Iraq

Shereen, une réfugiée syrienne du camp de Kawergosk, dans le Kurdistan iraquien, ne souhaite que deux choses pour ses filles : la paix et pouvoir retourner chez elle

Image de l'UNICEF
© UNICEF Iraq/2013/Niles
(Au centre) Shereen tient ses enfants – Yasmine, 2 ans, Ayenda, 7 mois – dans leur tente du camp de réfugiés de Kawergosk, dans le Kurdistan iraquien. La sœur de Shereen, assise à proximité, et sa famille ont effectué un long périple avec elles.

Par Chris Niles

Shereen et ses deux jeunes filles ont trouvé refuge dans le camp de réfugiés de Kawergosk dans le Kurdistan iraquien. Un jour, espère-t-elle, elle et ses enfants pourront connaître la paix dans leur maison de la République arabe syrienne.

ERBIL, Iraq, 9 octobre 2013 – La plus jeune des filles de Shereen s’appelle Avenda qui, dit la mère, signifie « avenir ».

Elle s’inquiète pour Avenda qui est âgée de 7 mois et a la diarrhée. Deux visites dans un dispensaire du camp de réfugiés de Kawargosk n’ont pas guéri le bébé.

Shereen, 25 ans, son autre fille, Yasmine, 2 ans, Avenda, la sœur de Shereen - Mizgen - le mari de cette dernière et leurs quatre enfants ont été parmi les premiers à traverser la frontière de la République arabe syrienne quand celle-ci a été ouverte à la mi-août. Leur foyer est à présent une petite tente dans le camp de Kawergosk. Sur le sol, il y a un tapis et un refroidisseur d’air fonctionne à plein régime pour que les enfants n’aient pas trop chaud. 

« C’est très, très différent d’être ici,  affirme Shereen. Ce n’est pas mon monde. Je dois partir. »

Elle explique que le conflit a failli toucher les membres de sa famille en République arabe syrienne et qu’ils ont commencé à manquer de nourriture. Quand la chance d’aller dans le Kurdistan iraquien s’est présentée, ils l’ont saisie. Comme des dizaines de milliers d’autres, ils ont marché pendant des heures vers la frontière et sont arrivés avec seulement ce qu’ils pouvaient porter.  

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© UNICEF Iraq/2013/Niles
Shereen s’inquiète pour Ayenda qui continue à souffrir de diarrhée malgré deux visites au dispensaire du camp. « C’est très, très différent d’être ici, » dit Shereen. « Ce n’est pas mon monde, je dois partir d’ici. »

La famille fait partie des 61 000 réfugiés qui sont arrivés dans le Kurdistan iraquien depuis l’ouverture de la frontière, à la mi-août.

Kawergosk est l’un des différents camps qui ont été construits pour faire face à cette situation. C’est une installation provisoire et, à la date du 12 septembre, elle abritait environ 12 240 personnes. L’UNICEF est à pied d’œuvre avec ses partenaires pour amener chaque jour par camions citernes 500 000 litres d’eau potable ; l’organisation épaule aussi un dispensaire de Médecins sans frontières qui a ouvert cette semaine et a immédiatement commencé à soigner des enfants comme Avenda. 

De concert avec le Conseil norvégien pour les réfugiés, il encourage une bonne hygiène afin que les familles puissent se maintenir elles-mêmes en bonne santé malgré les températures élevées et les installations sanitaires communes.

Avoir sa famille autour d’elle, le fardeau qui pèse sur Shereen s’est allégé mais elle aspire au confort de son ancienne vie. « La chose la plus importante est d’avoir une maison comme il faut, » dit-elle.

Et, malgré les difficultés, elle est heureuse que ses enfants soient à présent en sécurité à l’écart du conflit. Quand on lui demande ce qu’elle souhaite pour l’avenir, elle énumère deux choses : la paix et retourner chez elle.

« Mais j’espère tout cela pour mes enfants, pas pour moi, » dit-elle.


 

 

Photographie : Crise en Syrie

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