En bref : Libye

L'UNICEF sur le terrain à Benghazi, alors que les enfants libyens sont confrontés à une menace grandissante

Image de l'UNICEF
© REUTERS/Yannis Behrakis
Les civils libyens, évacués par bateau de pêche de la ville assiégée de Misrata, attendent pour débarquer au port de Benghazi contrôlé par les rebelles

James Elder, responsable de la Communications pour l'équipe de l'action d'urgence de l'UNICEF en Libye, fait partie dela première mission de l'agence sur le terrain à Benghazi dans l'Est de la Libye.

Par James Elder

BENGHAZI, Libye, 19 avril 2011 – Avant que l'intensité des combats n'envahisse la ville libyenne occidentale de Misrata, il y a environ 50 jours, Dava (ce n'est pas son vrai nom ), cinq ans, aurait joué à s'habiller et à faire des colliers de perles. En cela, elle aurait probablement ressemblé à la plupart des fillettes de cinq ans vivant à Misrata.

Mais qui aurait pu le remarquer ? En effet, pendant ces deux mois de conflit entre forces gouvernementales et forces rebelles, la Libye a semblé singulièrement vidée de ses enfants. 

Nous avons vu et entendu beaucoup de choses inexplicables sur la Libye récemment, mais le plus étrange a, dès le début, été la presque complète absence d'enfants des images et des reportages hors du pays. Nous ne voyions pas les enfants, nous ne les entendions pas et, bien que nous nous interrogions, nous n'avons tout simplement presque rien appris sur ce qui leur était vraiment arrivé.

Des incidents affreux

Maintenant nous savons, et c'est pire que ce que nous craignions. Dava a été tué par les bombardements alors qu'elle se rendait sur un terrain de jeux. Ses parents sont toujours piégés dans Misrata. Des rapports d'incidents affreux continuent d'affluer de la ville, où les enfants sont tués et blessés. Nous en savons maintenant un peu plus sur leur vie, parce que nous avons appris leur mort.

L'enfant le plus jeune à payer le prix du conlit dans Misrata avait censément neuf mois et la plupart d'entre ceux qui sont morts au cours des deux dernières semaines avaient moins de 10 ans.

Image de l'UNICEF
© REUTERS/Amr Abdallah Dalsh
Un évacué et son enfant débarquent au port de Benghazi contrôlé par les rebelles, en Libye, d'un bateau chargé de près de 1200 migrants asiatiques et africains qui se sont enfuis de la ville assiégée de Misrata.

Beaucoup d'autres enfants sont traumatisés par ce qu'ils ont vu et entendu. La plupart peuvent à peine satisfaire leurs besoins essentiels quotidiens en eau et nourriture et aucun ne fréquente l'école. D'autres enfants, comme ceux de la ville de Zintan au Sud Ouest de Tripoli sont complètement isolés. Pris au piège au milieu des tirs et des bombardements, ils pourraient vivre une tragédie semblable à celle de Misrata.

Pris au piège à l'intérieur

Hier à Tripoli, le secrétaire général des Nations Unies pour les affaires humanitaires, Valerie Amos, a réitéré son appel à la cessation des hostilités. L'UNICEF s'est fait l'écho de cet appel et a également appelé à mettre fin au siège de Misrata.

Dans le même temps, l'UNICEF apporte un peu de répit aux familles affectées en leur délivrant des soins de santé d'urgence et des équipements chirurgicaux, ainsi que de l'eau potable. L'UNICEF a également des kits récréatifs pour les enfants, afin de leur permettre de rester dans une relative sécurité à l'intérieur.

Ce dernier point est essentiel, alors que des rapports répétés font état de tirs isolés frappant des enfants dans Misrata. Les kits récréatifs ont pour but de distraire les enfants du conflit qui demeurent enfermés à la maison.

« Quand est ce que je pourrais rentrer à la maison ? »

Certains enfants libyens d'autres villes accablées par le conflit ont pu fuir. En conséquence, un nombre croissant d'entre eux reçoit une aide de l'UNICEF sous forme de kits de santé et d'hygiène, et d'une assistance psychologique.

Le traumatisme est une réalité pour ceux qui comme Mariam, 7 ans , ont vu les mortiers détruire les maisons voisines. Elle a tout juste pu saisir son journal quand sa famille s'est enfuie dans leur voiture. « Il y avait tant de bruit, tant d'explosions », elle me dit dans la sécurité d'un refuge soutenupar l'UNICEF. « Je pleurais, mes parents pleuraient. Quand puis-je rentrer à la maison ? Qu'est-ce qui est arrivé à ma maison ? »

Sa voix s'estompe et j'ai peur que tous deux nous connaissions la réponse, aussi nous préférons nous taire.


 

 

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