En bref : Liban

Sud du Liban : l’UNICEF réhabilite les réseaux d’adduction d’eau et améliore la sensibilisation à l’hygiène

Image de l'UNICEF
© UNICEF Lebanon/2007/Debbas
Des écoliers du sud du Liban regardent un spectacle de marionnettes destiné à leur faire acquérir de bonnes habitudes d'hygiène.

Par Serene Assir

Six mois après l'accord du 14 août 2006 qui, au Liban, a mis fin à la guerre, un reportage faisant partie d’une série consacrée aux conséquences du conflit.

HENNIYE, Liban, 15 Février 2007 – Dans ce village du sud du Liban, par un clair matin d'hiver, des élèves sont assis sur le sol d'une classe, les jambes croisées, regardant avec une attention soutenue un spectacle de marionnettes dont la vedette est Fufu le lapin.

Le spectacle, destiné à accroître la sensibilisation à l'hygiène parmi les enfants, a de toute évidence un effet sur Zahraa, 9, ans. « Avant que j'aille me coucher, explique-t-elle d'une voix chantante, je dois m'assurer que je me suis brossé les dents. Et exactement comme Fufu, je dois me laver chaque fois que j'arrive chez moi de l'école ou que je viens de jouer avec mes camarades. »

Les effets de la guerre persistent

De concert avec une ONG, InterSOS, l'UNICEF a procuré les fonds, les fournitures et l’assistance technique nécessaires à ce programme de sensibilisation à l'hygiène. Il a été mis en place dans les zones touchées par la guerre l'été dernier. Quelques 1 400 Libanais, dont un tiers d'enfants, ont péri dans ce bain de sang.

Les bénévoles et le personnel qui s’occupent du programme pensent que la meilleure façon d’accroître la sensibilisation est d'impliquer les enfants dans des activités qu'ils apprécient vraiment comme, par exemple, regarder un spectacle de marionnettes.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Lebanon/2007/Debbas
L’UNICEF a apporté son aide à la construction de ce château d'eau, en cours d'achèvement, à Al-Khiam, au sud du Liban.

Bien que ce travail ait produit de bons résultats, encourager des habitudes d'hygiène adaptées ainsi que l'entretien des installations sanitaires reste une tâche difficile. Les dommages causés à l'infrastructure hydraulique par le conflit, il y a six mois, n'ont fait qu'exacerber les problèmes.

Réhabilitation du système d'adduction d'eau

« L'eau est pompée jusqu'à notre maison deux fois par semaine au maximum, explique Samar, 16 ans, un habitant d'Al-Khiam, au sud du Liban. Nous n'en avons jamais assez pour toute la famille. Cela affecte la façon dont ma mère prépare les repas et nous ne pouvons pas nous laver les mains aussi souvent que nous le devrions.»

Samar explique que sa famille paye les factures au Service des eaux. Pour compléter leurs besoins quotidiens, elle achète aussi chaque jour de l'eau, dépensant en moyenne 25 dollars par mois. Pour les familles pauvres du sud, majoritairement agricole, cette dépense supplémentaire constitue une lourde charge.

«La majorité des réseaux existants sont vieux et usés, affirme Mohamed Bendriss-Alami, administrateur de programme de l'UNICEF. Le Service des eaux nous a demandé de l’aider à réhabiliter le système afin de réduire les pertes en eau et de réduire le risque de contamination.»

Image de l'UNICEF
© UNICEF Lebanon/2007/Debbas
Un garçon devant un réservoir d'eau provisoire construit avec le soutien de l'UNICEF dans la ville d'Al-Khiam.

Projets à long terme

Six mois après la fin de la guerre, l'engagement de l'UNICEF dans des activités liées à l'eau est multiple. L'UNICEF s'est non seulement directement impliqué dans le processus technique mais a aussi assuré le financement pour la reconstruction des réservoirs détruits pour des villes entières et les villages environnants.

Un exemple en est Al-Khiam, où la construction d'un réservoir d'eau d'une capacité de 1 000 mètres cubes est aujourd'hui quasiment achevée. Le programme, vital pour la santé et la subsistance de 30 000 habitant de Al-Khiam, a suscité un espoir visible dans la ville.

« J'imagine que nous n'aurons plus de problèmes d'eau une fois que le réservoir sera terminé », affirme Samar.

Alors que les tâches les plus urgentes sont en voie d’achèvement, l'UNICEF élargit son champ d’activité de manière à s'impliquer dans des projets à long et moyen terme. Dans le cadre d'une tentative destinée à procurer de l'eau potable à davantage de communautés du sud du Liban, l'organisme se consacre actuellement à la réhabilitation de 29 stations de chloration.

« Nous nous consacrons aussi à réduire la dépendance de la population envers les stations de pompage et les puits afin de diminuer les coûts provenant du Service des eaux, affirme Mohamed Bendriss-Alami.  Nous nous employons à fournir des systèmes pour aider les populations à compter plutôt sur la pesanteur, et cela pas seulement dans les zones touchées par la guerre.»


 

 

Recherche