En bref : Liban

Au Liban, les espaces amis des enfants représentent un environnement d’apprentissage et de jeu sûr pour les enfants syriens réfugiés

Par Silje Vik Pedersen

TRIPOLI, Liban, le 25 septembre 2012 – « Quand mon école a été détruite, mon rêve de devenir médecin a aussi été détruit », affirme Asu*, 11 ans. Il est assis dans la cour de l’école publique de Wadi Annakhle, située hors de Tripoli, qui abrite des réfugiés syriens. Il fixe le sol. « Il y avait beaucoup de tirs et de bombes là où nous vivions en Syrie, et même la mosquée a été détruite. C’était horrible, et j’ai vu des enfants sans domicile dans les rues, des enfants qui n’avaient rien à manger ».

Le 26 septembre 2012 : L’UNICEF fait un point sur les espaces amis des enfants, comme celui de l’école publique de Wadi Annakhle au Liban, qui aide les enfants syriens réfugiés à accéder à un soutien psychosocial et à retrouver un sentiment de normalité dans leur vie, au milieu de leurs amis.  Regarder dans RealPlayer

 

Asu fait partie des milliers de garçons et de filles qui ont dû fuir les combats en République arabe syrienne. Originaires d’Alep, le jeune homme et sa famille sont  arrivés au Liban il y a quatre mois, laissant derrière eux tout ce qu’ils possédaient. « Quand nous sommes arrivés ici, nous n’avions rien, et nous n’avions pas assez à manger », explique-t-il. « Avec mon frère, nous voulions trouver une école pour continuer nos études et réaliser nos rêves, mais au début cela était difficile, alors nous sommes restés à la maison ».

L’écho de la peur
Avec la détérioration de la situation en République arabe syrienne, de plus en plus d’enfants arrivent au Liban avec des histoires de combats et de destruction. Des visites sur le terrain réalisées par l’UNICEF et ses partenaires révèlent que les violences ont eu un profond impact psychologique sur les enfants syriens. De nombreux enfants et leurs familles souffrent de peurs et d’angoisses suite aux violences dont ils ont été témoins et au déplacement de leurs foyers et communautés.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Liban/2012/Pedersen
Lors les activités proposées à l’espace ami des enfants de l’école publique de Wadi Annakhle, au Liban, on apprend notamment les bienfaits de la consommation de fruits. L’UNICEF fournit aux enfants des fruits et des yaourts en guise de collation pendant leur récréation.

Viennent s’ajouter à leur angoisse les tensions et la volatilité de la situation au Liban ainsi que la peur que les conflits ne débordent sur le pays où ils ont trouvé refuge. Asu se souvient de la peur qu’il a ressentie il y a un mois, lorsque les combats ont à nouveau éclaté à Tripoli. « J’ai entendu des coups de feu dehors », raconte-t-il. « J’ai eu tellement peur, ça m’a rappelé la Syrie ».

La guérison et la normalité grâce aux espaces sûrs
La nécessité de lieux sûrs se fait ressentir de manière urgente, pour que les enfants puissent avoir accès à un appui psychosocial et retrouver un sentiment de normalité dans leur vie et parmi leurs amis. L’UNICEF appuie ce type d’espaces, appelés espaces amis des enfants, au sein des installations hébergeant des réfugiés et des personnes déplacées, comme l’école publique de Wadi Annakhle.

Merrin Waterhouse, spécialiste de la protection de l’enfance et de la violence sexiste à l’UNICEF, décrit des résultats encourageants : « Dans les espaces amis des enfants, les enfants peuvent jouer ensemble, se faire de nouveaux amis et parler de ce qu’il se passe dans leur vie. Cela les aide à se sentir à nouveau bien dans leur vie et en sécurité. Nous constatons que cela fait une différence considérable ».

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© UNICEF Liban/2012/Pedersen
Les enfants se font de nouveaux amis en participant aux activités des espaces amis des enfants. Ici, à l’espace ami des enfants de l’école publique de Wadi Annakhle, trois nouvelles amies dessinent ensemble.

Les activités de l’espace ami des enfants de l’école publique de Wadi Annakhle, mises en place par le partenaire de l’UNICEF War Child Holland, se concentrent sur le renforcement de la confiance personnelle des enfants et de leurs relations. Toutefois, au début, il était difficile de faire participer les enfants, comme se souvient Marwa, une des animatrices.

« Au départ, lorsque les enfants sont arrivés, ils avaient très peur des professeurs et des autres élèves », explique-t-elle. « Ils se sentaient inférieurs, en tant que réfugiés, et avaient un comportement agressif. Mais, à force de passer du temps [dans l’espace ami des enfants] et avec l’aide et le soutien des enseignants, ils se sont adoucis, ont repris confiance en eux et ont commencé à adopter une attitude positive ».

Le retour à l’école
Les activités consistent en grande partie à intégrer les enfants syriens à leurs camarades libanais et à la communauté dans laquelle ils vivent. L’année scolaire approchant, l’intégration représente une étape importante pour encourager les enfants syriens à s’inscrire à l’école.

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Des enfants de l’espace ami des enfants de l’école publique de Wadi Annakhle en cours de dessin.

Rania, 9 ans, vient de Homs. Elle est arrivée au Liban avec sa famille il y a cinq mois. En République arabe syrienne, elle était en CE2. « J’aime bien être ici, parce que je peux aller à l’école et je me suis fait de nouveaux amis », dit-elle en souriant timidement. « J’adore la Syrie, et j’espère pouvoir y retourner un jour. J’adore aussi le dessin, et je veux devenir professeur de dessin quand je serai grande ».

Asu s’est aussi fait des amis à l’espace ami des enfants. Il a hâte de retourner à l’école afin de réaliser son rêve de devenir médecin. « J’espère pouvoir aller à cette école, puisque je connais déjà les professeurs et les enfants ici », dit-il. « Je veux toujours devenir médecin pour pouvoir aider les pauvres dans mon pays ».

*Les noms ont été changés afin de respecter l’anonymat des enfants


 

 

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