Kenya

Au Kenya, les mineurs reçoivent une prise en charge de base dans un camp de réfugiés appuyé par l'UNICEF

Par Cifora Monier

DADAAB, Kenya, 12 octobre 2012 – Le camp de réfugiés le plus peuplé du monde se trouve à Dadaab, au Kenya, dans la province nord-orientale. Le complexe de Dadaab comprend les camps de réfugiés de Dagahaley, Hagadera, Ifo, Ifo II et Kambioos avec une population totale, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), de plus de 470 000 personnes.

VIDÉO (en anglais) : le reportage du correspondant de l'UNICEF, Thomas Nybo, sur la façon dont les jeunes mères font l'objet d'une prise en charge de base dans un camp de réfugiés du Kenya  Regarder dans RealPlayer

 

Khadija* est une réfugiée somalienne qui vit à Dadaab. Elle a perdu ses deux parents en Somalie alors qu'elle était très jeune. Elle a été élevée par sa grand-mère qui est décédée quand elle avait treize ans, après quoi elle a dû se débrouiller toute seule.

« Dans mon cœur, j'étais morte »
Un jour, Khadija et deux filles de sa communauté vont chercher du bois pas très loin de leur domicile. Soudain, deux hommes surgissent comme de nulle part.

« Ils m'ont bandé les yeux et m'ont violée », dit Khadija. Quelques heures plus tard, elle est retrouvée, inconsciente, par des personnes qui passaient. Celles-ci réussissent à la ramener au domicile d'une de ses tantes. « Mes tantes ont refusé de m'emmener voir un médecin alors que j'étais très malade. Elles m'ont elles-mêmes donné des médicaments traditionnels. Quand je me suis sentie plus forte, je suis retournée chez moi mais, dans mon coeur, j'étais morte ». 
 
Quelques mois plus tard, Khadija se rend compte qu'elle est enceinte. Mais, dans sa communauté et sa culture, ne pas être mariée et enceinte est tabou.
 
Un jour, une personne qu'elle connaît lui demande à si elle veut l'accompagner à Dadaab. Bien qu'elle ne sache pas où se trouve Dadaab, elle va avec la femme. « Au plus profond de mon coeur, je savais simplement que, si je restais, ma vie était  finie », dit Khadija.
 
Appui pour les mineurs 
À Dadaab, avec l'appui de l'UNICEF, Save the Children Royaume-Uni immatricule et aide tous les enfants mineurs qui ne sont pas accompagnés ou qui ont été séparés de leurs famille lorsqu'ils arrivent en Somalie. Un système de placement en famille d'accueil entre aussi dans le cadre de ce programme appuyé par l'UNICEF pour des situations comme celle de Khadija.

« Pendant une situation d'urgence, on effectue les meilleurs placements possibles en famille d'accueil. D'après notre expérience, les familles d'accueil qui reçoivent des enfants n'attendent aucune rétribution des ONG ou des agences de l'ONU », dit le Responsable de la protection de l'enfance à UNICEF Kenya, Jean-François Basse.

Nura* a le visage typique d'une vieille Somalienne. Mère de deux enfants, elle vit comme réfugiée à Dadaab depuis qu'elle s'est enfuie de Somalie en 2003.
 
Nura est chef de bloc. Les camps de réfugiés sont organisés en blocs de sept familles avec un chef assigné. Chaque chef de bloc a la responsabilité de connaître les personnes qui y vivent, y compris leurs antécédents et leurs activités présentes. Les chefs de bloc ont aussi connaissance de l'ensemble des procédures et des prestations offertes aux réfugiés et aux familles d'accueil.

« J'ai conduit Khadija à Save the Children Royaume-Uni, à Dadaab, pour qu'elle soit officiellement immatriculée comme mineure sans famille et sans proches. J'ai aussi validé son placement dans une famille d'accueil », dit Nura.

« Tout ce que je veux, c'est un avenir meilleur »
Les formalités effectuées et approuvées, Khadija donnait peu après naissance à un petit garçon. Elle avait quinze ans. Khadija et son bébé vivent à présent avec Nura et ses deux enfants.

Aujourd'hui, Khadija fait partie d'un groupe de soutien pour mères adolescentes géré par Save the Children Royaume-Uni et appuyé par l'UNICEF.

Quand on lui demande ce qu'elle espère pour l'avenir, Khadija dit : « Mon rêve, c'est d'achever ma formation en couture au groupe de soutien pour mères adolescentes afin que je puisse m'occuper de mon bébé correctement. Quand il sera grand et ira à l'école, j'irai aussi à l'école pour apprendre à lire et à écrire. Je ne veux pas me souvenir de ce qui s'est passé : tout ce que je  veux, c'est un avenir meilleur pour moi et mon bébé. » 

*Les noms ont été modifiés pour protéger le identités.


 

 

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