Kenya

Au Kenya, des refuges maternels font partie d'une large ensemble de soins conçus pour réduire la mortalité infantile

Par Pamella Sittoni

Dans le monde, la mortalité des moins de cinq ans a baissé, passant de plus de 12 millions de décès en 1990 à 7,6 millions en 2010. Pourtant, des milliers d'enfants meurent encore chaque jour de maladies évitables. Les 14 et 15 juin 2012, les Gouvernements d'Éthiopie, d'Inde et des États-Unis, en collaboration avec l'UNICEF, organisent l'Appel à l'action pour la survie de l'enfant (Child Survival Call to Action), une rencontre visant à mobiliser le monde autour d'un objectif ambitieux mais simple : mettre fin aux décès évitables d'enfants. Cette histoire s'inscrit dans le cadre d'une série d'histoires illustrant les efforts réalisés dans le monde pour l'amélioration de la survie de l'enfant.

GARISSA, Kenya, 14 juin 2012 – Au moment où les douleurs de l'accouchement ont commencé pour Shagaa Issack, l'aide-soignante a reporté toute son attention sur la mère. L'aide-soignante, dans le refuge maternel pour femmes enceintes de la province Nord-Est du Kenya a accompagné Shagaa Issack à se rendre tranquillement jusqu'à l'hôpital général provincial de Garissa, à juste 300 mètres de là.

Vidéo (en anglais) : le reportage de l'UNICEF sur des refuges maternels font partie d'une large ensemble de soins conçus pour réduire la mortalité infantile.  Regarder dans RealPlayer

 

Le bébé de Shagaa Issack est né par césarienne. Issack Mohamed, Son mari, est fasciné par sa petite fille et fier, mais il avait beaucoup d'appréhensions à propos de l'état de sa femme. il avait raison de s'inquiéter ; quelques heures plus tard, il y a vait une grande agitation dans la maternité alors que l'on tâchait de la ranimer. Heureusement une transfusion sanguine lui a donné une nouvelle chance de vivre.

Deux jours après, alors que sa femme berce leur bébé, Issack Mohamed exprime aussi sa gratitude aux docteurs qui ont pris la décision vitale d'adresser Shagaa Issack au refuge maternel, ce qui a permis de la suivre régulièrement et lui a permis d'accéder aux soins obstétriques d'urgence.

« Les deux accouchements précédents ont été difficiles. Elle a failli mourir à chaque fois d'une forte hémorragie »,  explique Issack Mohamed. Il était donc heureux de faire les 800 km avec sa femme jusqu’au seul refuge maternel de la province, où elle est restée un mois avant l’accouchement.

Les refuges maternels sauvent des vies

Le refuge maternel est une maternité d’attente où séjournent les femmes qui font une grossesse à haut risque. Elles y sont suivies et peuvent accéder rapidement à l’hôpital provincial, ce qui permet de sauver à la fois les mères et les nouveau-nés.

L’UNICEF a soutenu l’établissement du refuge maternel à Garissa dans le cadre de ses efforts pour se centrer sur les zones à « risque élevé ».

Image de l'UNICEF
© UNICEF Kenya/2012
Les docteurs pratiquent une césarienne sur Shagaa Issack à l’hôpital général provincial de Garissa au Kenya.

« Si ma femme n’était pas venue au refuge pour accoucher dans cet hôpital, elle aurait pu mourir », affirme Issack Mohamed.

Cet avis semble partagé par les nombreuses familles de la région qui ont eu recours aux refuges. Après cinq fausses couches, Hawa Ali Hussein, 25 ans est restée trois mois au refuge maternel avant de finalement accoucher d’une petite fille. « J’avais l’habitude de me lever au milieu de la nuit pour prier Dieu de me donner un enfant. Je suis vraiment heureuse que mes prières ont été entendues », dit-elle.

Dakan Billow, 27 ans, souffre d’une maladie qui l’a laissée handicapée. Les docteurs l’ont prévenue de rester au refuge maternel pour être suivie. Elle a passé trois mois au refuge et maintenant elle est de retour à la maison avec un petit garçon en pleine santé.

Réduire la mortalité maternelle et infantile

Selon le docteur Mohamed Sheikh, le Directeur de la santé publique du Nord-Est, la région possède le taux de mortalité maternelle le plus élevé du pays, plus de deux fois la moyenne nationale de 488 décès pour 100 000 naissances vivantes.

Cependant, il a noté que les initiatives comme le refuge maternel et les bons qui encouragent les femmes à venir accoucher dans des installations sanitaires pourraient permettre de réduire sensiblement les décès chez les mères et les enfants.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Kenya/2012
Shagaa Issack allaite sa nouvelle-née à l'hôpital général provincial de Garissa au Kenya.

Ces dernières années, le Kenya a enregistré une réduction significative de la mortalité infantile. D'après les données de l'Enquête démographique et sanitaire du Kenya en 2008-2009, le taux de mortalité des moins de cinq ans du pays est passé de 115 décès pour 1000 naissances vivantes en 2003 à 74 en 2008-2009. La mortalité infantile a aussi chuté de 77 décès pour 1000 naissances vivantes en 2003 à 52 décès pour 1000 en 2008-2009.

L’amélioration de la survie de l’enfant résulte d’une combinaison de stratégies et d’initiatives du gouvernement et de ses  partenaires. Elles comprennent l’amélioration des niveaux  de vaccination, l'accroissement du taux d'allaitement exclusif dans les six premiers mois de la vie d’un enfant, l'amélioration de l'accès à l'eau salubre, et une prise en charge améliorée des maladies diarrhéiques.

En 2007, le  Gouvernement a lancé une initiative appelée Malezi Bora (« Bon soins ») pour augmenter l’utilisation des services de routine pour la survie de l’enfant, comme la vaccination, le contrôle de la croissance et la supplémentation en vitamin  A. Cette initiative du Ministre de la santé  fournit également des matériels et du personnel de santé aux installations sanitaires publiques. Elle a été suivie en 2009 d’une Stratégie nationale pour la survie et le développement de l'enfant visant à permettre au pays de réaliser l’Objectif du Millénaire pour le développement (OMD) sur la survie de l’enfant.

Le  Gouvernement a aussi introduit récemment le le vaccin antipneumococcique afin de protéger  les enfants de cette autre importante maladie tueuse d’enfants, qu'est la pneumonie. Et en début de cette année, le gouvernement a amorcé une initiative qui s’assure que les mères ou les enfants qui viennent en consultation dans les  établissements de santé reçoivent un ensemble de services, comprenant la vaccination, le contrôle de la croissance, le dépistage du VIH et l'accompagnement psychologique, et la supplémentation en vitamine A.

« Réduire la mortalité maternelle et infantile  nécessite des investissements équilibrés dans les systèmes de santé, comme les infrastructures, des agents de santé formés et motivés et des équipements et fournitures, d’un côté, et la création d’une demande aux niveaux individuel, familial, et communautaire de l’autre », explique le chef de la santé de l’UNICEF Ketema Bizuneh.

Aujourd’hui, le Kenya rejoint le reste du monde en s’engageant pour « La survie de l’enfant : une promesse renouvelée », et amplifie ses efforts pour réduire la mortalité infantile à temps pour la date limite de 2015 fixée pour atteindre les OMD.


 

 

Une promesse renouvelée


Pour plus d'information 
A Promise Renewed  
(Site web en anglais)

Quelque 35 millions d'enfants de moins de cinq ans supplémentaires en danger si l'on n’atteint pas l’objectif de réduction de la mortalité de L'Enfant

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