Kirghizistan

Le Kirghizistan promulgue une loi sur l’enrichissement de la farine afin de combattre « la faim invisible »

Image de l'UNICEF
© UNICEF/2009/Kira
La nouvelle loi du Kirghizistan a pour but de résoudre le problème de « la faim invisible » chez les jeunes enfants et les femmes enceintes.

BISHKEK, Kirghizistan 13 avril 2009 – La République kirghize est récemment devenue le 57e pays au monde à promulguer une législation qui exige l’enrichissement de la farine. Cette loi oblige tous les producteurs de farine du pays à enrichir leur farine premier choix et leur farine de première qualité de vitamines et d’éléments minéraux approuvés par les agences sanitaires agréées.

Cette exigence ne devrait pas causer de hausse substantielle du prix de la farine.

La loi sur l’enrichissement de la farine de boulangerie a été conçue pour aider à résoudre le problème de ce que les spécialistes appellent « la faim invisible » – causée par la consommation d’aliments bon marché qui remplissent l’estomac mais qui sont pauvres en vitamines et en micronutriments. Ces carences sont particulièrement dangereuses pour les enfants, les femmes enceintes et les femmes qui allaitent.

Les conséquences des carences en vitamines
Résoudre le problème des carences en micronutriments est une des tâches les plus urgentes pour le Kirghizistan où « la faim invisible » est un phénomène commun. La prévalence moyenne de l’anémie par carence en fer était par exemple fin 2008 de 70 % parmi les jeunes enfants et de 50 % parmi les femmes enceintes du pays.

L’enrichissement de la farine est une des stratégies les plus faciles à appliquer pour combattre les carences en vitamines; elle permet d’améliorer le régime nutritif des adultes ainsi que celui des enfants plus âgés qui mangent du pain, des pâtes et d’autres aliments à base de blé.

Les carences en éléments nutritifs essentiels dans l’alimentation peuvent être à l’origine de sérieux problèmes de santé chez les adultes comme chez les enfants, elles peuvent même nuire au fœtus pendant son développement. La carence en fer peut à elle seule entraîner des retards dans le développement intellectuel et physique des enfants, entraîner des problèmes reproductifs chez les femmes, une forte mortalité maternelle, un affaiblissement du système immunitaire et une diminution générale de la productivité de la population active.

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© UNICEF/2009/Kira
Dans une petite meunerie de la province de Talas au Kirghizistan, on enrichit la farine de boulangerie en y ajoutant des micronutriments.

De plus, en faisant prendre de l’acide folique aux femmes enceintes on peut éviter des anomalies du tube neural comme le spina bifida, une malformation de la moelle épinière qui cause des infirmités permanentes.

Une loi préparée de longue date
La promulgation d’une loi exige souvent des années de préparation. En République kirghize, c’est la Banque asiatique de développement – avec le soutien du Japon – qui a lancé cette initiative. L’Alliance mondiale pour l’amélioration de la nutrition (GAIN) a financé des projets-pilotes et des études de faisabilité qui ont démontré que le pays avait la capacité d’enrichir sa farine.

Au Kirghizistan, les promoteurs de l’enrichissement de la farine ont dû défendre leur projet plus de 10 ans, pour finalement le faire triompher malgré de nombreux contretemps. Pendant cette période, l’UNICEF a apporté au gouvernement local un soutien technique consistant à mettre en place des projets-pilotes dans de petites meuneries, à aider à la création de l’association de la meunerie du Kirghizistan et à appuyer les recherches sur la carence en fer et ses effets.

Pour promouvoir la nouvelle loi, des consultations publiques ont été organisées à Bishkek, la capitale, avec le soutien des médias locaux.

Osmonbek Artykbaev, un parlementaire qui est devenu le promoteur principal de l’enrichissement de la farine, a reçu d’importantes informations sur la prévalence de l’anémie au Kirghizistan, ce qui lui permis de renforcer ses arguments en faveur de la campagne. Le résultat de ces multiples efforts a été le vote de la loi en février par une majorité du parlement et sa signature par le président le 17 mars.


 

 

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