Iraq

En Iraq, malgré les obstacles, on va de l’avant dans la lutte pour le développement du jeune enfant

Image de l'UNICEF: Iraq: Early childhood development
© UNICEF Iraq/2003/Dhayi
Dans un camp situé à Bagdad en Iraq, qui reçoit une aide de l’UNICEF, de jeunes enfants s’amusent avec des jouets. Ce camp a accueilli, après le début de la guerre en 2003, des personnes victimes de cette guerre, dont 600 enfants.

Les soins apportés au jeune enfant et son éducation constituent le thème 2007 du « Rapport mondial de suivi sur l’éducation pour tous » dont le lancement va être effectué le 26 octobre par l’UNESCO et l’UNICEF. Voici le dernier d’une série d’articles abordant ce sujet.

AMMAN, Jordanie, 20 octobre 2006 – L’élaboration d’une politique iraquienne, au niveau national, de développement du jeune enfant – DJE – se heurte à des obstacles majeurs, la sécurité précaire en Iraq, la difficulté de gérer à distance des programmes pays de l’UNICEF et la succession rapide des interlocuteurs au sein des pouvoirs publics.

Il existe d’autres problèmes majeurs : le manque d’enseignants préscolaires, d’agents de santé et de travailleurs sociaux ayant bénéficié d’une formation, ainsi que l’absence de données sur les pratiques d’éducation des enfants.

« Que cela concerne l’éducation, les niveaux de nutrition ou l’accès aux services de base, tous les aspects de la vie des enfants sont affectés par la poursuite du conflit en Iraq », déclare l’administratrice hors classe du programme Iraq de l’UNICEF, Geeta Verma. Mme Verma est actuellement basée ici, à Amman, où sont coordonnées une bonne partie des actions de l’UNICEF Iraq, en raison des problèmes de sécurité.

Santé du nourrisson et du jeune enfant

En dépit de ces obstacles, plusieurs projets allant dans le sens du DJE ont été lancés avec l’appui de l’UNICEF. Ils concernent la santé, l’éducation, ainsi que l’eau et l’assainissement.

En fait, de grands succès ont déjà été obtenus dans le domaine de la santé – notamment avec l’iodisation universelle du sel (afin d’empêcher les troubles liés à la carence en iode), le recul de l’anémie due à une carence en fer et l’enrichissement en fer et en folate de la farine de blé produite localement. En outre, un meilleur accès à l’eau salubre et à un assainissement de base a contribué à diminuer chez les nourissons et les jeunes enfants les maladies et les décès d’origine hydrique.

Mais l’éducation du jeune enfant demeure particulièrement difficile en Iraq. Dans un pays qui compte plus de 4 millions d’enfants de moins de cinq ans, il y a 650 établissements préscolaires publics et on ne dispose pas de statistiques sur le nombre d’établissements privés correspondants.

Lacunes dans le domaine de l’éducation

Selon une enquête scolaire effectuée en 2003-2004 par le Ministère de l’éducation et l’UNICEF, seulement 5,7 pour cent des enfants de trois à cinq ans  – dont la majorité se trouve dans des zones urbaines – vont à l’école maternelle et les écoles sont généralement de qualité médiocre.

L’UNICEF a pris plusieurs mesures pour lutter contre ces lacunes d’ordre éducatif et  a notamment :

  • organisé en avril 2005 un voyage d’étude en Égypte pour 25 techniciens iraquiens du DJE
  • formé 25 spécialistes de la petite enfance à mener des enquêtes auprès des ménages
  • distribué des colis d’urgence contenant des fournitures conçues pour favoriser le développement du nourrisson et du jeune enfant.
Image de l'UNICEF: Iraq: Early childhood development
© UNICEF/2003/Noorani
Dans un jardin d’enfants d’Iraq, des jeunes élèves utilisent des crayons de couleur et des cahiers de dessin fournis par l’UNICEF.

Mieux élever et mieux soigner

Là encore avec l’appui de l’UNICEF, le Ministère de l’éducation et le Bureau central des statistiques et de la technologie de l’information mènent à présent une enquête auprès des ménages sur les pratiques d’éducation des enfants. Le Gouvernement iraquien va élaborer une politique de DJE au niveau du pays en s’appuyant notamment sur les résultats de l’enquête. Cette politique doit être mise en oeuvre dans des zones qui auront été choisies dans tous les gouvernorats.

« Ils veulent bâtir une politique », note la responsable du projet éducation en Iraq de l’UNICEF, Maria Klappe. « Mais auparavant ils veulent savoir quel est l’état de la situation. Comment les enfants sont-ils élevés ? Aussi avons-nous décidés de dresser un constat des pratiques d’éducation des enfants qui servira de base de référence ».

Un Comité national pour le DJE, créé en juillet, est chargé de favoriser des pratiques permettant de mieux élever et de mieux soigner, chez soi et dans les communautés. Une étroite coopération entre les Ministères de l’éducation, de la santé, du travail et des affaires sociales va être nécessaire pour faire en sorte que les enfants iraquiens grandissent dans un environnement sain, stimulant et sûr.

Compte tenu des réalités sur le terrain, le processus de création en Iraq d’un programme de DJE bien géré et bien financé va nécessiter beaucoup de temps et un engagement considérable. L’UNICEF va continuer à appuyer ses interlocuteurs pour l’amélioration des pratiques de DJE, de telle sorte que tous les enfants iraquiens puissent réaliser pleinement leur potentiel.

« On espère que d’ici la fin de l’année nous pourrons élaborer une stratégie nationale », dit Mme Klappe. « C’est une véritable base de départ et à partir de là nous avancerons pas à pas ».

Tim Ledwith, depuis New York, a contribué à cet article.


 

 

Vidéo (en anglais)

19 octobre 2006 : l’administratrice de programme hors classe de l’UNICEF, Geeta Verma, évoque la situation des enfants en Iraq  et les obstacles à surmonter pour donner des soins aux jeunes enfants.
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19 octobre 2006 : la responsable de projet éducation de l’UNICEF, Maria Klappe, décrit l’appui apporté au Gouvernement iraquien pour l’élaboration d’une politique nationale du développement du jeune enfant.
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