En bref : Jordanie

Un responsable des urgences de l’UNICEF, Konady Kone, évalue les conditions de vie dans le camp de réfugiés de Za'atari, en Jordanie

Par David Youngmeyer

ZA’ATARI, Jordanie, 31 janvier 2013 – Chaque jour est différent pour Konady Kone, qui est le responsable de l’UNICEF sur place à Za’atari, un camp de réfugiés tentaculaire dans le désert situé au Nord de la Jordanie, près de la frontière syrienne.

Au camp de réfugiés de Za'atari en Jordanie, un responsable des urgences de l’UNICEF, Konady Kone, parle avec des familles syriennes et évalue les conditions de vie sur place.  Regarder dans RealPlayer

 

Les responsabilités de Konady, en tant que spécialiste de l’aide d’urgence sur le terrain et gestionnaire de camp de l'UNICEF, l’amènent presque quotidiennement au camp où il rencontre régulièrement les familles de réfugiés et le personnel des organismes partenaires. Il est à la fois administrateur, médiateur et diplomate de ce site qui héberge environ 70 000 personnes.

Un afflux important de réfugiés

Un des problèmes majeurs actuels est l’afflux important de réfugiés en provenance de la Syrie. Depuis le début de janvier de cette année, environ 30 000 Syriens se sont enfuis en Jordanie, soit deux fois plus qu’en décembre 2012.

Après qu’ils ont franchi la frontière, les enfants et les familles sont récupérés par des bus, puis escortés jusqu’à la zone d’accueil du camp, où ils sont enregistrés avant de recevoir un hébergement et des fournitures essentielles, comme des couvertures et de la nourriture.

Fuir la Syrie peut s’avérer difficile et dangereux, comme en témoignent certains réfugiés blessés par des tirs ou des éclats de shrapnel. De nombreuses familles voyagent à pied et de nuit, empruntant des chemins de traverse pour éviter les combats. Cela peut prendre des heures ou des jours pour atteindre la frontière.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Jordan/2013/Youngmeyer
Konady Kone, responsable des urgences pour l’UNICEF, évoque un problème soulevé par un réfugié syrien au camp de réfugiés Za’atari dans le nord de la Jordanie.

Konady est une figure bien connue dans le camp. Quand il marche à travers le camp, les enfants le suivent, et de temps en temps un réfugié adulte s’arrête pour discuter d’un problème ou pour obtenir un conseil. L’UNICEF est largement présent dans le camp et travaille avec ses partenaires pour fournir de l’eau, des installations d’assainissement, des fournitures pour l’hygiène, des vaccins, des vêtements d’hiver pour les enfants, une éducation, et des services de protection des enfants.

Konady rend visite à un couple âgé qui vit sous une tente dans la partie plus ancienne du camp, «  juste pour bavarder avec eux et voir s'ils ont des problèmes que nous pourrions tâcher de résoudre ».

Le grand-père de près de 90 ans, explique que lui, sa femme et les 60 membres de sa famille élargie, y compris les enfants, ont quitté la Syrie il y a six mois. Ils ont marché pendant quatre heures avant de rejoindre la Jordanie. Bien qu’ils aient très  peu, ils insistent pour que Konady prenne le thé. La famille raconte que pendant le jour les températures sont supportables, mais qu’il fait très froid la nuit tombée. Ils s’inquiètent du nombre de couvertures et de la quantité de gaz reçue pour le chauffage.

Des ressources limitées

Konady s’arrête ensuite dans une nouvelle section du camp, où les ouvriers installent dans les blocs de douche collectifs des systèmes pour chauffer l’eau au gaz. Des chauffe-eau au gaz ont déjà été installés dans 48 blocs, alimentant en eau chaude plus de 14 000 réfugiés de Za’atari. L’afflux continu de réfugiés grève lourdement les dispositifs actuels pour l’eau, l’assainissement et l’hygiène. De nouvelles toilettes et salles d’eau sont en construction pour répondre à la demande.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Jordan/2013/Youngmeyer
Une nouvelle section du camp de réfugiés de Za’atari où des abris préfabriqués remplacent les tentes.

Une autre question concerne les conséquences des fortes pluies et des neiges récentes, qui ont causé d’importantes inondations à travers le  camp et submergé de nombreuses tentes. L’UNICEF a distribué des vêtements chauds, en même temps que des matelas pour remplacer ceux qui avaient été détrempés par la pluie. Des centaines de réfugiés se sont mis à l'abri dans l'école du camp. Plusieurs semaines plus tard, ils sont toujours là, posant un problème potentiel aux milliers d'enfants qui se préparent à retourner en classe.

Konady discute de la situation avec les organismes partenaires afin d’assurer que les familles déplacées aient un endroit où aller et des fournitures de base, une fois qu’ils quitteront l’école. Il se rend ensuite à l’école pour rencontrer les familles réfugiées. Bien que certaines familles déménagent, beaucoup d’autres restent dans les classes où elles ont entassé les pupitres et les chaises dans un coin pour faire de la place.

Konady explique que beaucoup de gens lui ont dit que l’école était bien plus qu’un lieu d’apprentissage – qu’elle était un facteur de stabilité pour tout le camp.

« C’est pourquoi tant de gens déplorent que l’école ne retrouve pas sa fonction première, affirme Konady. Ils veulent tous partir d’ici afin que les enseignements puissent reprendre. Il faut tout faire pour que l’école redevienne une école ».

Konady ajoute : « Je suis heureux de pouvoir parler aux réfugiés, de connaitre leur opinion sur les services que nous leur apportons et comment nous pouvons améliorer les choses ».


 

 

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