En bref : Jordanie

Dans le camp de Za'atari, en Jordanie, les élèves font la promotion de l’éducation

Dans le camp de réfugiés de Za'atari, en Jordanie, un groupe d’enfants a une mission : faire du porte à porte dans le camp pour parler aux autres enfants et à leurs parents des bienfaits et de l’importance du retour à l’école.  Regarder dans RealPlayer

 

Par Toby Fricker

Dans le camp de réfugiés de Za’atari, en Jordanie, l’année scolaire commence. Mozoun, 14 ans, fait partie des trente enfants qui ont pour mission de faire retourner leurs camarades à l’école. 

CAMP DE ZA’ATARI, Jordanie, 12 septembre 2013 – Un groupe de jeunes filles franchissent à grandes enjambées la porte de l’école avec une but en tête.  La nouvelle année scolaire commence et elles ont pour mission de faire retourner à l’école les enfants de leur âge. 

Mozoun, 14 ans, fait partie des trente enfants âgés de 12 à 15 ans qui sillonnent le camp de réfugiés où sont hébergés environ 120 000 Syriens afin  de faire la promotion de l’éducation scolaire auprès des enfants et de leurs parents.

Elle tombe sur une mère et ses enfants en train de se laver à l’extérieur de leur caravane. Elle a tellement d’énergie que les mots ne peuvent pas sortir assez rapidement de sa bouche. Elle est décidée à faire passer son message.

« J’adore l’éducation et j’ai conscience de son importance. Les gens doivent faire part aux autres des choses positives qu’ils savent au lieu de les garder pour eux, » dit Mozoun.

Mozoun se présente comme une ambassadrice de l’éducation scolaire dans le camp. « Je suis si heureuse parce que j’ai déjà fait un pas en avant en aidant des élèves à retourner à l’école, » dit-elle.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Jordan/2013/Noorani
Zainab, 11 ans, répond à une question de son professeur dans une école du camp appuyée par l’UNICEF. La campagne de l’UNICEF « Retour à l’école » est en cours avec l’aide de jeunes éducateurs, de responsables de communautés et de chefs religieux pour encourager les enfants à se scolariser.

Soutien de personnalités

Avec environ 30 000 enfants d’âge scolaire vivant dans le camp de Za’atari, il y a beaucoup à faire. Les personnalités religieuses du camp se sont donc jointes à l’équipe.

Dans une tente transformée en mosquée, Abu Omar, l’un des imams du camp, sensibilise les gens à la valeur de l’éducation. Son sermon du vendredi est délivré avec passion. « Je dois vous rappeler quelque chose, » dit-il devant une foule de cent personnes. « À travers l’éducation, vous pouvez atteindre vos objectifs les plus élevés. »

En période de crise, aller à l’école offre sécurité et répit. Les lieux d’enseignement apportent un certain sentiment de normalité dans les vies des enfants ainsi qu’un peu d’espoir pour l’avenir.

« En Syrie, les enfants sont ceux qui construiront la communauté, dit Abu Omar. Ils sont le noyau de la civilisation. C’est pourquoi nous nous préoccupons de leur éducation. »

Viser les enfants non scolarisés

Certes, il est très important d’inciter les enfants à s’inscrire à l’école pour le nouveau semestre mais il est tout aussi important de veiller à ce qu’ils y restent. Lors du dernier semestre, les taux de fréquentation ont chuté pour diverses raisons, l’une d’elle étant les préoccupations liées à la sécurité sur le chemin de l’école, spécialement pour les filles.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Jordan/2013
Mozoun (au centre, avec une veste jaune), 14 ans, s’entretient dans le camp de réfugiés avec une mère en lui disant qu’il est important pour les enfants de retourner à l’école. Avec environ 30 000 enfants d’âge scolaire dans le camp de Za’atari, il y a beaucoup à faire.

Certains enfants, comme Duha, 11 ans, doivent parcourir à pied plus de deux kilomètres pour parvenir à l’école la plus proche. Pour rassurer les parents, des points de rassemblement ont été mis en place pour que les enfants se rencontrent et aillent en groupe à l’école, accompagnés d’un enseignant.

« Ils vont à l’école et en reviennent sans le moindre problème. Maintenant, je me sens en confiance, ce qui me donne la possibilité de faire autre chose, » dit Mustafa, le père de Duha.

D’autres, simplement, ne font pas de l’éducation une priorité pendant une période si difficile. « Quand nous sommes arrivés à Za’atari, nous avons complètement oublié tout ce qui concernait l’école à cause de la situation, » dit Abu Raed, père de sept enfants. « Notre objectif principal, c’était simplement de suivre les actualités et de voir ce qui se passait à ce moment en Syrie. » 

Un rappel bienvenu

Un jour Mozoun et ses camarades se sont rendus dans la caravane d’Abu Raed et leurs mots ont eu un impact direct. « Quand la campagne et venue jusqu‘à nous, cela nous a rappelé qu’il fallait envoyer nos enfants à l’école, » dit Abu Raed. « D’abord, nous les ôtons de la rue. Ensuite, ils vont à l’école, apprennent et obtiennent des diplômes. »

Mohamed, le fils d’Abu Raed est l’un des 11 396 enfants qui sont à présent inscrits dans les trois écoles du camp de Za’atari. Il attend avec impatience le prochain semestre. « Quand mon père m’a inscrit à l’école, j’ai été très content parce que je savais que je ne serai plus dans la rue, » dit-il.

L’UNICEF épaule la campagne menée pour le retour des enfants à l’école en partenariat avec Save the Children Jordanie.


 

 

Photographie : Crise en Syrie

Partenariat UNICEF-Union européenne

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