Jamaïque

Ismael Beah invite les enfants jamaïcains à ne pas capituler devant la violence

Image de l'UNICEF
© UNICEF/2008/Markisz
L’ancien enfant soldat Ismael Beah lance un message positif de non- violence destiné aux jeunes Jamaïcains.

Par Allison Hickling

KINGSTON, Jamaïque, 30 avril 2008 – Dans un pays où la violence et les conflits font partie du quotidien de beaucoup d’enfants, l’ancien enfant soldat Ismael Beah a invité les Jamaïcains à réfléchir à son message d’espoir et de résistance.

Pour sa première mission en tant que Défenseur pour l’UNICEF des enfants affectés par la guerre, M. Beah a rencontré de jeunes Jamaïcains qui grandissent dans un environnement de violence et il s’est rendu dans plusieurs communautés où la vie des enfants est perturbée par des conflits.

La violence est une des menaces les plus graves pour les enfants jamaïcains. Quelque 87 %  des enfants de 2 à 14 ans subiraient des punitions psychologiques ou physiques. Seulement 28 pour cent des enfants estiment que leurs communautés sont sans danger.

Image de l'UNICEF
© UNICEF/2008/Markisz
Dans la communauté de Trenchtown, où la violence est endémique, des jeunes jouent au football avec Ismael Beah, le Défenseur des enfants affectés par la guerre.

Des enfants pris dans les guerres de gangs

« Vous avez tous la force et la capacité de triompher de la violence », a déclaré M. Beah à un groupe d’enfants et de jeunes, à Spanish Town, à l’ouest de Kingston, lors d’une visite de l’ONG Children First (Les enfants d’abord), qui bénéficie de l’appui de UNICEF. Cette ONG donne un enseignement de rattrapage, une formation à des compétences de base et d’autres possibilités aux enfants à risque.

Alors qu’il était enfant — il avait 13 ans —, M. Beah a été contraint de combattre dans la guerre civile de Sierra Leone, son pays natal. Il a finalement été délivré et réinséré avec l’aide de l’UNICEF. Aujourd’hui, il parcourt la terre entière en faisant campagne contre l’utilisation des enfants dans les conflits et en invitant les jeunes à résister à la violence.

Des enfants, d’un bout à l’autre de la Jamaïque, sont pris dans des guerres de gangs, où ils servent d’espion ou de guetteur. Ils sont souvent forcés de cacher des armes et d’en faire usage.

Dans les communautés de Trenchtown, Arnett Gardens, Federal Gardens et Dunkirk à Kingston, où la violence est endémique, M. Beah a invité les enfants qui n’ont guère de chances de bénéficier d’une éducation et de trouver un emploi à ne pas répondre à l’appel des gangs.

Image de l'UNICEF
Ismael Beah parle devant Children First (Les enfants d’abord), une ONG bénéficiant de l’appui de l’UNICEF, qui donne un enseignement et une formation de rattrapage aux adolescents et aux jeunes adultes jamaïcains de Spanish Town, Kingston.

Des possibilités dans les communautés pauvres

Il a repris le message en insistant sur ce thème à l’Eastern Peace Center, une zone de sécurité pour les enfants dans la communauté de Mountain View. « La violence paraît fascinante lorsqu’elle ne fait pas partie de votre vie », a-t-il dit. « Mais une fois que vous avez franchi le pas, ce n’est plus fascinant du tout. »

M. Beah dit très clairement que pour briser le cycle de violence il faut s’engager dans des efforts à long terme.

L’une des mesures principales qu’il préconise, c’est de traiter les jeunes responsables de violence comme des victimes, et de leur apporter amour, soutien et pardon, sans condition. Une autre mesure consiste à donner aux enfants et aux jeunes des communautés pauvres davantage de possibilités de s’instruire et de mener des activités génératrices de revenus. 

« Il peut apporter beaucoup d’espoir »

M. Beah est également convaincu qu’il faut donner de l’espoir aux enfants qui ne voient pas d’issue à une vie perturbée. En Jamaïque, ses paroles d’encouragement ont rencontré un grand écho chez des enfants pour lesquels la violence est une réalité quotidienne.

« Ismael peut toucher beaucoup de jeunes », a dit l’un d’entre eux, qui habite Dunkirk. « Il peut donner beaucoup d’espoir à des enfants qui n’en ont pas du tout. »


 

 

Vidéo (en anglais)

30 avril 2008 :
La correspondante de l’UNICEF, Melissa Leschuck, décrit la tournée effectuée par Ismael Beah en Jamaïque et le message de non-violence qu’il a lancé à cette occasion en s’adressant aux jeunes.

 VIDEO  haut | bas

Obtenez des vidéos de qualité professionnelle chez The Newsmarket

Recherche