Indonésie

Dans la lutte contre la malnutrition, l’information est clé

La garantie d’une bonne nutrition est un enjeu majeur en Indonésie où un enfant de moins de cinq ans sur trois est atteint de retard de croissance.

 

Par Michael Klaus

Dans le cadre d’un programme pilote UE-UNICEF dont le but est de réduire la malnutrition, un agent sanitaire local d’Indonésie aide à faire comprendre aux mères la valeur d’une bonne nutrition et d’une pratique correcte de l’allaitement au sein.

KLATEN, Indonésie, 16 mai 2014 – Alors qu’elle descend la rue, Ibu Sani sourit et lance : « Selamat pagi ! »   – « Bonjour ! » Agent sanitaire local bénévole depuis plus de vingt ans, elle connaît chaque femme et chaque enfant de son village de la province de Java central.

Appelés « cadres », les agents sanitaires locaux bénévoles jouent un rôle important dans le système de santé indonésien. Parle biais du posyandu local, un dispensaire de village, les cadres ont un lien direct avec les mères de leur communauté.

« Beaucoup de mères de la communauté viennent me voir pour avoir des informations, dit Sani. Elles veulent savoir comment préparer la nourriture pour leurs enfants et leur famille et à partir de quand elles doivent donner des aliments solides à leur enfant. »

La nutrition au cœur des préoccupations

En Indonésie, où un enfant sur trois est atteint de retard de croissance, la malnutrition est un problème majeur. Le retard de croissance, qui ralentit la croissance physique et le développement du cerveau, se produit lorsqu’un enfant ne reçoit pas un alimentation assez nutritive ou souffre de façon répétée de maladies comme la diarrhée qui éliminent les nutriments. La période la plus critique pour la croissance et le développement de l’enfant sont les 1 000 jours allant du début de la grossesse au second anniversaire  de l’enfant.   

Des femmes comme Sani travaillent comme cadres depuis des années. En partenariat avec l’Union européenne, l’UNICEF s’est axé sur la nutrition en introduisant un module de formation destiné à permettre aux cadres d’aider les mère à bien se nourrir elles-mêmes, à allaiter au sein et à apporter un régime alimentaire sain et diversifié à leurs enfants.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Video
Seulement 42 % des bébés sont allaités exclusivement au sein pendant les six premiers mois de leur vie.

Sani comprend parfaitement le problème, grâce à son expérience personnelle. « Aussitôt après ma naissance, ma mère me donnait de l’eau de noix de coco et me nourrissait avec du riz au sucre de palme broyé, » dit-elle. « Et quand ma fille est née, je lui ai immédiatement donné du lait en poudre, de la bouillie et des aliments divers. Mais aujourd’hui, je sais que cela n’est pas bon et j’ai mauvaise conscience. » 

Dans l’ensemble, en Indonésie, la pratique de l’allaitement au sein a progressé de façon importante au cours de ces dernières années mais pourtant seulement 42 % des bébés sont allaités exclusivement au sein pendant les six premiers mois de leur vie et l’état nutritionnel de nombreux enfants se détériore lorsque les mères ajoutent à leur régime des aliments d’appoint. 

« Lors de la formation, j’ai appris comment aider les mères à pratiquer correctement l’allaitement au seins, comment bien utiliser les aliments d’appoint et comment introduire des aliments solides dans le régime alimentaire d’un enfant, » dit Sani. 

« La plupart des mères du village comprenaient qu’elle devaient allaiter au sein pendant quatre mois mais  ne savaient pas qu’elles devaient allaiter exclusivement au sein pendant six mois avant d’introduire les aliments solides. »

L’impact de cette nouvelle stratégie

Sani a commencé à suivre un cours de formation sur l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant il y a deux ans et elle partage à présent ses connaissances avec les mères de sa communauté.

Le programme bénéficie d’un fort soutien de la part du Gouvernement indonésien – pour chaque cadre formé par l’UNICEF, le Gouvernement en forme quatre de plus. Le programme est actuellement testé avec l’appui de l’Union européenne et de l’UNICEF, ainsi qu’avec celui d’ONG partenaires, dans trois districts des provinces de Java central, des Petites îles de la Sonde orientales et de la Papouasie. Par la suite, il sera étendu par le Gouvernement indonésien à soixante-quatre districts dans onze des trente-trois provinces du pays.

Cette stratégie, qui s’appuie sur les communautés, a déjà un impact, permettant aux mères, à leurs enfants, aux membres de la famille et au reste des habitants de prévenir le retard de croissance et les autres maladies dues à la malnutrition.

« Ma mère avait l’habitude d’acheter sur les marchés de la bouillie prête à être consommée, dit Sani. Au lieu de cela, j’ai conseillé aux mères d’utiliser des produits du panier familial comme du riz, du poulet et des légumes. Aujourd’hui, même les mères appartenant à des familles dont le revenu est élevé achètent des produits frais pour leurs proches et leurs enfants. »


 

 

Photographie : L'UE soutient la nutrition en Asie

Partenariat UNICEF-Union européenne

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