En bref : République démocratique populaire lao

Les « écoles de qualité » : l’UNICEF soutient l’éducation pour tous en République démocratique populaire Lao

Image de l'UNICEF
© UNICEF RDP lao /2010
Dans la province de Luang Nam, dans le nord de la République démocratique et populaire lao, des élèves du village de Tamy, à proximité de la frontière chinoise, se réunissent avec des enseignants de l’école primaire locale.
Par Simon Ingram

VILLAGE DE TAMY, République démocratique et populaire lao, 1er février 2010 – Une simple carte décore le bureau du directeur de l’école primaire du village de Tamy. Cette carte n’est pas celle de la République démocratique et populaire lao, ni même de celle de la province reculée, dans le nord du pays, de Luang Nam, où se trouve Tamy, à proximité de la frontière avec la Chine. Non, cette carte indique les 66 maisons de bois, bâties sur pilotis, du village, reproduites avec soin, à l’encre noire.

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La piste poussiéreuse, qui est la rue principale du village, figure en rouge, alors que les bois et les prés environnants sont en vert. En bas à droite, se trouve l’école, avec son mât, ajouté dans un scrupule de détails.

Mais ce sont les petits cercles et triangles accompagnant chaque maison que le directeur de l’école, Julia Thongseng, tient à expliquer. Ils représentent le nombre de garçons et de filles, en âge d’aller à l’école, qui vivent dans chacune des maisons. La grande majorité des cercles et des triangles sont complétés, ce qui signifie que les enfants vont régulièrement en classe, alors que les autres indiquent que les enfants concernés ne sont pas actuellement scolarisés. Pour Mr Thonseng, il s’agit là, chaque fois, d’un défi.

Une stratégie qui donne des résultats
« Au début de chaque année scolaire, nous rassemblons les chiffres et nous voyons combien de garçons et de filles sont scolarisés, » explique M. Thonseng. « Puis nous nous réunissons avec les autorités du secteur de l’éducation, l’association parents-enseignants et les dirigeants de la communauté afin de bien montrer l’importance de l’école. Et ils parlent en particulier aux parents dont les enfants ne vont pas en classe. »

Faire en sorte que chaque enfant suive au minimum un cycle de cinq années d’école primaire constitue un élément essentiel dans l’approche des « écoles de qualité » de la République démocratique et populaire lao, actuellement mise en œuvre par le ministère de l’Éducation, avec l’appui de l’UNICEF. Cette stratégie pour une école adaptée aux besoins des enfants, dont les résultats sont prometteurs, comporte d’autres caractéristiques : un environnement d’enseignement participatif, un programme pertinent et un contexte soucieux de la santé.

Avec la mise en place d’écoles de qualité dans neuf provinces, le taux de scolarisation a progressé au niveau national. Les derniers chiffres indiquent que près de 90 pour cent des garçons en âge d’aller à l’école primaire et presqu’autant de filles sont scolarisés.

C’est dans les provinces reculées que l’approche des écoles de qualité est soumise aux tests les probants. En effet, c’est là qu’on enregistre une forte présence de groupes ethniques ayant leur langue et leur culture propres ; la République démocratique et populaire lao a officiellement reconnu 49 de ces groupes.

La pauvreté et d’autres obstacles
Il y a 331 habitants dans le village de Tamy, le groupe ethnique akha étant prédominant. Ici, les enfants parlent leur propre langue à la maison et ils peuvent rencontrer des difficultés avec un programme suivi essentiellement en lao. Mais la pauvreté est une autre cause de problèmes. Pour un bon nombre de familles, il est plus logique de se faire aider par les enfants dans les rizières, surtout au moment de la récolte, que de les envoyer à l’école.

Pourtant, M. Thongseng ne renonce pas. Il s’est aperçu que les enfants d’une famille avaient cessé récemment d’aller en classe. Il a alors envoyé l’un de ses enseignants, Mme Sano, afin de tenter de ramener à l’école les deux filles, âgées de 6 et 9 ans.

Mme Sano n’a pas eu à marcher longtemps pour se trouver face à l’une des plus petites huttes du village. Après avoir échangé quelques propos avec le père des deux filles, elle a compris qu’elle avait affaire à une tragédie courante de décomposition familiale et de pauvreté.

« Le père dit qu’il a besoin de ses filles pour l’aider à s’occuper du bébé car il n’y a pas de mère ni de grand-mère pour le faire, » raconte Mme Sano. « Ce qui est triste, c’est que ces filles sont à présent déscolarisées et qu’elles ne savent même pas lire ni écrire. »

Du temps et des efforts sont nécessaires
En retournant à l’école, Mme Sano a reconnu un garçon de 11 ans qui aidait un homme à charger du bois sur une charrette. Comme elle lui demandait pourquoi ce garçon n’était pas en classe, M. Behea a paru gêné.

« J’ai un garçon et une fille, » a-t-il expliqué. « Ma fille va déjà à l’école, mais ce garçon m’aide aux travaux des champs et à ceux du ménage. L’an prochain, je pense que je l’enverrai à l’école. »

 De retour au bureau, M. Thongseng a reconnu qu’avec de telles situations de famille, il faudrait du temps et des efforts pour parvenir à 100 pour cent de scolarisation à Tamy.

« Nous faisons de notre mieux pour expliquer aux parents la valeur que représente l’éducation fournie par une école de qualité, » dit-il. « Les familles, dans leur grande majorité, sont convaincues. »


 

 

Vidéo (en anglais)

Simon Ingram, de l’UNICEF, décrit le soutien apporté aux programmes d’éducation dont bénéficient les enfants dans un village du nord de la République démocratique et populaire lao.
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