Kenya

La pauvreté entraîne les filles kenyanes vers le travail du sexe

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À la suite du décès de son père, « Susan » fut contrainte par la pauvreté à travailler dans l’industrie du sexe sur la côte du Kenya, à l’âge de 14 ans.

Par Chris Niles

MOMBASA, Kenya, 24 novembre 2008 – « Susan » (nom d’emprunt) travaille dans la prostitution depuis qu’elle a quatorze ans. Elle y a été contrainte à la suite du décès de son père.

« La vie était très dure. Nous vendions du poisson et on mangeait ceux qui nous restaient. Nous étions nombreux dans la famille, alors j’ai décidé d’essayer autre chose. Mais ce n’est pas par plaisir que je fais ce que je fais », dit-elle.

« Susan » n’est qu’une des milliers de jeunes femmes de la côte kényane qui gagnent leur vie comme prostituées. Une récente étude de l’UNICEF estime qu’au moins 30 pour cent des filles de cette région travaillent, quelquefois à temps partiel, pour l’industrie du sexe, et certaines commencent dès l’âge de douze ans.
 L’UNICEF travaille avec ses partenaires pour lutter contre les attitudes et causes qui banalisent le phénomène de l’exploitation sexuelle des enfants.

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L’UNICEF et ses partenaires travaillent ensemble pour protéger les enfants vivant sur la côte du Kenya des prédateurs de l’industrie du sexe.

Le rôle de la pauvreté

La pauvreté est l’un des principaux facteurs. L’industrie du tourisme au Kenya est en plein essor, mais elle n’offre guère de possibilités d’emploi pour les gens qui habitent sur place.

« L’attrait de l’argent est énorme. Les parents voient que leurs filles ou leurs fils qui travaillent là-dedans rapportent de l’argent, et que cela change leur vie, alors ils tolèrent cette situation », constate Ahmed Hussein, directeur du gouvernement kenyan au service des enfants. 

L’aide aux familles fragilisées

Le Gouvernement du Kenya a mis en place un programme de transfert en espèces pour les familles fragilisées en 2004. Aujourd’hui, ce programme touche environ 65 000 familles. Il a aussi promulgué une loi pour interdire la prostitution des enfants et pour faire respecter les droits de l’enfant.

Des entreprises locales ont signé un code de conduite, aux termes duquel elles doivent dissuader les touristes qui voudraient exploiter les enfants.

« L’une des choses que nous expliquons est que la prostitution des enfants est interdite dans cette zone. Nous leur précisons aussi que notre compagnie fait partie des signataires du code de conduite, que nous interdisons formellement la prostitution des enfants dans nos hôtels et ne souhaitons pas être associés à des gens qui s’y adonneraient », affirme Isaac Rodbrot, Président de l’association des propriétaires d’hôtels.

Code de conduite

Malheureusement, de nombreux petits établissements de la région n’ont toujours pas signé le code de conduite. L’UNICEF et ses partenaires, y compris le gouvernement, s’efforcent de renforcer ce code de conduite en en éliminant les lacunes.

« Il y a un certain nombre d’établissements que nous n’avons pu joindre, mais nous les recherchons et je suis sûre que nous les trouverons, mais je ne sais pas plus que vous combien de temps cela prendra », affirme M. Hussein.


 

 

Vidéo (en anglais)

24 novembre 2008:
Chris Niles, correspondant de l’UNICEF,  décrit les efforts consentis par l’UNICEF et ses partenaires pour mettre fin à l’exploitation sexuelle des enfants sur la côte kényane.
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