Kenya

Histoire d’une jeune femme : Fatuma, 22 ans, présente le conflit post-électoral au Kenya

Image de l'UNICEF: Kenya, unrest
© AP Photo/Khalil Senosi
Une famille attend avec ses effets personnels qu’on la conduise hors du bidonville de Kibera après des journées de violence suite aux élections au Kenya.

Par Blue Chevigny

KIBERA, Kenya, 2 janvier 2008 –  Au moins 300 personnes sont mortes lors des troubles qui ont éclaté à la suite des élections controversées de la semaine dernière au Kenya. La plupart des incidents se sont concentrés autour de Kibera, un bidonville près de Nairobi.

Fatuma Roba, 22 ans, est une des membres de la Voix des jeunes. La jeune femme, qui vit à Kibera, tient également un journal pour Radio UNICEF. Elle commente les événements de ces derniers jours sur Radio UNICEF.

« A mon avis, l’épicentre de la violence [à Nairobi] se situe là où je vis. Et cela affecte tout, » dit-elle de chez elle.

Fatuma ajoute que rien dans sa communauté ne fonctionne normalement. Le conflit a tout affecté, que ce soit l’électricité, l’eau et l’approvisionnement en vivres. Quelques personnes ont dû quitter leur foyer, craignant pour leur vie.

« Nos vies se sont arrêtées », dit-elle. « C’est très tendu et je suis effrayée. »

Les écoles peuvent être touchées

Fatuma craint que ses études n’en pâtissent. L’école devrait ouvrir la semaine prochaine, après les vacances, mais Fatuma sort rarement de sa maison à cause du manque de sécurité. 

« Nous ne savons pas si nous pourrons retourner à l’école » dit-elle. « Pour le moment je ne peux pas dire que je fasse quoi que ce soit. Je ne sais pas qui va arriver ni de quelle direction. »

C’était la première fois que Fatuma votait pour les élections nationales de la semaine dernière au Kenya. Elle dit qu’elle était très contente de voter pour la première fois, mais elle n’est pas sûre de voter encore s’il y avait un nouveau suffrage.

 « En ce moment, vous ne savez pas si vous n’allez pas être victime des violences imputables à une situation politique. J’ai peur de voter une autre fois, car je ne sais pas ce qui risque d’arriver,» explique-t-elle.

Fatuma est une jeune femme qui s’est engagée dans la vie politique et elle participe régulièrement à des activités au centre local pour femmes de Kibera. Les événements de ces derniers jours l’ont profondément attristée et elle s’inquiète de l’avenir immédiat. « Vous ne voulez pas être une victime de guerre dans votre propre pays, se lamente-t-elle, nous sommes des Kényens, c’est notre pays mais nous vivons comme des réfugiés ».


 

 

Audio (en anglais)

Michael Kavanagh, correspondant de Radio UNICEF, parle avec Fatuma Roba, 22 ans, du journal qu’elle a tenu pour l’UNICEF pendant le conflit post électoral à Kibera, au Kenya       AUDIO écouter
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