En bref : Jordanie

Protéger les enfants réfugiés syriens non accompagnés en Jordanie

Image de l'UNICEF
© UNICEF Jordan/2013/Youngmeyer
Camilla Jones, Spécialiste de la protection de l’enfance pour l' UNICEF, oeuvre pour la sécurité des enfants réfugiés syriens séparés et non accompagnés et pour les réunir avec leurs familles.

Par David Youngmeyer

ZA'ATARI, Jordanie, 19 février 2013 - Alors que le conflit syrien se poursuit sans relâche, 1850 réfugiés franchissent la frontière avec la Jordanie chaque jour, dont des enfants séparés de leurs familles.

Au 8 février, 45 enfants séparés et non accompagnés ont été identifiés depuis début 2013.

Assurer la sécurité des enfants non accompagnés

Nombre de ces enfants atteignent  la Jordanie dans un état de choc. Ils sont fatigués, affamés, incertains de ce que leur réserve l'avenir. Certains sont blessés.

Camilla Jones, Spécialiste de la protection de l’enfance pour l’UNICEF, fait partie de l'équipe de première ligne oeuvrant pour la sécurité de ces enfants en situation de grande vulnérabilité. Mlle Jones se rend régulièrement au camp de réfugiés de Za'atari, qui accueille des dizaines de milliers de réfugiés.

Les nouveaux arrivants sont accueillis à la frontière et escorté par bus vers le camp. Ils sont rassemblés au centre d'accueil, où ils sont enregistrés par le Haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés (HCR) et reçoivent un repas et des fournitures de base, tel que des couvertures.

Mlle Jones explique que les enfants non accompagnés et séparés de leurs familles sont à ce moment-là identifiés et placés dans des structures d'accueil jusqu'à ce qu'ils puissent être réunis avec leurs familles.

« Notre objectif est de réunir les enfants non accompagnés avec leurs parents lorsque cela est possible et approprié, et de leur fournir des soins et une protection dans l’intervalle explique-t-elle. La protection des enfants sauve des vies. Les enfants sans protection familiale encourent des risques accrus d’être exploité, une situation à laquelle il est dur pour eux de faire face ».

Fournir un appui, réunir les familles

Mlle Jones expliquent que ces enfants peinent à faire face à leurs expériences liées au conflit et au déplacement. «Nous leur fournissons un soutien et leur faisons faire des activités pour occuper leurs esprits et leur donner un encadrement. Il est clair que ces enfants sont frustrés par leur manque de capacité à changer la situation en Syrie. Ceci est apparent dans leurs jeux et leurs interactions, qui peuvent parfois être agressifs ».

International Medical Corps, partenaire de l'UNICEF, travaille avec un groupe de garçons adolescents afin de leur donner l’opportunité de parler de leurs expériences et de faire face à la dépression et à des sentiments agressifs.

Au cours d'une récente mission dans le camp, Mlle Jones a rencontré un garçon de 6 ans au centre d'accueil. Il était arrivé seul, portant seulement quelques bouts de vêtements. Le garçon avait été identifié comme non accompagné et quelques informations de base avaient été recueillies sur sa situation.

Plus tard, un homme prétendant être le père du garçon est arrivé au camp et a demandé à être réuni avec lui. Le garçon avait été laissé à la garde d'un oncle en Syrie. Celui-ci, ne pouvant plus prendre soin de l'enfant, l’avait envoyé en Jordanie. Il avait essayé deux fois de traverser la frontière avant de réussir.

Après avoir confirmé que l'homme était véritablement le père du garçon, un autre partenaire de l'UNICEF, le Comité international de secours, a travaillé avec le gouvernement de la Jordanie pour permettre à l'enfant de quitter le camp et de retourner vivre dans sa famille dont il était séparé depuis plus d'un mois.

«La plupart des enfants non accompagnés qui arrivent à Za'atari ont entre 14 et 17 ans, dit Mlle Jones. Les très jeunes enfants restent généralement proche de leurs parents et il est rare pour eux de franchir la frontière seuls ».

Un besoin urgent de renforcement de l’aide

Un enfant peut se retrouver séparé de sa famille pour diverses raisons. «La séparation peut être le liée au conflit et au déplacement. Ils fuient la violence et peuvent avoir besoin d’assistance médicale. Certains arrivent pour rejoindre des membres de leur famille», explique Mlle Jones.

Mais Mlle Jones avertit que plus de ressources sont nécessaires pour assurer la sécurité des enfants, car ils sont de plus en plus nombreux à traverser la frontière. « L'énorme afflux de nouveaux réfugiés met à rude épreuve les systèmes de protection existants, avec beaucoup d'enfants à placer dans des endroits sûrs dans le camp, puis à soutenir et suivre. Chaque cas est important et doit être examiné de près pour trouver des solutions. C'est un processus très long et intensif ».

«Cette programmation doit être maintenue pendant la durée du déplacement d’un enfant pour assurer que l'environnement protecteur mis en place autour cet enfant soit stable. Cela nécessite un engagement et un financement soutenu. Les programmes pour les enfants non accompagnés et séparés à travers la Jordanie ont besoin de fonds supplémentaires pour permettre une action à grande échelle», dit-elle.


 

 

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