontés au risque de malnutrition, constate Annamaria Laurini, Représentante de l’UNICEF au Liban. L’UNICEF est à pied d’œuvre, avec le Gouvernement et ses partenaires, pour mettre en place des mesures immédiates et durables pour apporter une solution à ces problèmes. »  

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Photographie : Crise en Syrie

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