Jamaïque

En Jamaïque, des vies de jeunes sont métamorphosées par les informations sur la prévention du SIDA du « Bus de la fête »

Image de l'UNICEF: ‘Bashy Bus’ fights AIDS
© UNICEF Jamaica/2008/Niles
Andre Lennon devant le Bashy Bus (le « Bus de la fête ») chargé de sensibiliser les jeunes au VIH/SIDA à travers la Jamaïque. La rencontre d’Andre avec le bus a changé sa vie.

Par Chris Niles

La 17ème conférence mondiale  sur le SIDA débute le 3 août au Mexique. Environ 25 000 personnes sont attendues parmi lesquelles des dirigeants politiques, des responsables de la santé publique et  des jeunes touchés par le SIDA. Ce qui suit est un reportage faisant partie d’une série servant d’introduction à la conférence annuelle.

SPANISH TOWN, Jamaïque, 25 juillet 2008 – Andre Lennon, 20 ans, est un jeune homme à la voix calme et posée, d’un naturel confiant et affichant un léger sourire. Il vit avec mère et sa grand-mère dans une petite maison entourée d’un jardin qu’il entretient lui-même.

Cela n’a qu’un lointain rapport avec la vie qu’il a connue quand il a grandi,  tout près de là,  dans l’un des endroits incontestablement les plus violents de la Jamaïque.

« J’ai été confronté  à une bonne part de crime et de violence dans ma vie, » affirme Andre, décrivant comment son père, son oncle et son meilleur ami ont été tués et comment son ancienne maison a été réduite en cendres.

Immergé dès son jeune âge dans la culture des armes à feu, Andre a du faire beaucoup d’efforts pour trouver sa propre voie. Il aurait pu facilement devenir ce qu’on appelle un « mauvais garçon ». Mais grâce aux efforts de l’UNICEF et d’un partenaire de l’île, Children First, sa vie a pris un virage dans la direction opposée. 

S’adresser directement aux jeunes

« Le Bashy Bus m’a sauvé la vie, » affirme Andre. « Il m’a fait penser de la façon dont un jeune devrait penser. »

« Bashy » est le terme jamaïcain pour « fête » et le Bashy Bus a recours à l’art dramatique et à la chanson pour s’adresser directement aux jeunes sur des sujets importants. Le bus parcourt le pays, portant sur la scène les défis que les enfants et les jeunes doivent affronter face au VIH/SIDA ainsi que l’énorme pression sociale les poussant à avoir des relations sexuelles précoces.

« C’est fantastique et ça amène beaucoup de monde. Il n’y a pas beaucoup de situations dans lesquelles les jeunes font la queue pour recevoir des prestations relevant de la santé publique, » affirme le Conseiller régional de l’UNICEF sur le VIH/SIDA Mark Connelly.

Un élément du système de santé

Le programme du Bashy Bus, qui est aidé par l’UNICEF, touche efficacement les jeunes parce que des jeunes apportent eux-mêmes l’information.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Jamaica/2008/Niles
Des jeunes du lycée Jonathan Grant en train d’écouter les informations du « Bashy Bus » sur la prévention du SIDA

« Il y a plus de chances qu’ils écoutent des gens de leur âge, » affirme Andre, « car chaque jeune ne va pas voir ses parents pour leur dire ce qu’il est en train de subir. »

Les spectacles du Bashy Bus sont turbulents et drôles. Mais l’atmosphère de fête est trompeuse. Le bus est un élément à part entière du système national de santé qui guide les jeunes vers des prestations telles que les tests prénataux et le dépistage du VIH.

« Le Bashy Bus ne fonctionne pas dans le vide, » affirme le Représentant de l’UNICEF en Jamaïque, Bertrand Bainvel. « Il sert de complément à l’ensemble des prestations apportées par le système national de santé. Et il est articulé de façon à ce que vous ayez des éléments d’information découlant de ce programme, contribuant à la riposte au niveau national – mais vous avez aussi un très puissant système d’aiguillage vers les services compétents. »

Un brusque désir de changement

Motivé par le message du Bashy Bus, Andre a reçu une aide psychologique et subi un test de dépistage du VIH.

« J’étais en fait anxieux parce que j’aurais pu être séropositif car j’étais très vulnérable et en situation de risque, » se souvient-il. Le test était négatif et cela a donné à Andre le brusque désir de changer sa vie. Il projette d’aller à l’université et espère devenir comédien.

« Je me sens très, très bien et je me dis que je ne me livrerai jamais à des relations sexuelles non protégées, » affirme-t-il.


 

 

Vidéo (en anglais)

Le reportage du correspondant de l’UNICEF Chris Niles sur le changement qu’apporte le Bashy Bus aux vies des jeunes Jamaïcains.
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