En bref : Liban

Les camps d’été appuyés par l’UNICEF aident les enfants syriens et libanais à intégrer les écoles publiques au Liban

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© UNICEF Liban/2012/Pedersen
Des enfants syriens et libanais dessinent au camp d’été de l’école publique de Bar Elias dans la vallée de la Bekaa, au Liban. Ce programme s’inscrit dans le cadre de l’intervention d’urgence de l’UNICEF au Liban suite à l’arrivée de milliers de réfugiés de Syrie

Par Silje Vik Pedersen

VALLÉE DE LA BEKAA, Liban, le 6 juillet 2012 – « J’étais là à sept heures ce matin parce que je ne voulais pas être en retard en cours », explique Razan*, 8 ans, en levant le nez de son cahier de dessin. « Ici nous lisons des histoires et apprenons de nouveaux mots, nous chantons et dansons aussi ».

Razan fait partie des 84 enfants syriens et libanais âgés de 6 à 12 ans qui participent au camp d’été de l’école publique de Bar Elias dans la vallée de la Bekaa. Il s’agit de l’un des 10 camps d’été de jour tenus par Igraa, partenaire d’exécution de l’UNICEF dans la vallée de la Bekaa et le nord du Liban. Plus de 400 enfants participent à ce programme de cinq semaines.

Des rires s’échappent de l’une des salles de classe de Bar Elias. La classe est décorée avec des feuilles de couleur et des mots anglais. Les enfants sont réunis en cercle et imitent les mouvements de danse de leur professeur en chantant une chanson en anglais.

« C’est pour moi une nouvelle expérience de travailler au camp d’été » affirme Rania*, une enseignante d’anglais. Elle est professeur depuis plus de 11 ans et enseigne normalement à des CE1 avec plus de 30 élèves par classe. « Au camp d’été nous n’avons que 14 élèves par classe, je peux donc être plus proche d’eux et les aider pour la lecture et l’écriture. Le matériel d’enseignement est mieux aussi, je souhaite continuer à utiliser les mêmes techniques d’enseignement en reprenant mes cours habituels après  », affirme Rania.

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Les enfants se réunissent pour écouter une histoire au camp d’été de l’école publique de Bar Elias dans la vallée de la Bekaa, au Liban.

L’éducation dans les situations d’urgence

Les camps d’été s’inscrivent dans le cadre de l’intervention d’urgence de l’UNICEF au Liban suite à l’arrivée de plus de 25 000 réfugiés de la Syrie voisine. On estime que 50 pour cent des réfugiés sont des enfants ; la plupart d’entre eux ne sont pas inscrits à l’école à cause de leur arrivée tardive, de craintes relatives à la sécurité ou de la barrière de la langue.

Les élèves syriens n’apprennent généralement pas de seconde langue à l’école primaire, c’est pourquoi de nombreux enfants réfugiés ont des difficultés à s’intégrer aux écoles primaires libanaises où l’anglais ou le français sont utilisés pour l’enseignement des mathématiques ou des sciences. Les enfants libanais défavorisés vivant dans ces régions doivent également faire face à ce défi ; nombre de ces enfants sont exposés au risque d’abandonner l’école parce qu’ils ne savent pas lire l’arabe, l’anglais ou le français. Les camps d’été ont donc pour vocation de préparer les enfants syriens et libanais aux futures années d’école et à encourager les nouveaux arrivés à s’inscrire à l’école.

Rania et 31 autres enseignants ont été formés par Igraa à une approche d’alphabétisation équilibrée où les enseignants apprennent à soutenir chaque enfant selon son niveau pour qu’il lise et écrive mieux. « Au départ j’étais très sceptique et je disais à mon mari que je ne pensais pas que ce mode d’enseignement fonctionnerait », affirme Amira*, une autre enseignante d’anglais. « Mais maintenant je constate que les enfants sont très impliqués, qu’ils ont envie d’apprendre, et qu’ils réagissent 10 fois plus vite qu’avec mon ancienne technique d’enseignement ».

La longue expérience de l’UNICEF en matière de catastrophes et de conflits a prouvé que l’une des plus précieuses interventions d’urgence à mettre en place était de renvoyer les enfants à l’école aussi vite que possible. Les écoles apportent une sensation de normalité essentielle au bien-être des enfants soumis à un stress psychologique. De nombreux enfants syriens réfugiés ont été témoins de violences et continuent d’avoir peur. Il est donc important qu’ils soient intégrés au système d’éducation nationale libanais ; c’est ce à quoi les prépare le programme du camp d’été de jour.

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Les enfants syriens et libanais apprennent à écrire anglais au camp d’été de l’école publique de Bar Elias dans la vallée de la Bekaa, au Liban.

L’implication des parents

Les camps d’été de jour ne sont pas destinés à impliquer que les enfants. Il est tout aussi important d’impliquer les parents et les aidants familiaux. Certains parents syriens considèrent leur présence au Liban comme une mesure temporaire et n’ont donc pas inscrit leur enfant à l’école.

« Tenir les parents informés des progrès de leurs enfants fait qu’ils se sentent impliqués et ils peuvent partager la joie de leurs enfants lorsque ces derniers progressent en lecture et en écriture », affirme Amina. « Nous constatons que les parents aiment vraiment assister aux réunions et qu’ils apprécient de discuter entre eux de l’enthousiasme de leurs enfants pour se lever le matin et lire des livres à la maison. De nombreux parents demandent également aux enseignants comment ils ont fait pour que les enfants changent en si peu de temps ».

Le camp d’été est fini pour aujourd’hui et les enfants jouent au ballon en attendant le bus qui les ramènera chez eux. « J’ai appris un nouveau mot aujourd’hui » affirme Mona, 6 ans. « Je me suis fait un nouvel ami », affirme Rami, 7 ans. « J’ai hâte de retourner en cours demain » dit Huda, 8 ans. « Nous allons apprendre la lettre E ». Les enfants se précipitent alors vers le bus, enthousiastes à l’idée de revenir demain pour apprendre davantage.

*Les noms ont été modifiés afin de garantir l’anonymat.


 

 

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