En bref : Jordanie

Le combat d'une famille résonne à travers toute une région

Image de l'UNICEF
© UNICEF Jordan/2013/Romboli
Des enfants vivant dans le camp de réfugiés de Za'atari, en Jordanie, montrent leurs dessins à Paloma Escudero, Directrice de la Communication pour l'UNICEF.

Par Melanie Sharpe

Les familles fuyant la violence de la crise syrienne sont maintenant dispersées à travers toute la région. Les soutenir est un défi croissant dans le contexte d’un conflit qui n’en finit pas.

Irbid, Jordanie, 21 août 2013 - Chaque jour est une lutte pour survivre pour Noura, Muhammed et leurs six enfants, qui ont fui les violences en République arabe syrienne. Aucun des enfants n’a été scolarisé, et le fils de 15 ans travaille pour aider à soutenir la famille.

Ted Chaiban, Directeur des programmes d’urgence, et Paloma Escudero, Directrice de la Communication pour l’UNICEF, ont rendu visite à la famille dans le petit appartement où ils se sont réfugiés à Irbid, dans le nord de la Jordanie.

La famille explique que leur petite entreprise a été détruite et qu’ils ont dû quitter leur pays les mains vides. Maintenant, comme des milliers d'autres familles syriennes à travers la région, la famille fait face à un avenir incertain.

De plus en plus dur de faire face

Après avoir rencontré des enfants et leurs familles à Irbid et dans le camp de réfugiés de Za'atari - le deuxième plus grand camp de réfugiés au monde - M. Chaiban lance un appel :

«Plus de 4 millions d'enfants syriens sont touchés par cette situation d'urgence. Nous devons nous rappeler que chacun de ces enfants est un individu avec une histoire personnelle, que chacun a subi un déplacement, la violence et des pertes horribles, rappelle-t-il.  La communauté internationale ne peut pas oublier ces enfants ».

L'urgence syrienne a conduit à une des plus grandes crises de réfugiés au monde sur les 20 dernières années. Selon les statistiques du gouvernement, la Jordanie seule accueille environ 600.000 réfugiés syriens, et  l'UNICEF estime que la moitié d'entre eux sont des enfants.

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© UNICEF Jordan/2013/Romboli
Ted Chaiban, Directeur des programmes d’urgence, est assis avec les enfants dans une école dans le camp de réfugiés de Za'atari, en Jordanie. « La communauté internationale ne peut pas oublier ces enfants», dit-il.

Les rapports récents d’intensification de la violence au sein de la République arabe syrienne laisse présager l’aggravation de la crise des réfugiés. Un communiqué publié cette semaine par l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés a déclaré que quelque 30.000 Syriens avaient franchi la frontière avec le nord de l'Irak la semaine dernière, et des milliers d'autres attendaient encore pour traverser.

Les pays voisins n’arrivent plus à faire face à l'afflux continu de réfugiés.

Depuis le début de la crise, l'UNICEF et ses partenaires ont redoublé leurs efforts pour fournir à des millions d'enfants de l'eau potable et des services d'assainissement, de vaccination, d'éducation et de santé, dont un soutien psychosocial.

Espace sécurisé

A Irbid, les enfants de Noura et Muhammed se rendent désormais dans un nouvel espace sécurisé mis en place par l’UNICEF, qui fournit un environnement sûr pour que les enfants puissent jouer - une mesure petite mais importante pour reconquérir un peu de leur enfance.

L'UNICEF travaille dans toute la région pour aider les enfants à retourner à l’école le mois prochain. En République arabe syrienne, l'UNICEF estime qu'un bâtiment scolaire sur cinq ne peut pas être utilisé parce qu'il a été endommagé, détruit ou est utilisé pour abriter les familles déplacées par la violence. Si les enfants ne reçoivent pas d’éducation, ils perdent leur enfance - et la société risque de perdre une génération entière.

«Une chose surtout m'a donné espoir ici – c’est que ces enfants n'ont pas encore perdu tout espoir eux-mêmes. Ils m'ont dit qu’ils rêvent de devenir médecins, ingénieurs ou enseignants, explique Mme Escudero, après avoir visité l'une des écoles soutenues par l'UNICEF dans le camp. C'est un rappel, aussi, que nous devons continuer à faire tout notre possible pour les aider. »

Plus le conflit dure, plus il sera difficile de guérir les blessures profondes au sein de la société syrienne. Il est plus urgent que jamais de parvenir à une résolution politique et pacifique au conflit.


 

 

Photographie : Personnes réfugiées et déplacées

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