Kenya

L’UNICEF demande 6,6 millions de dollars pour venir en aide aux victimes des violences post-électorales

Image de l'UNICEF
© REUTERS/Peter Andrews
Des gens déplacées pendant le conflit post-électoral sont établis temporairement dans un abri dans la région du Great Rift Valley de la ville de Narok

Par Chris Niles

NEW YORK, Etats-Unis, 30 janvier 2008 – L’UNICEF vient de demander une aide de 6,6 millions de dollars pour protéger les femmes et les enfants alors que les violences post-électorales s’aggravent au Kenya.

« Nous sortons de plusieurs journées de violence atroce contre les femmes et les enfants, une violence sans précédent au Kenya », a affirmé la Responsable de la communication d’UNICEF Kenya, Sarah Cameron.

L’ancien Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan négocie actuellement un accord de paix entre le nouveau président Mwai Kibaki et le principal chef de l’opposition Raila Odinga mais sans beaucoup d’effet jusqu’à présent sur la violence qui secoue le pays.

Au moins neuf personnes ont été tuées hier suite à l’assassinat de Mugabe Were, un membre du parlement élu récemment, qui a été abattu par balles à l’extérieur de son domicile.

Des actes de violence physique, des cambriolages et des incendies sont fréquemment signalés. Au cours d’un incident particulièrement révoltant, 19 femmes et enfants ont été brûlés vifs dans leur maison. On évalue à 300 000 le nombre de personnes déplacées.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Kenya/2008/ Bonn
Des membres de la communauté kikuyu en train de fuir la région de Mawingu à la suite des attaques et des incendies contre une partie importante de leurs domiciles.

« Des milliers de personnes ont fui »

« Des milliers de personnes ont fui leurs domiciles parce qu’ils ont été incendiées, parce qu’elles ont été agressées, parce qu’elles ont été menacées ou parce qu’elles ont peur, »  a déclaré Sarah Cameron.

Le nombre de viols signalés ont plus que doublé depuis le début de la crise en décembre. Des femmes se trouvant dans des camps pour personnes déplacées et qui se sont plaintes de leur situation ont été ouvertement menacées en face de personnels humanitaires.

Selon le Ministère de la Santé du Kenya, 900 personnes ont trouvé la mort. Cependant, ce chiffre n’inclut pas les districts de l’ouest du pays auxquels les personnels humanitaires n’ont que peu d’accès. Selon d’autres informations, Kisamu, une ville située sur les bords du lac Victoria, a été pratiquement abandonnée à cause des pillages et des violences.

Bien plus d’aide est nécessaire

« Les rues ont été vidées, les magasins ont été mis à sac. Ils ont été pillés et incendiés et la population a été obligée de partir », a expliqué Sarah Cameron.

Image de l'UNICEF
© © Reuters/Andrews
Une femme déplacée regarde à travers la fenêtre d’un bus alors qu’elle quitte la ville de Nderi, au nord de Nairobi, alors que le conflit post-électoral persiste.

Des milliers de personnes épouvantées et affamées s'entassent dans les quelque 300 camps pour personnes déplacées. Assurer leur alimentation et leur protection représente un défi logistique énorme. Quelque 80 000 enfants âgés de moins de cinq ans se trouvent dans ces camps. L'UNICEF alimente 70% d'entre eux avec des rations d'UNIMIX, une farine riche en protéines qui permet de prévenir la dénutrition.   

Cependant, bien plus d'aide reste nécessaire.

« Actuellement, nous avons besoin de 6,6 millions de dollar pour assurer les services d'urgence de première nécessité. Sur cette somme, nous avons besoin de toute urgence de trois millions pour l'éducation et la protection, » a déclaré Sarah Cameron. « Sous de nombreux aspects, il s'agit d'une crise de protection pour une génération d'enfants du Kenya. Même si la paix est conclue demain, il faudra au pays des années pour se redresser. »


 

 

Audio (en anglais)

30 janvier 2008 :
La Responsable de la communication d’UNICEF Kenya, Sarah Cameron, décrit la violence qui secoue le Kenya depuis les élections contestées de décembre.

AUDIO écouter

Recherche