Kenya

La session de formation effectuée au Kenya constitue une étape importante dans les soins apportés en Afrique aux nouveau-nés au niveau communautaire

Image de l'UNICEF
© UNICEF video
En Afrique, un nouveau programme de formation va contribuer à une meilleure intégration au niveau communautaire de la santé maternelle, néonatale et infantile.

Par Patricia Lone

NAIROBI, Kenya, 26 juin 2007 –  Evelyn Katunge, qui est âgée de vingt-deux ans, ignore la cause de la mort de ses bébés. En avril 2005, chez elle, à Majengo, un quartier pauvre au développement tentaculaire, proche du centre de Nairobi, elle a donné naissance à des jumeaux, un garçon et une fille, en bénéficiant de l’aide d’accoucheuses. Mais sa joie s’est douloureusement dissipée avec la mort au bout de quelques heures de son premier bébé, bientôt suivie de celle du second bébé. Accablée, Evelyn a rejeté la responsabilité sur les deux accoucheuses, sans en être trop sure car elle ne pouvait s’appuyer sur aucun élément tangible.

Dans toute l’Afrique, chaque jour, le malheur d’Evelyn se produit plus de trois mille fois. Plus d’un million de bébés meurent chaque année au cours de leur premier mois de vie. On attribue la cause du décès à une infection, telle que la pneumonie, à une asphyxie à la naissance, à une naissance prématurée ou à une insuffisance pondérale à la naissance. Dans une situation de ce type, l’issue n’est pas nécessairement fatale, mais en Afrique la majorité des mères accouchent chez elle, sans assistance médicale qualifiée. Ceci a des conséquences catastrophiques sur l’espérance de vie du nouveau-né.

Tirer les leçons

On pouvait sauver les bébés d’Evelyn et ceux de millions d’autres mères en Afrique grâce à l’utilisation de méthodes simples, éprouvées et d’un bon rapport qualité/prix. En novembre 2006, l’UNICEF a invité plusieurs responsables de la santé d’Éthiopie, du Kenya, d’Ouganda, de Zambie, du Malawi, du Mozambique et de Madagascar dans le district de Gadchiroli, situé dans l’État de Maharashtra, dans l’ouest de l’Inde, où ils ont étudié le travail de pionnier du Dr Abhay Bang en matière de soins apportés aux nouveau-nés.
Dans le cadre de l’ONG qu’il a fondée, la Society for Education, Action and Research in Community Health – SEARCH (Société pour l’éducation, l’action et la recherche en matière de santé communautaire), le Dr Bang a réussi a réduire des deux tiers le nombre de décès de bébés au cours de leur premier mois de vie dans 40 communautés pauvres et rurales du district de Gadchiroli. Son modèle a été reconnu comme constituant une stratégie applicable et d’un bon rapport qualité/prix pour les communautés pauvres d’Afrique.

Le programme dispense des soins de santé de base aux bébés dont les mères accouchent chez elles. On donne une formation aux agents de santé de village afin qu’ils puissent diagnostiquer des complications telle qu’une pneumonie, une asphyxie avant terme ou à la naissance, et on leur fournit un équipement médical de base, d’une valeur de 60 dollars, qui se compose d’un sac de couchage pour le bébé, d’un ballon et d’un masque de réanimation, et d’antibiotiques.  

Une étape constituant un progrès important

Fin juin, l’UNICEF a réuni 30 formateurs principaux, venant de 10 pays africains, pour huit jours de formation aux soins des nouveau-nés au niveau communautaire. La formation constitue une étape importante dans le cadre des efforts de l’UNICEF en vue d’aider les gouvernements à introduire des soins pour les nouveau-nés en ayant recours aux agents de santé communautaires, aux agents susceptibles d’intervenir dans le domaine sanitaire et à d’autres types de personnel situé en première ligne.
Parmi les participants, il y avait des pédiatres expérimentés, des formateurs sanitaires et des gestionnaires de programme pour la santé maternelle, néonatale et infantile.
L’objectif de cette formation est d’aider à mieux intégrer les soins apportés aux nouveau-nés dans d’autres programmes pour la santé maternelle et infantile au niveau communautaire. L’enseignement élaboré par l’UNICEF est inspiré de celui auquel SEARCH a recours en Inde. Le matériel de communication est une adaptation d’un matériel bolivien.

L’action nécessaire

« Cette formation est exactement celle qu’il nous faut pour encourager l’introduction de soins destinés aux nouveau-nés au niveau communautaire », a constaté la Dr Mary Ngoma, pédiatre consultant à l’University Teaching Hospital en Zambie. Le Ministère zambien de la santé prévoit d’introduire des soins pour les nouveau-nés au niveau communautaire dans deux districts. Des agents de santé communautaires vont être formés pour repérer et prendre en charge les infections chez les nouveau-nés demeurant chez eux.
Mark Tomlinson, qui étudie les systèmes de santé au Medical Research Council du Cap, en Afrique du Sud, a dit que le programme d’enseignement servirait à l’élaboration d’un manuel sur les soins apportés aux nouveau-nés au niveau communautaire. « Nous n’avons plus maintenant qu’à adapter le programme de formation de l’UNICEF au lieu de réinventer la roue », a-t-il observé.

Le Directeur régional de l’UNICEF, Per Engebak, a dit que rien ne saurait excuser l’inaction dans le domaine des soins aux nouveau-nés, dans la mesure où les connaissances, les témoignages et les outils étaient à portée de main. « Nous avons tous besoin à présent de commencer nos interventions et de les faire passer à plus grande échelle, comme le Malawi et l’Éthiopie le font déjà », a-t-il indiqué. « Nous avons le devoir de donner aux nouveau-nés une chance de vivre ».


 

 

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